« Quatre pages légères… » : Ahmed Attaf étrille le plan d’autonomie marocain

Le ministre algérien des Affaires étrangères Ahmed Attaf a qualifié le plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental de « quatre pages légères et un paragraphe », dépourvu de contenu politique ou juridique et donc non sérieux. Il affirme que le document n’a jamais été soumis aux Sahraouis et n’a pas été discuté par leurs représentants, et que Staffan de Mistura a indiqué lors de réunions à huis clos que le plan manquait de substance. Selon Attaf, ce plan a été conçu pour gagner du temps et imposer un fait accompli, et il n’est pas perçu comme une base sérieuse de règlement par l’ONU.
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TSA Algérie
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Le plan d’autonomie, que le Maroc veut imposer comme l’unique solution au conflit du Sahara occidental, n’est pas si consistant qu’on tente de le présenter du côté de Rabat. Il n’est même pas sérieux, assure le ministre algérien des Affaires étrangères.
Lors de son passage dimanche soir sur la chaîne publique algérienne Alg24 News, Ahmed Attaf a dévoilé la véritable dimension de ce que le Maroc appelle depuis 2007, son « plan d’autonomie » pour le Sahara occidental sous « souveraineté marocaine ».
« Quatre pages légères et un paragraphe » en tout et pour tout, a indiqué Attaf en exhibant les feuilles du « plan ». « Ça ne peut pas être décemment appelé un plan. Il n’y a absolument aucun contenu politique, aucun contenu juridique. Ce sont des pétitions de principe, des affirmations d’intention », a-t-il dit.
Mais au-delà de la forme, ce « plan », censé être destiné au Sahara occidental, a été soumis aux 193 États membres de la communauté internationale, sauf aux principaux concernés, les Sahraouis. « Il n’a jamais été soumis aux Sahraouis, jamais », a assuré le chef de la diplomatie algérienne.
Ahmed Attaf : voilà la véritable dimension du plan d’autonomie marocain
Aussi, le document « manque tellement de consistance » et de « substance » qu’aucun des quatre représentants personnels du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental « ne l’a estimé suffisamment sérieux pour le soumettre à discussion ».
« Il n’a jamais été soumis à discussion et tous les envoyés personnels qui se sont succédés ces dernières décennies ont rapidement vu que ce n’était pas sérieux », a appuyé Ahmed Attaf.
Celui-ci a fait une révélation qui en dit long sur ce que pense l’ONU du plan marocain.
À l’occasion de deux réunions à huis clos du conseil de sécurité, en avril et en octobre de cette année, le représentant personnel du SG de l’ONU pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura, s’est adressé directement au représentant du Maroc pour lui dire : « Votre plan manque de sérieux, nous avons besoin de plus de consistance, nous avons besoin de plus de substance pour porter un jugement parce que, tel quel, il ne représente pas une base sérieuse de discussion », a révélé Attaf.
Un plan conçu pour « gagner du temps »
Le ministre algérien a aussi dévoilé l’objectif réel des autorités marocaines en soumettant ce plan en 2007. « Ce soi-disant plan d’autonomie n’a jamais été conçu par le royaume du Maroc comme la base d’une solution possible au conflit du Sahara occidental. Il a été conçu pour gagner du temps. Il a été conçu pour imposer un fait accompli. Et pour essayer quand même de le démarcher et d’obtenir des ralliements à ce plan ». Pour Ahmed Attaf, c’est là « la véritable raison d’être de ce plan ».
Et maintenant, a-t-il ajouté, tout le monde commence à se poser des questions sur la réalité de la capacité de ce plan à servir de base de règlement. « Et je peux vous dire qu’il n’est pas considéré comme l’ultima ratio en matière de règlement pacifique de la question du Sahara occidental », a-t-il conclu.