Les vrais combats du quotidien
L'auteur dénonce le détournement de l'attention publique vers le contrôle des comportements privés, notamment vestimentaires, au détriment des véritables fléaux comme la violence urbaine, le trafic de drogue et la corruption.
La dégradation du cadre de vie — déchets, absence d'espaces verts, occupation anarchique de l'espace public — reflète un laisser-aller institutionnel qui mine la confiance citoyenne et freine le développement.
Une société progresse en luttant contre l'injustice, l'incivisme et toutes les formes de violence, non en surveillant les consciences et les apparences.
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Le Quotidien d'Oran
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Les véritables défis sont ailleurs : dans la lutte contre la violence
urbaine, le vol, les cambriolages, le trafic de stupéfiants qui détruit
l’avenir de nombreux jeunes, mais aussi dans le combat contre les
fléaux plus silencieux qui affaiblissent le pays.
La corruption, la bureaucratie paralysante, le travail bâclé,
l’absentéisme dans les administrations, le manque de responsabilité
et le laisser-aller quotidien sont autant de problèmes qui minent la
confiance des citoyens et freinent le développement.
À cela s’ajoute une dégradation visible du cadre de vie : des rues et
des espaces naturels envahis par les déchets, des canettes
abandonnées au bord des routes et dans les forêts, des cages
d’escaliers délaissées, des cités sans espaces verts, sans arbres ni
trottoirs dignes de ce nom. Un environnement propre et agréable
n’est pas un luxe : c’est un signe de respect envers soi-même et
envers la collectivité.
Il faut également s’attaquer à l’occupation anarchique de l’espace
public, aux marchés sauvages, aux commerces qui s’étendent sans
contrôle sur les trottoirs et empêchent les citoyens de circuler
librement.
Pendant ce temps, certains se donnent le rôle de gardiens
autoproclamés de la morale, mais choisissent de focaliser leurs
discours sur les femmes, leur tenue vestimentaire, une mèche de
cheveux ou les habitudes personnelles de ceux qui ne fréquentent
pas les lieux de culte. Cette obsession du contrôle des
comportements privés détourne l’attention des vrais enjeux qui
exigent courage, responsabilité et action collective.
Une société avance lorsqu’elle combat l’injustice, la corruption,
l’incivisme et toutes les formes de violence. Elle ne progresse pas
lorsqu’elle se perd dans la surveillance des consciences et des
apparences.