Artisanat à Bouira : Un énorme potentiel à valoriser

Le secteur de l'artisanat à Bouira connaît un regain d'intérêt marqué, avec 272 nouvelles inscriptions à la Chambre de l'artisanat au premier semestre, réparties entre métiers d'art, production et services.
Parallèlement, 470 porteurs de projets ont obtenu des certificats de qualification et 425 jeunes ont suivi des formations, dont une initiation à la création d'entreprise pour faciliter l'entrepreneuriat.
La CAM Bouira mène aussi un travail de préservation du patrimoine en relançant le tapis de Guerrouma, primé nationalement en 2016, ainsi que la robe d'Ahl Laksar et le bijou traditionnel, distingués en 2015 et 2021.
D'autres savoir-faire menacés comme la poterie, la vannerie et la sculpture sur bois bénéficient de programmes de formation et d'expositions, avec un salon régional de la poterie prochainement prévu.
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Le secteur de l’artisanat connaît une notable évolution dans la wilaya de Bouira. Chaque année, des centaines de nouveaux jeunes s’orientent vers la Chambre de l’artisanat et des métiers (CAM) de Bouira, pour se former dans divers domaines du monde de l’artisanat.
Cette dynamique s’inscrit dans un contexte où se multiplient les initiatives locales visant à valoriser les savoir-faire traditionnels tout en répondant aux besoins du marché. Selon Kamel Gaci, directeur intérimaire de la CAM Bouira, le secteur de l’artisanat suscite un intérêt croissant chez les jeunes, même les diplômés. En effet, pas moins de 272 personnes se sont inscrites à la CAM durant le premier semestre de l’année en cours. Quelques 93 en artisanat d’art, 53 en production et 126 en services.
En outre, 470 porteurs de projets ont bénéficié de certificats de qualification y compris des personnes issues des établissements pénitenciers. La délivrance de ces certificats permet de formaliser des compétences et d’augmenter les chances d’accès à un emploi ou à bénéficier des avantages qu’offrent différents dispositifs et programmespour lancer une activité. En parallèle, quelques 425 jeunes ont bénéficié de formations à long, moyen et court terme à la CAM durant ce premier semestre. «La CAM Bouira prodigue plus de 35 formations au profit des jeunes. A titre d’exemple, nous avons formé 45 personnes en création et gestion d’entreprise. Cette formation leur permettra d’élaborer un business plan, une gestion financière de base, d’acquérir des techniques de commercialisation et de recherche de débouchés. Ainsi, ils pourrontde se lancer facilement dans le monde de l’entreprenariat», a indiqué M. Gaci.
La CAM Bouira œuvre également dans la préservation des métiers en voie de disparition. Soucieuse de sauvegarder le patrimoine local, elle combine actions de terrain et partenariats institutionnels pour redonner vie à des savoir-faire qui risquaient l’oubli. En effet, l’emblématique tapis de Guerrouma qui a longtemps disparu du paysage artisanal local, a fait son retour. Grâce à un programme de promotion lancé par la CAM, l’activité a été ressuscitée. Ce tapis avait même décroché le premier prix à l’échelle nationale lors d’une compétition en 2016. Le retour de cette production traditionnelle s’est accompagné d’efforts pour identifier et réunir les artisans possédant encore les techniques anciennes, pour documenter les motifs et les procédés. «Nous avons créé un atelier avec les propres moyens de la CAM pour préserver ce métier ancestral», a souligné notre interlocuteur.
L’activité a également été incluse dans le Programme des nations unis pour le développement (PNUD) au niveau de la CAM Bouira.Des formations et un accompagnement sont notamment prodigués aux jeunes intéressés par ce domaine. La robe d’Ahl Laksar le bijou traditionnel de Bouira ont également décroché le premier prix respectivement en 2015 et en 2021. Outre le tissage, la CAM Bouira œuvre également à préserver d’autres métiers menacés de disparition. Il s’agit notamment de la poterie traditionnelle, la vannerie traditionnelle et la sculpture sur bois. Pour chacun de ces secteurs, la stratégie de préservation combine formation pratique, organisation d’événements et valorisation patrimoniale afin de créer un climat favorable à la pérennité du savoir-faire ancestral. «Nous avons établi tout un programme pour la promotion de ces métiers via des formations, l’organisation d’expositions et foires spécifiques», indique M. Gaci.
Ces actions visent notamment à encourager les jeunes à considérer ces métiers comme des choix professionnels. Dans le même contexte, le directeur intérimaire annonce la tenue prochaine d’un salon régional de la poterie traditionnelle à Bouira où seront réunis des dizaines d’artisans, formateurs et amateurs d’artisanat. Omar Arbane
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