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Stratégie nationale de l’intelligence artificielle : Kamel Baddari fixe la feuille de route

Par Kamel Benelkadi•7 min de lecture
Brifa
Stratégie nationale de l’intelligence artificielle : Kamel Baddari fixe la feuille de route
Résumé IA

Le ministre Kamel Baddari a présidé une réunion interministérielle pour fixer la feuille de route d'une stratégie nationale d'intelligence artificielle souveraine, élaborée par 150 experts nationaux et de la diaspora.

L'École nationale supérieure de l'intelligence artificielle (ENSIA), fondée en 2021, forme déjà plus de 57 000 étudiants répartis sur 74 programmes de master, avec un seuil d'admission supérieur à 18 sur 20.

Entre 2022 et juillet 2026, 673 start-up ont été créées et 3 949 brevets d'invention enregistrés, l'objectif étant de commercialiser 5 000 produits «Made in Algeria» d'ici 2030.

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L’Algérie mène une transformation structurelle pour s’imposer comme un pôle technologique régional. Portée par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, cette ambition repose sur une stratégie nationale de recherche et d’innovation en intelligence artificielle (IA) élaborée par 150 experts nationaux et de la diaspora.

Une étape a été franchie hier avec la tenue d’une réunion interministérielle présidée par Kamel Baddari, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

Ce premier rendez-vous intersectoriel a permis de «fixer les grands axes de la feuille de route pour une administration publique intelligente et souveraine». Sur le plan de la gouvernance et de la souveraineté technologique, la réunion a officialisé la mise en place d’une commission de suivi conjointe «chargée de veiller à l’application rigoureuse des objectifs intersectoriels selon un calendrier précis».

Les axes prioritaires de cette stratégie globale comprennent le développement de modèles d’IA gouvernementaux souverains et en open source, la fourniture de capacités de calcul à haute performance via des centres de données nationaux pour permettre la formation locale des modèles par les chercheurs et start-up, ainsi que la garantie du stockage et du traitement des données administratives et publiques dans des data centers nationaux hautement sécurisés.

De plus, la création d’un centre de recherche scientifique et d’unités spécialisées permettra d’accélérer le passage de la recherche académique aux applications industrielles. Parallèlement, l’enseignement supérieur se réinvente à travers le concept d’«université intelligente, entrepreneuriale et productrice de richesse». L’Ecole nationale supérieure de l’intelligence artificielle (ENSIA), fondée en 2021, propose un cursus d’ingénieur d’Etat hautement sélectif avec un seuil d’accès supérieur à 18 sur 20, permettant à l’Algérie d’abriter la plus grande base d’étudiants en IA d’Afrique, recensant plus de 57 000 étudiants répartis sur 74 programmes de master. Cette dynamique s’accompagne d’une transition linguistique marquée par l’adoption de l’anglais par 94% de la communauté universitaire, renforçant la visibilité et l’impact de la recherche nationale à l’international, ainsi que par l’innovation pédagogique dès la rentrée 2026 grâce au déploiement d’un assistant intelligent pour personnaliser le parcours des étudiants et d’un grand modèle de langage destiné à assister les enseignants.

Le levier économique de cette stratégie repose sur l’arrêté ministériel 1275 qui autorise les étudiants à convertir leur projet de fin d’études en start-up ou en brevet. Les résultats enregistrés entre 2022 et juillet 2026 témoignent de cette vitalité avec 673 start-up créées, 3949 brevets d’invention enregistrés et 2339 labels «projet innovant» délivrés. L’objectif affiché à l’horizon 2030 est de commercialiser 5000 produits innovants labellisés «Made in Algeria», soutenus par des dispositifs de financement de prototypes comme «Proto Market» et le premier fonds de capital-risque inauguré à l’Université Alger 3. Pour ancrer cette mutation sur le terrain, le pays s’appuie sur le réseau des Maisons de l’IA qui font office de hubs de sensibilisation et de partenariat socioéconomique, tandis que la politique «zéro papier» a donné naissance à plus de 40 plateformes numériques.

Cependant, des défis cruciaux subsistent, notamment la qualification des ressources humaines, puisque 90% des enseignants n’ont pas encore reçu de formation spécifique à l’IA, et la nécessité d’un encadrement éthique rigoureux pour faire face aux nouveaux défis de la fraude intellectuelle et garantir un usage intègre de ces technologies.

Pour le ministre Kamel Baddari, tous ces projets sont d’une importance capitale, car; a-t-il mis en évidence, la souveraineté technologique repose désormais sur la maîtrise des données, des infrastructures numériques et des algorithmes. Cette «virtualisation du monde» fait du contrôle des flux immatériels le nouveau socle de la géopolitique mondiale. A ses yeux, «l’intelligence artificielle n’est pas une option pour l’Algérie, c’est un impératif stratégique de souveraineté et de compétitivité.

En formant des milliers de spécialistes dans ce domaine, nous nous dotons des outils nécessaires pour optimiser notre économie, moderniser nos services publics et relever les défis de la quatrième révolution industrielle». Kamel Benelkadi

Les lauréats de l’IMC-2026 distingués

Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, a présidé, hier au pôle scientifique et technologique Chahid Abdelhafid-Ihaddaden de Sidi Abdellah (Alger), une cérémonie de distinction des étudiants sacrés champions du monde lors de la Compétition internationale de mathématiques (IMC-2026), organisée récemment en Bulgarie. Dans une allocution prononcée à cette occasion, le ministre s’est dit fier d’accueillir «une élite d’étudiants brillants et assidus, récompensés par des médailles d’or, d’argent et de bronze après une participation remarquable à une compétition mondiale où ils se sont imposés face à une rude concurrence d’étudiants et de spécialistes issus des plus prestigieuses universités du monde». A cette occasion, il a mis en avant la dimension stratégique de cette performance, à même de favoriser «la constitution d’un noyau d’excellence appelé à conduire la locomotive des mathématiques en Algérie». «Cette distinction ouvre la voie à d’autres résultats d’envergure mondiale, actuellement en préparation dans l’Algérie nouvelle et victorieuse, dont les contours ont été tracés par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune», a souligné M. Baddari.R. S.

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