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Valorisation des biens confisqués : «Toutes les unités seront remises en activité prochainement»

Par Nabila Amir9 min de lecture
Valorisation des biens confisqués : «Toutes les unités seront remises en activité prochainement»
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Le Premier ministre Sifi Ghrieb a inauguré à Réghaïa une usine de plaquettes de frein confisquée, réhabilitée en 16 jours, capable de produire 1,5 million d'unités par an pour couvrir 30 à 40 % du marché national.

Le gouvernement poursuivra la remise en activité de toutes les unités industrielles récupérées, avec de prochaines mises en service annoncées à Batna et Tissemsilt.

Ghrieb a appelé les opérateurs à investir dans l'industrie des pièces de rechange, garantissant un traitement prioritaire via le guichet unique de l'investissement pour réduire les importations.

Deux conventions ont été signées, notamment avec Stellantis Algérie, pour développer la fabrication locale de plaquettes de frein et augmenter le taux d'intégration dans l'automobile.

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La politique de récupération et de valorisation des biens confisqués dans les affaires de corruption franchit aujourd’hui une nouvelle étape.

Au-delà de la récupération des actifs prononcée par les juridictions, l’objectif affiché par les pouvoirs publics est de remettre en production ces unités industrielles et de les réintégrer dans le tissu économique. «Toutes les unités récupérées seront remises en activité prochainement», a annoncé, hier, le Premier ministre, Sifi Ghrieb, à l’occasion de la mise en service d’une usine de fabrication de plaquettes de frein à Réghaïa.

Fermée depuis 2019, cette usine a été remise en exploitation après sa réhabilitation. Dotée d’une capacité de production de 1,5 million de plaquettes de frein par an, elle devrait couvrir 30 à 40% des besoins du marché national. A l’issue de l’inauguration, le Premier ministre a assuré que le programme de réhabilitation des unités industrielles récupérées se poursuivra dans les prochaines semaines. «Après les opérations déjà engagées dans plusieurs wilayas, d’autres mises en service sont prévues, notamment à Batna et à Tissemsilt», a-t-il annoncé.

Profitant de cette inauguration, le Premier ministre a lancé un appel aux opérateurs économiques à investir dans l’industrie des pièces de rechange. Il a rappelé que le guichet unique de l’investissement, mis en place sur instruction du président de la République, est ouvert pour «accompagner les porteurs de projets» et leur offrir toutes les facilités nécessaires pour développer «une production nationale» capable de réduire la dépendance aux importations, en plus «d’ouvrir des horizons d’exportation» vers les marchés étrangers. «Tout projet sérieux dans ce domaine bénéficiera d’un traitement prioritaire», a-t-il assuré, précisant que des instructions ont été données aux responsables de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) afin de faciliter les démarches des investisseurs, lever les obstacles administratifs et accélérer la concrétisation de leurs projets. Le Premier ministre a, par ailleurs, appelé les travailleurs à réintégrer leurs entreprises afin de contribuer à leur relance.

Production de 1,5 million de plaquettes par an

La remise en exploitation de ces actifs s’accompagne, selon lui, de la préservation des emplois et de la valorisation des compétences, deux conditions essentielles pour assurer la pérennité de ces projets industriels. Notons que l’usine de Réghaia constitue une nouvelle étape de ce programme de réhabilitation.

Après Batna, où il a inauguré une usine de production de pièces métalliques par emboutissage pour automobile, et Tissemsilt, où il a lancé l’unité de production de composants plastiques automobiles, le Premier ministre a procédé, hier, à la mise en service de cette unité de fabrication de plaquettes de frein et de leurs accessoires.

Chargé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, Sifi Ghrieb était accompagné des ministres de l’Intérieur, de l’Industrie et des Finances, ainsi que de plusieurs responsables et opérateurs économiques. Cette unité relève de la Société de maintenance de l’Est (SME), filiale du groupe GICA, à laquelle elle a été transférée dans le cadre de la valorisation des biens récupérés. Spécialisée dans la fabrication de plaquettes et de garnitures de frein destinées aux véhicules légers et aux poids lourds, elle ambitionne de renforcer les capacités nationales de production, de répondre aux besoins du marché local, de réduire les importations et, à terme, de conquérir des marchés extérieurs.

Selon un exposé présenté lors de l’inauguration par Abdelaziz Dabache, directeur général adjoint de la société maintenance filiale du groupe GICA, l’usine produira 153 modèles de plaquettes de frein, dont 126 destinés aux véhicules légers et 27 aux poids lourds, ainsi que des composants pour tracteurs et autres équipements. Sa capacité de production est estimée à 1,5 million de plaquettes par an, avec un objectif de couverture de 30 à 40% du marché national. Le projet permettra la création de plus de 150 emplois, dont 60 directs, au profit notamment des unités de montage automobile et du réseau national de l’après-vente. Le Premier ministre a suivi une présentation détaillée des capacités techniques de l’usine avant d’effectuer une visite des différentes lignes de production.

Il a insisté sur le respect des normes de qualité, rappelant que les plaquettes de frein constituent un équipement directement lié à la sécurité des véhicules. «La qualité doit être la marque de fabrique de cette unité», a-t-il insisté. En outre l’usine repose, explique M. Dabache, sur le principe de la rationalisation de la consommation énergétique à toutes les étapes de fabrication. Elle dispose d’une chaîne de production intégrée, à commencer par la préparation des matières premières selon les normes de qualité, en passant par les opérations d’usinage, les traitements thermiques et de surface, jusqu’aux opérations de finition, d’emballage et de conditionnement, garantissant ainsi la fabrication de plaquettes de frein conformes aux spécifications techniques.

Nabila Amir

Une usine relancée en 16 jours

Créée en avril 2017, l’unité de fabrication de plaquettes et de garnitures de frein de Réghaïa est à l’arrêt depuis 2019, avant d’être transférée, le 17 mai 2026, à la Société de maintenance de l’Est (SME), filiale du groupe GICA, dans le cadre de la valorisation des biens récupérés par l’Etat. Le défi était de taille. Selon le dossier technique du projet, 90% des équipements de production étaient hors service au moment du transfert. Cinq systèmes critiques nécessitaient des interventions lourdes avant toute reprise d’activité. Le site industriel s’étend sur près de 10 000 m², dont 4300 m² de bâtiments de production répartis sur trois niveaux. Le premier étage est dédié aux mélangeurs, aux presses et au laboratoire de contrôle qualité. Le deuxième accueille les équipements de fabrication des garnitures de frein, les installations de préparation des matières premières et les machines de finition. Le troisième est consacré au stockage et à l’alimentation des lignes de production en matières premières. Les travaux de remise en état ont débuté le 16 juin dernier. Les équipes de la SME sont intervenues sur l’ensemble des installations mécaniques, hydrauliques, pneumatiques, électriques et automatisées. Le chantier a notamment porté sur la remise en service de 14 presses industrielles, d’une trentaine de machines de production ainsi que de plusieurs équipements de contrôle et d’essais. 16 jours seulement auront été nécessaires pour remettre la chaîne de production en fonctionnement. L’objectif a été atteint le 2 juillet 2026, date du redémarrage effectif de l’usine. Aujourd’hui, l’unité dispose d’une capacité annuelle de production de 1,5 million de plaquettes de frein et fabrique 153 références, dont 126 modèles destinés aux véhicules légers et 27 aux poids lourds, en plus de produits destinés aux tracteurs et à d’autres équipements industriels. L’usine ambitionne de couvrir 30 à 40% des besoins du marché national avant de développer ses exportations. Le projet permettra également la création de plus de 150 emplois, dont 60 postes directs, tout en répondant aux besoins des constructeurs automobiles et du marché de l’après-vente.N. A.

Signature de deux conventions

En marge de la mise en service de l’usine de production de plaquettes de frein et de leurs accessoires de Réghaïa, deux conventions de partenariat industriel ont été signées. La première lie la Société de maintenance de l’Est (SME), filiale du Groupe industriel des ciments d’Algérie (GICA), à Stellantis Algérie. Elle prévoit le développement de la fabrication et de la fourniture de plaquettes de frein destinées aux usines d’assemblage automobile, avec pour objectif d’accroître le taux d’intégration locale et de promouvoir l’utilisation de composants fabriqués en Algérie répondant aux normes techniques en vigueur. La seconde convention, conclue entre la SME et Idenet SARL Algérie, vise à élargir le réseau de sous-traitance industrielle et à consolider les synergies entre les entreprises nationales. A terme, ces deux partenariats devraient renforcer la compétitivité du produit national et soutenir le développement de la filière mécanique.N. A.

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