Crise de Ceuta : de la Chine à la Colombie, l’ombre du Mossad et de Rabat plane

Le Maroc a accusé l'Algérie après la fuite massive de jeunes vers Ceuta lors de la fête du trône, mais des indices pointent vers une opération maroco-israélienne pour déstabiliser l'Espagne.
Les services chinois estiment que le Mossad et le Maroc ont orchestré une guerre hybride pour pressurer Madrid, exploitant les tensions hispano-israéliennes sur Gaza et la reconnaissance de la Palestine.
La politologue Nadia Helmy, citée par Modern Diplomacy et El Mundo, confirme cette thèse de guerre hybride appuyée par l'alliance sécuritaire maroco-israélienne scellée en 2020.
L'ex-président colombien Gustavo Petro accuse Netanyahou de financer cette vague migratoire pour déstabiliser l'Espagne et le Maroc de servir les desseins d'un « génocidaire en fuite ».
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TSA Algérie
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Couvert de honte par la fuite collective de sa jeunesse vers l’enclave espagnole de Ceuta le jour de la “fête du trône”, le Maroc a tenté d’accuser l’Algérie.
Mais les preuves qui se sont accumulées ne laissent guère de doute quant à une opération orchestrée par les services marocains eux-mêmes, avec l’aide de leurs alliés.
Les services de renseignements et les analystes chinois en sont convaincus. Pour eux, l’assaut sur Ceuta s’inscrit dans une opération de renseignement orchestrée par le Maroc et Israël pour déstabiliser l’Espagne. D’autres pays le pensent aussi.
Crise de Ceuta : les interrogations des services chinois sur l’implication du Mossad
Dans un article publié cette semaine par Modern Diplomacy, revue internationale spécialisée en géopolitique, et repris par le journal espagnol El Mundo, la politologue égyptienne Nadia Helmy, spécialiste de la politique chinoise et des relations sino-israéliennes, a ouvertement soutenu cette théorie.
Elle a écrit que certains rapports établis à Pékin interprètent ce qui s’est passé à Ceuta comme une opération de guerre hybride visant à accroître la pression sur le gouvernement de Pedro Sánchez. La manœuvre aurait impliqué le Mossad, qui chercherait à mener une campagne de déstabilisation contre l’Espagne.
“Les centres d’analyse des services de renseignement chinois ont examiné l’escalade des tensions diplomatiques et politiques entre l’Espagne et Israël. Dans cette perspective, la détérioration des relations bilatérales pourrait avoir incité le Mossad à s’impliquer dans la crise migratoire entre le Maroc et l’Espagne, aggravant ainsi la situation et infiltrant des agents pour semer le mécontentement et le chaos au sein de la population marocaine”, explique la spécialiste.
Dans des conversations privées, certains diplomates et analystes proches des cercles politiques de Pékin se demandent également si l’attaque contre Ceuta a un lien quelconque avec la détérioration progressive des relations entre Madrid et Tel-Aviv, marquée par les critiques du gouvernement espagnol concernant le massacre de Gaza et la reconnaissance de l’État palestinien, écrit El Mundo.
Comme le rappelle un diplomate dans le même journal, “depuis la normalisation des relations en 2020, le Maroc et Israël sont devenus des alliés et ont renforcé leur coopération en matière de défense et de renseignement”.
Gustavo Petro : Le Maroc “a cédé aux desseins d’un génocidaire en fuite”
Les images de milliers de personnes franchissant la frontière espagnole ont aussi suscité un mélange d’étonnement et d’incrédulité chez de nombreux internautes chinois qui se demandent “comment est-il possible qu’ils traversent la frontière si facilement ?”.
Et il n’y a pas qu’en Chine que le Maroc et Israël sont pointés du doigt. L’ancien président colombien Gustavo Petro a directement accusé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou d’être le principal responsable de l’assaut sur Ceuta.
Petro a assuré que Netanyahou “paye les pauvres pour qu’ils risquent leur vie afin de rejoindre l’Espagne” et que le Maroc “a cédé aux desseins d’un génocidaire en fuite”. Pour le président colombien, Israël mène des campagnes de déstabilisation contre les gouvernements qui critiquent sa politique au Moyen-Orient.
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