Gazoduc transsaharien (TSGP) : «L’APPO soutient pleinement un projet structurant pour l’Afrique»

Le secrétaire général de l'APPO, Farid Ghezali, réaffirme le soutien total de l'organisation au gazoduc transsaharien reliant le Nigeria, le Niger et l'Algérie, projet jugé structurant pour l'intégration énergétique africaine.
L'APPO défendra à la COP31 le gaz naturel comme énergie de transition indispensable, refusant que l'Afrique, responsable de moins de 5 % des émissions historiques, sacrifie son développement industriel et son accès à l'électricité.
La Banque africaine de l'énergie, dotée de 500 millions de dollars, deviendra opérationnelle en septembre à Abuja pour financer raffineries, gazoducs, terminaux GNL et projets gaz-électricité jugés trop risqués par les bailleurs internationaux.
Une plateforme numérique privilégiant les entreprises africaines dans les appels d'offres énergétiques sera lancée fin 2026, tandis que le Forum des PDG 2026 au Cap vise à transformer les compagnies nationales en acteurs de l'intégration continentale.
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Le secrétaire général de l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO), Farid Ghezali, a réaffirmé le soutien de l’Organisation au projet de gazoduc transsaharien reliant le Nigeria, le Niger et l’Algérie (TSGP), considérant qu’il s’agit de l’un des principaux projets d’intégration énergétique du continent. Dans un entretien accordé à Energies Media, il a précisé que l’APPO soutient pleinement ce projet parce qu’il est structurant pour l’Afrique.
«Notre rôle est surtout de plaider pour une vision continentale, de favoriser la convergence politique entre les acteurs concernés et de rappeler que ce type d’infrastructure peut renforcer la sécurité énergétique de l’Afrique et sa place sur les marchés internationaux», a déclaré Farid Ghezali, qui a précisé que «l’APPO n’est pas le maître d’ouvrage du projet», mais qu’elle «peut jouer un rôle de catalyseur, de soutien stratégique et de facilitateur de dialogue entre les pays concernés».
A l’approche de la COP31, prévue en novembre à Antalya, en Turquie, Farid Ghezali a également défendu la place du gaz naturel dans le mix énergétique africain. «La position de l’APPO est constante : nous sommes favorables à une transition énergétique juste, réaliste et adaptée aux besoins de l’Afrique. Il n’est pas acceptable que le continent, qui représente moins de 5% des émissions historiques de gaz à effet de serre, soit privé des moyens de valoriser ses ressources, alors qu’il a encore besoin d’énergie, d’industrialisation et d’accès universel à l’électricité», a déclaré Farid Ghezali. «A l’approche de la COP31, nous porterons un message de responsabilité et d’équilibre : oui à la transition, oui à la réduction des émissions, mais non à une approche qui sacrifierait le développement africain. Le gaz naturel, en particulier, doit être reconnu comme une énergie de transition et de développement pour l’Afrique», a-t-il encore affirmé.
La BAE pour sécuriser les projets structurants
Sur le plan institutionnel, Farid Ghezali a confirmé que la Banque africaine de l’énergie (BAE), dotée d’un capital initial de 500 millions de dollars et qui sera opérationnelle dès septembre à Abuja, aura pour mission de financer des projets énergétiques africains souvent considérés comme trop risqués par les bailleurs internationaux. Les premiers financements devraient concerner les raffineries, les infrastructures de transport et de stockage, les gazoducs, les terminaux de gaz naturel liquéfié (GNL) ainsi que les projets de production d’électricité à partir du gaz.
«La Banque africaine de l’énergie est d’abord une réponse africaine à un problème africain : le financement de notre développement énergétique. Elle permettra aux pays producteurs de mieux valoriser leurs ressources, de financer des projets parfois jugés trop risqués par les banques internationales et de soutenir l’ensemble de la chaîne de valeur, de l’amont à la transformation locale. En pratique, elle doit nous aider à garder davantage de valeur sur le continent, à sécuriser nos projets structurants et à réduire notre dépendance aux financements extérieurs, souvent volatils et soumis à des contraintes qui ne correspondent pas toujours à nos réalités.»
A propos des projets qui seront soutenus dans un premier temps, le secrétaire général de l’APPO a déclaré : «Nous privilégierons les projets qui ont un effet transformateur rapide : raffineries, infrastructures de transport, stockage, gazoducs, terminaux GNL et projets de gaz-to-power. L’idée est de soutenir des projets bancables, stratégiques et à fort impact pour l’intégration énergétique africaine. Nous voulons financer des projets qui améliorent à la fois la sécurité énergétique, la valeur ajoutée locale et le commerce intra-africain.» A propos de la plateforme numérique donnant la priorité aux entreprises africaines dans les appels d’offres du secteur énergétique, Farid Ghezali indique qu’elle «est en phase finale de développement et sera opérationnelle vers la fin de 2026 ou au début de 2027».
Son objectif est simple, affirme le secrétaire général de l’APPO : «Donner plus de visibilité aux entreprises africaines dans les appels d’offres du secteur énergétique et mieux organiser l’information à l’échelle du continent. Pour qu’elle bénéficie aussi aux PME locales, nous devons prévoir une architecture inclusive : catégories par taille d’entreprise, filtres par pays et par niveau de qualification, accompagnement à l’enregistrement et accès facilité aux informations sur les marchés. L’enjeu n’est pas seulement de favoriser les grands groupes africains, mais de faire émerger toute la chaîne de sous-traitance locale», a déclaré Farid Ghezali.
Vers une coopération accrue entre les compagnies africaines
Il a indiqué, en outre, que le Forum 2026 des PDG des compagnies pétrolières nationales africaines, prévu en octobre au Cap, en Afrique du Sud, devra déboucher sur des mesures concrètes en faveur d’une coopération accrue entre les compagnies nationales. «Nous en attendons davantage de coopération entre compagnies nationales, plus de synergies sur le raffinage, le commerce transfrontalier, la mobilisation des capitaux locaux et la valorisation des marchés intra-africains», a déclaré Farid Ghezali, qui estime qu’il y a un message clair à faire passer : «Les compagnies nationales doivent devenir des acteurs de l’intégration africaine, pas seulement des opérateurs nationaux.» Evoquant sa mission depuis huit mois à la tête de l’Organisation, Farid Ghezali a affirmé avoir fait progresser trois chantiers prioritaires : le renforcement de la visibilité de l’APPO, les préparatifs réglementaires liés au lancement de la BAE et la restructuration du secrétariat de l’Organisation. «Sur la visibilité de l’Organisation, nous avons clairement changé d’échelle. L’APPO est aujourd’hui plus présente, plus lisible et plus active dans le débat énergétique continental.
Sur la conformité liée à son lancement, nous avons franchi des étapes décisives : l’institution dispose désormais d’un siège opérationnel à Abuja, le capital minimal est atteint et les travaux avancent pour rendre son démarrage effectif. Quant à la restructuration du secrétariat, elle est en cours pour aligner notre Organisation sur nos nouvelles ambitions. Nous voulons un secrétariat plus agile, plus performant et mieux structuré pour accompagner les réformes du continent», a déclaré Farid Ghezali. Zhor Hadjam
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