Économie

Marché mondial des véhicules électriques : Rebond des ventes et résistance à la tourmente

Par Mahmoud Mamart5 min de lecture
Marché mondial des véhicules électriques : Rebond des ventes et résistance à la tourmente
Résumé IA

Les ventes mondiales de véhicules électriques ont bondi de 35 % au deuxième trimestre 2026, portant leur part à 24 % du marché automobile mondial malgré un recul global de 5 % sur le semestre.

La Chine a transformé sa crise domestique en offensive commerciale, ses exportations de véhicules électriques s'envolant de 120 % tandis qu'un million d'unités exportées en dix-huit mois n'apparaissent pas encore dans les ventes des pays de destination.

En Afrique, les ventes ont plus que doublé pour dépasser 30 000 unités, avec une croissance spectaculaire en Afrique du Sud et en Égypte, une dynamique régionale que l'Algérie gagnerait à surveiller de près.

Les constructeurs traditionnels voient leurs profits s'effondrer de 65 % en 2025, les poussant à multiplier les alliances avec des groupes chinois pour accéder à des coûts de production inférieurs de 35 % et à la technologie des batteries.

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Les ventes mondiales de véhicules électriques ont rebondi au deuxième trimestre, malgré un marché automobile mondial en recul. Une dynamique portée par la crise énergétique liée au conflit au Moyen-Orient et par une percée spectaculaire des exportations chinoises, y compris vers l’Afrique, indique un rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) publié fin juillet dernier.

Alors que le marché automobile mondial traverse une zone de turbulences, les ventes de voitures neuves ont reculé d’environ 5% en glissement annuel au premier semestre 2026, plombées par la Chine (-20%) et les Etats-Unis (-3%), selon le rapport. Dans ce contexte dégradé, l’AIE note que l’électrique fait figure d’exception : après un premier trimestre en repli, les ventes ont bondi de 35% au deuxième trimestre, portant la part du véhicule électrique à 24% des ventes mondiales de voitures sur le semestre. L’AIE table désormais sur 29% pour l’année entière, soit environ 23 millions de véhicules.

Par ailleurs, le déclenchement du conflit au Moyen-Orient fin février 2026 a ravivé les inquiétudes sur la sécurité énergétique, alors que le transport routier représente près de la moitié de la consommation mondiale de pétrole. A cet effet, plusieurs gouvernements, notamment en Asie du Sud-Est, ont instauré des allégements fiscaux et des primes à la casse pour accélérer l’électrification des flottes. Mais en dépit de la crise, le rapport fait remarquer que la Chine transforme sa crise domestique en offensive commerciale, et ce, par une explosion de ses exportations. Et de préciser que les exportations chinoises ont bondi de 65%, et celles des véhicules électriques de plus de 120%, alors que les ventes de voitures y ont chuté de plus de 20% au premier semestre.

La part de l’électrique dans les exportations chinoises est ainsi passée de 35% à plus de 45% en un an, souligne-t-on. En outre, l’AIE relève une anomalie statistique puisque, selon ses affirmations, plus d’un million de véhicules électriques exportés par la Chine sur 18 mois n’apparaissent pas encore dans les ventes des pays de destination, suggérant une constitution de stocks importante sur certains marchés d’accueil, dont le devenir – et le niveau de prix – reste incertain.

La dynamique régionale naissante mérite d’être suivie par l’Algérie

Si les groupes traditionnels, orientés vers le thermique, conservent près de 90% des ventes automobiles mondiales, ils ne pèsent plus que 55% du segment électrique, contre 65% en 2019, constate le rapport. Les constructeurs chinois captent désormais le quart des ventes mondiales de voitures neuves, avec des positions dominantes dans les marchés émergents, notamment près de 90% du marché électrique en Amérique latine et 60% dans l’ensemble des économies émergentes hors Chine.

Les bénéfices cumulés des 26 plus grands constructeurs mondiaux ont chuté de 65% en 2025, une dégringolade qui a déjà coûté des dizaines de milliers d’emplois chez Volkswagen, Ford, GM et Stellantis, relève-t-on. Par ailleurs, et même si le rapport ne fournit pas de données statistiques sur l’Algérie, il fait ressortir, tout de même, qu’elle est en marge d’une dynamique régionale naissante, qui mérite d’être suivie de près par Alger. Et d’indiquer qu’en Afrique, les ventes de véhicules électriques ont plus que doublé au premier semestre 2026, dépassant 30 000 unités, avec une croissance spectaculaire en Afrique du Sud (multipliée par plus de cinq) et en Egypte (plus que triplée) ­– cette dernière illustrant qu’un marché nord-africain peut basculer rapidement vers l’électrique, porté en grande partie par les importations chinoises.

Enfin, l’AIE souligne que la restructuration des chaînes de valeur, centrée sur les batteries, l’électronique et le logiciel, redistribue les cartes industrielles au détriment des équipementiers traditionnels. Les coûts de production restent 35% inférieurs en Chine, un avantage renforcé par sa domination sur les batteries lithium-ion. Face à cela, les constructeurs occidentaux multiplient les alliances avec des groupes chinois, à l’instar de Stellantis avec Dongfeng ou encore Renault avec Geely au Brésil, et ce, pour accéder aux technologies et aux coûts compétitifs chinois. Une tendance appelée à s’intensifier d’ici la fin de la décennie, conclut le rapport.
Mahmoud Mamart

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