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Après l’invasion de Ceuta : Des partis demandent d’exclure le Maroc de la coorganisation du Mondial

Par M. F. Gaïdi5 min de lecture
Après l’invasion de Ceuta : Des partis demandent d’exclure le Maroc de la coorganisation du Mondial
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Des partis politiques espagnols et portugais demandent l'exclusion du Maroc de la coorganisation du Mondial 2030 après la crise migratoire de Ceuta.

La coalition espagnole Sumar a déposé une proposition de loi au Congrès pour réexaminer l'accord tripartite, accusant Rabat d'avoir instrumentalisé les flux migratoires comme levier politique.

Au Portugal, le parti écologiste Livre a adressé une lettre ouverte au gouvernement et à la fédération, jugeant la participation marocaine incompatible avec l'image du tournoi.

Cette convergence inhabituelle transforme le football en nouveau terrain d'affrontement diplomatique entre les deux rives de la Méditerranée.

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La crise migratoire de Ceuta continue de produire des répliques bien au-delà de la frontière hispano-marocaine.

Après les tensions diplomatiques provoquées par l’afflux massif de migrants dans l’enclave espagnole, le dossier s’est désormais déplacé sur le terrain sportif, où la coorganisation de la Coupe du monde 2030 est devenue la cible d’une offensive politique menée depuis Madrid et Lisbonne. Selon la presse espagnole, la coalition de gauche Sumar, partenaire du gouvernement de Pedro Sánchez, a officiellement déposé au Congrès des députés une proposition de loi appelant à une révision de l’accord de coorganisation du Mondial 2030 conclu avec le Maroc et le Portugal. Le texte invite le gouvernement espagnol à «saisir la FIFA, la Fédération royale espagnole de football et les autorités portugaises afin de réexaminer le partenariat avec Rabat à la lumière des événements survenus à Ceuta».

Les auteurs de cette initiative accusent les autorités marocaines «d’avoir instrumentalisé la pression migratoire comme levier politique et estiment que de tels agissements sont incompatibles avec l’organisation d’un événement sportif d’envergure mondiale». Ils dénoncent, également, de «présumées violations des droits humains et demandent que ces critères soient pleinement pris en compte dans la gouvernance des grandes compétitions internationales».

Lisbonne rejoint la contestation

L’offensive ne se limite plus à l’Espagne. Au Portugal, le parti écologiste Livre s’est engagé dans la même direction en adressant une lettre ouverte au gouvernement portugais et à la Fédération portugaise de football. Le mouvement appelle à «une réévaluation de la participation marocaine à la coorganisation du Mondial, estimant que les événements de Ceuta imposent une remise en question du partenariat tripartite». Les responsables de Livre accusent aussi Rabat «d’avoir utilisé les flux migratoires comme instrument de pression diplomatique et considèrent qu’une telle situation soulève des interrogations sur l’image que souhaite véhiculer la Coupe du monde 2030».

Cette mobilisation traduit une évolution notable du débat politique européen. La Coupe du monde n’est plus uniquement présentée comme un projet sportif ou économique, mais comme un instrument de politique internationale. Selon Sumar, «accueillir conjointement le Mondial avec le Maroc reviendrait à offrir une légitimité internationale à un partenaire dont la politique migratoire fait l’objet de vives critiques». Les élus espagnols réclament, également, davantage de transparence sur les engagements pris dans le cadre de la candidature commune ainsi que sur les garanties relatives au respect des droits humains.

Dans ce contexte, le football devient un prolongement des tensions diplomatiques apparues autour de Ceuta, les formations politiques cherchant à transformer une crise migratoire en débat sur la gouvernance des grands événements sportifs. L’initiative de Sumar et de Livre intervient alors que d’autres forces politiques espagnoles ont, également, pris position contre la présence du Maroc dans le projet du Mondial 2030. Cette convergence, pourtant inhabituelle entre des partis aux orientations idéologiques opposées, témoigne de la sensibilité politique prise par la crise de Ceuta et de son impact sur les relations entre Madrid et Rabat.

En quelques jours, la coorganisation du Mondial 2030 est, ainsi, devenue un nouveau terrain de confrontation politique où s’entrecroisent questions migratoires, droits humains, diplomatie et enjeux d’image internationale, faisant du football un levier supplémentaire dans les rapports de force entre les deux rives de la Méditerranée. Ainsi, la crise de Ceuta ouvre un nouveau front diplomatique. En Espagne comme au Portugal, plusieurs formations politiques multiplient les initiatives pour remettre en cause la présence du Maroc parmi les pays organisateurs de la Coupe du monde 2030, faisant du football un nouveau terrain d’affrontement politique.M.-F. Gaidi

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