Taillée dans la montagne, la route mythique de Kherrata devra patienter

Les usagers de la RN9 devront encore patienter avant d’emprunter le tronçon Bordj Mira–Kherrata (7,6 km), l’inauguration ayant été reportée à la dernière minute après que le ministre des Travaux publics a préféré temporiser en raison de risques de chutes de pierres. Taillée dans les Babors le long de l’oued Agrioun, cette route plus que centenaire (mise en service en 1870) a connu des épisodes tragiques comme les massacres de mai 1945, et, après la construction d’un tunnel de six kilomètres, le projet d’élargir et de doubler la chaussée avec le tunnel de Kherrata n’est pas achevé. Le programme, lancé en 2015, demeure inachevé dix ans plus tard.
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TSA Algérie
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Les usagers de la RN9, qui relie Béjaïa à Sétif sur plus de 110 km, doivent attendre encore avant d’emprunter à nouveau la mythique route qui traverse les Gorges de Kherrata à mi-chemin entre ces deux wilayas.
L’inauguration de ce tronçon de 7,6 km (Bordj Mira – Kherrata) devait se faire dimanche lors de la visite du ministre des Travaux publics dans la wilaya de Bejaia, mais elle a été reportée à la dernière minute.
C’est le ministre lui-même qui a préféré temporiser avant de rouvrir ce tronçon entièrement réhabilité et modernisé à la circulation routière.
Selon Abdoune Nacer, élu à l’APW de Bejaia, des réserves techniques ont été soulevées et l’inauguration de cette route qui servira de dédoublement de la RN9 avec le tunnel de Kherrata est reportée à une date ultérieure. « La route n’est pas encore entièrement sécurisée en raison des risques de chutes de pierres sur une partie de la route », explique-t-il.
Bejaia : une route plus que centenaire bientôt rouverte
Taillée à flanc des montagnes de la chaîne des Babors, cette route qui suit l’oued Agrioun, a été mise en service pour la première en 1870.
En mai 1945, elle fut le théâtre des massacres perpétrées par l’armée française dans cette région. De nombreux Algériens ont été jetés du pont Hanouz dans le ravin. La Légion étrangère française a gravé son nom sur un rocher qui est visible de la route qui témoigne des atrocités commises par le colonisateur français en Algérie.
Devenue exiguë et dangereuse, elle a été fermée. Entre-temps, un tunnel de six kilomètres a été construit pour la remplacer, mais cet ouvrage est à son tour devenu insuffisant pour assurer un trafic routier fluide et sécurisé entre Bejaia et Sétif.
Une décision a été prise d’élargir la route des gorges, avec la construction de nouveaux ponts et de tunnels, pour ensuite la rendre à sens-unique et constituer avec le long tunnel de Kherrata, une double voie. Le projet de sa modernisation a été lancé en 2015. Dix ans après, il n’est pas encore achevé.