Économie

Yahia Bachir a visité jeudi Ferrovial, Cital et Al Solb : La relance du complexe d’El Hadjar est une «priorité stratégique»

Par M. F. Gaïdi6 min de lecture
Yahia Bachir a visité jeudi Ferrovial, Cital et Al Solb : La relance du complexe d’El Hadjar est une «priorité stratégique»
Résumé IA

Le ministre de l'Industrie Yahia Bachir a visité jeudi plusieurs sites industriels à Annaba, plaçant la relance du complexe sidérurgique Al Solb (ex-El Hadjar) au cœur d'une stratégie visant à bâtir une chaîne nationale intégrée de l'acier aux équipements ferroviaires.

Il a qualifié la modernisation du complexe, dont le haut fourneau a atteint sa fin de vie technique, de « priorité stratégique » et présenté un plan en quatre piliers : modernisation technologique, intégration complète de la chaîne de valeur, partenariats internationaux et création d'emplois.

La visite a mis en lumière la complémentarité recherchée entre Al Solb et le groupe Ferrovial, fabricant de wagons pour la ligne minière de l'Est, afin que l'acier local alimente directement l'industrie de transformation et réduise les importations.

Cette orientation s'étend à Cital et au foncier récupéré à Berrahal, avec l'objectif de générer près de 2000 emplois et de connecter entreprises publiques, projets miniers et investissements privés au sein d'un même écosystème productif.

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En déplacement jeudi dans la wilaya de Annaba, le ministre de l’Industrie, Yahia Bachir, a fait de la renaissance du complexe sidérurgique d’El Hadjar l’axe central d’une stratégie beaucoup plus large visant à bâtir une chaîne industrielle nationale intégrée, reliant la production d’acier, la transformation industrielle et la fabrication d’équipements destinés aux grands projets ferroviaires et miniers.

Accompagné du wali de Annaba, Abdelkrim Lamouri, le ministre a visité plusieurs sites industriels, notamment le groupe Ferrovial, la Compagnie industrielle des transports algériens (Cital), le complexe sidérurgique d’El Hadjar ainsi que le foncier industriel récupéré dans la commune de Berrahal.

Le ministre a rappelé que «cette mission s’inscrit dans l’application des orientations des hautes autorités du pays visant à accroître la contribution de l’industrie au produit intérieur brut, à renforcer la production nationale, à créer davantage de valeur ajoutée et d’emplois, et à réduire durablement la dépendance vis-à-vis des importations».

Mais c’est surtout à Al Solb (ex-Sider El Hadjar) que le message politique et économique a été le plus fort. Yahia Bachir a qualifié la relance et la modernisation du complexe sidérurgique, à l’arrêt depuis plusieurs mois, de «priorité stratégique» et de «fondement essentiel du développement de l’industrie lourde», estimant que cette infrastructure demeure un levier incontournable de la souveraineté industrielle nationale. L’évaluation effectuée sur le terrain a mis en évidence un paradoxe où le complexe dispose toujours d’une base industrielle importante et d’importantes capacités de production, mais une partie de ses installations est arrivée au terme de son cycle de vie technique, notamment le haut fourneau. Pour Yaia Bachir, «cette situation impose un programme urgent de modernisation afin d’aligner El Hadjar sur les standards internationaux en matière de productivité, d’efficacité énergétique et de compétitivité».

La stratégie présentée repose, selon lui, sur quatre piliers majeurs, dont la modernisation technologique des moyens de production, l’intégration complète de la chaîne de valeur depuis la réduction directe du minerai jusqu’aux produits finis, le développement de partenariats industriels internationaux selon une logique gagnant-gagnant et la création d’une véritable valeur ajoutée nationale génératrice d’emplois.

Une chaîne industrielle intégrée pour les grands projets nationaux

Cette vision s’est traduite dès la première étape de la visite avec le groupe Ferrovial, spécialisé dans la fabrication de matériels et d’équipements ferroviaires. Le ministre y a suivi une présentation détaillée des capacités industrielles du groupe, de ses unités de production, de ses projets de développement ainsi que de son rôle dans les grands programmes nationaux.

Au sein des ateliers, Yahia Bachir s’est informé des différentes étapes de fabrication des équipements ferroviaires, du niveau de maîtrise des procédés industriels et des capacités humaines et techniques mobilisées pour accompagner l’expansion du secteur. Ferrovial joue déjà un rôle majeur dans le développement de la ligne minière de l’Est, en assurant la fabrication des wagons destinés au transport du phosphate, un projet considéré comme stratégique pour la valorisation des ressources minières nationales.

Les responsables du groupe ont également présenté les retombées économiques attendues de ces investissements. Les différents projets industriels devraient générer près de 2000 emplois au sein des entreprises concernées, dont environ 500 postes directement au niveau de Ferrovial. Ils favoriseront aussi l’insertion professionnelle des diplômés des universités et des centres de formation, tout en renforçant les compétences nationales dans les métiers industriels.

Le ministre a insisté sur plusieurs leviers destinés à consolider cette dynamique : «Il s’agit du développement de la sous-traitance locale, de l’amélioration de la qualité des produits conformément aux normes nationales et internationales, du renforcement de la formation des ressources humaines ainsi que de l’augmentation du taux d’intégration nationale.» Il a surtout plaidé pour une complémentarité étroite entre Ferrovial et le complexe sidérurgique Al Solb, afin que l’acier produit localement alimente directement les industries de transformation, réduisant ainsi les importations tout en créant davantage de richesse sur le territoire national.

Cette logique d’intégration s’étend également à Cital, appelée à «renforcer sa participation au programme national de développement du transport ferroviaire, grâce à une montée en puissance de l’intégration locale, à la valorisation des compétences algériennes et au développement de partenariats industriels et technologiques». La visite du foncier industriel récupéré à Berrahal complète cette vision. Le ministre y voit une réserve stratégique susceptible d’accueillir de nouveaux investissements, notamment dans les activités liées à la sidérurgie, afin de prolonger la chaîne de valeur autour d’Al Solb et de renforcer l’attractivité industrielle de la région.

Hormis la situation catastrophique du complexe sidérurgique, cette visite annonce une nouvelle orientation de la politique industrielle algérienne. L’objectif n’est plus uniquement de remettre en marche des unités de production existantes, mais de «connecter les entreprises publiques, les projets miniers, les industries ferroviaires et les futurs investissements privés au sein d’un même écosystème productif».

Annaba
De notre bureau M.-F. Gaïdi

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