Colloque international sur le film la bataille d’alger de Gillo Pontecorvo : Histoire, esthétique et postérité d’un chef-d’œuvre

Un colloque international organisé par le CRASSH de Cambridge invite à une analyse critique de La Bataille d’Alger de Gillo Pontecorvo, en croisant études cinématographiques, histoire globale et théories postcoloniales.
Le comité scientifique refuse toute glorification aveugle et propose d’examiner la réception contemporaine du film, ses appropriations par des mouvements militants ou des institutions militaires, ainsi que ses anachronismes et limites esthétiques.
Pontecorvo, cinéaste italien né en 1919, a marqué l’histoire avec ce Lion d’or 1966 longtemps interdit en France pour sa description sans concession de la torture pendant la guerre d’Algérie.
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Le comité scientifique insiste sur un point central : l’objectif n’est pas de glorifier aveuglément le film de Gillo Pontecorvo. Le colloque cherche à analyser sa résonance contemporaine, mais aussi les aspects pour lesquels il paraît inévitablement daté ou marqué par son époque. Les propositions doivent donc adopter une perspective critique, en croisant les études cinématographiques, l’histoire globale et les théories postcoloniales.
Les axes thématiques suggérés reposent sur la résonance au XXIe siècle : Analyser comment l’œuvre est reçue, interprétée. La circulation et appropriations globales : Etude de l’impact du film dans des cercles variés, de son enseignement universitaire à son utilisation par des mouvements militants (Black Panthers) ou des institutions militaires (Pentagone).
Anachronismes, limites et perspectives critiques : Interroger de manière objective les aspects par lesquels le film a inévitablement vieilli ou s’inscrit dans les codes idéologiques de son époque. Anachronismes, limites et perspectives critiques : Interroger de manière objective les aspects par lesquels le film a inévitablement vieilli ou s’inscrit dans les codes idéologiques de son époque. Cinéma de libération et esthétique : Analyse de la mise en scène (usage d’acteurs non professionnels, style documentaire, traitement des archives et de la mémoire de la guerre). Toutes les soumissions et demandes de renseignements complémentaires se font via le portail officiel de l’événement sur le site du CRASSH Cambridge /https:/www.crassh.cam.ac.uk/events/51930/#description.
Gillo Pontecorvo, né le 19 novembre 1919 à Pise et mort le 12 octobre 2006 à Rome, est un cinéaste italien. Après des études de chimie, il choisit la voie du journalisme et s’installe à Paris comme correspondant pour la presse italienne. Sa trajectoire cinématographique débute à l’après-guerre en tant qu’assistant de réalisateurs renommés comme Mario Monicelli et Yves Allégret. Dès 1953, il s’oriente vers le documentaire avec des œuvres comme Giovanna (1956) et collabore la même année à l’anthologie La Rose des vents, sous la supervision d’Alberto Cavalcanti.L’année suivante, il réalise son premier long-métrage, La grande strada azzurra (Un dénommé Squarciò), une production de Maleno Malenotti adaptée d’une œuvre de Franco Solinas. En 1960, son film Kapò explore l’univers concentrationnaire à travers le portrait d’une prisonnière juive devenue auxiliaire des nazis. Nommé à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 1961, le long-métrage reste célèbre pour la violente critique de Jacques Rivette dans les Cahiers du cinéma («De l’abjection»), fustigeant la complaisance morale d’un travelling.
C’est en 1966 qu’il livre son film majeur, La Bataille d’Alger, qui reconstitue la répression militaire française face aux réseaux du FLN dans la Casbah. Couronné par le Lion d’or à la Mostra de Venise, le film est longtemps interdit de diffusion en France, où sa description des méthodes de torture de l’armée suscite de vives tensions. Avec Queimada (1969), interprété par Marlon Brando, Pontecorvo dénonce à nouveau le colonialisme en transposant à l’écran les insurrections du XIXe siècle dans les Antilles.
L’échec commercial de cette œuvre pousse le réalisateur à s’éloigner du cinéma de fiction. Il signe néanmoins une réalisation plus secondaire en 1979, Ogro, qui retrace l’exécution du dirigeant franquiste Luis Carrero Blanco par l’ETA, et co-réalise le documentaire hommage L’addio a Enrico Berlinguer en 1984. Sa reconnaissance institutionnelle culmine en 1992 lorsqu’il est nommé directeur de la Mostra de Venise.
Nacima Chabani
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