Hygiène publique et multisectorialité

Le ministère de l'Intérieur appelle à intensifier les opérations de nettoyage et à assurer un suivi continu, dépassant les campagnes ponctuelles pour préserver l'hygiène publique.
Les communes, en première ligne, peinent à assumer cette mission faute de moyens : un maire côtier signale seulement douze agents de voirie pour toute la commune et des camions en panne non remplacés.
La coordination entre autorités centrales et élus locaux s'impose pour définir une stratégie globale mobilisant tous les secteurs concernés.
Les campagnes de tri sélectif du ministère de l'Environnement doivent passer à la phase opérationnelle, en associant investisseurs et jeunes entrepreneurs pour développer le recyclage.
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Les campagnes de nettoiement sont organisées à travers de nombreuses villes du pays, en application des instructions gouvernementales en faveur de la préservation de l’hygiène du milieu et de l’amélioration du cadre de vie des citoyens. Dans un communiqué rendu public à l’issue d’une réunion de coordination tenue mercredi dernier, le ministère de l’Intérieur appelle à «l’intensification des opérations de nettoyage et de préservation de l’environnement et à un suivi continu de ces actions», en dépassant le syndrome «des campagnes ponctuelles ou occasionnelles».
Régulièrement mise à l’ordre du jour des réunions au niveau des instances centrales, la question de l’hygiène publique tarde à s’inscrire avec résolution dans l’agenda des collectivités locales, précisément les communes, alors qu’elle constitue leur mission première, nécessitant des moyens humains et matériels incompressibles. Les membres des exécutifs communaux ont conscience du caractère crucial de ce dossier dans la gestion des affaires locales, et entament immanquablement leur mandat avec des engagements clairs à assainir la situation de l’environnement et à trouver des solutions à la problématique lancinante de la collecte et du traitement des ordures ménagères.
C’est le passage obligé pour donner une traduction concrète à l’amélioration du cadre de vie des habitants, et permettre à la collectivité locale de sortir de l’ornière de l’insalubrité ambiante et souvent galopante. Le statu quo finit souvent par s’imposer, ouvrant la voie à une dégradation continue de l’environnement, jusqu’à menacer la santé publique lorsque les ordures s’amoncellent en pleine saison des grandes chaleurs. Les élus locaux sont alors réduits à réitérer le discours prônant le civisme et la responsabilité citoyenne, et l’éradication épisodique des décharges est présentée comme un notable succès alors qu’elle n’équivaut pas à une élimination des déchets, lesquels sont transférés vers un autre point de chute, entraînant les mêmes désagréments pour les riverains en l’absence d’un dispositif de ramassage régulier.
La nécessité de la tenue de réunions de concertation entre les autorités centrales et les élus locaux paraît d’une particulière acuité afin d’identifier les voies et moyens d’une mise à niveau et du renforcement du service public dédié à la préservation de l’hygiène du milieu. Une récente publication sur les réseaux sociaux d’un président d’APC à ce sujet permet de prendre connaissance des contraintes rencontrées sur le terrain par les responsables en charge du fonctionnement des services communaux. Les pouvoirs publics, au plus haut des instances de décision, ont la latitude de noter les termes de la problématique et d’arrêter les mesures devant être prioritairement mises en œuvre en direction de l’administration locale. Le maire énumérera nombre de difficultés, dont la «panne de deux camions actuellement en réparation, ainsi que l’insuffisance des effectifs», précisant que le «service de la voirie ne compte que 12 agents pour assurer la collecte des déchets sur l’ensemble de la commune».
Le maire de la ville côtière, à vocation touristique et connaissant une affluence record des estivants en été, observera en outre que les «départs à la retraite ne sont pas remplacés, ce qui accentue le manque de personnel au sein du service de la voirie». En élargissant le cadre de la coordination aux élus locaux, la définition d’une stratégie globale s’avérera beaucoup plus évidente et probante, en associant tous les secteurs de la vie nationale, dès lors qu’il s’agira de mobiliser des ressources logistiques et humaines.
Les campagnes de sensibilisation initiées par le ministère de l’Environnement en faveur du tri sélectif des déchets et de la récupération des matières, dans le but de réduire les volumes destinés à l’enfouissement technique, et d’impulser une industrie du recyclage, gagneraient à entrer dans une phase opérationnelle. D’autres protagonistes ont vocation à intégrer cette dynamique environnementale mais aussi économique, à savoir les investisseurs, notamment les jeunes entrepreneurs.
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