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Le chanteur Hocine Ouahioune à Timlilit Akked Ucennay d’Agouni Fourrou : «Mon parcours, je le dois au monstre Lounis Ait Menguellet»

Par R. C.•10 min de lecture
Brifa
Le chanteur Hocine Ouahioune à Timlilit Akked Ucennay d’Agouni Fourrou : «Mon parcours, je le dois au monstre Lounis Ait Menguellet»
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Le chanteur Hocine Ouahioune, invité d'honneur du 12e «Timlilit akked ucennay» à Agouni Fourrou, a raconté devoir sa carrière au mentorat de Lounis Ait Menguellet, rencontré en 1983 lors d'une fête villageoise où il l'accompagnait au bendir.

Son premier album «Lwerd», refait à Paris en 1988 chez Laser avec Idir à la flûte et Allaoua Bahlouli aux arrangements, a lancé une longue collaboration avec Ait Menguellet dont il a intégré l'orchestre jusqu'en 2019, tout en croisant Matoub Lounes qui lui prêta son mandole.

Après deux autres opus («Qim di lehna» en 1992, «Ay awal» en 2015), l'artiste privilégie la scène et la composition, estimant que la chanson kabyle se porte bien grâce à de nombreux jeunes talents malgré la prédominance des thèmes amoureux.

Il a aussi révélé avoir, une seule fois en 1994, interprété «Mazal cfant temgharin» d'Abderrahmane Mira, unique entorse à sa règle de ne chanter que ses propres créations.

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Agouni Fourrou, dans la région des Ouacifs, Hocine Ouahioune a l’habitude de s’y rendre répondant à chaque fois à l’invitation de l’association culturelle locale, Tanekra qui en a fait, d’ailleurs, un citoyen d’honneur de ce village de haute montagne comme c’est le cas de nombre de personnalités culturelles et artistiques conviées, mais cette fois-ci, il avait un autre «statut» particulier, celui de l’invité principal de Timlilit akked ucennay, le rendez-vous avec un chanteur au lancement duquel il avait d’ailleurs pris part aux côtés d’autres sommités artistiques à l’automne 2024.

Le week-end dernier donc, le fils de Tassaft Ouguemmoune, dans la commune voisine d’Ibudraren était en quelque sorte en «terrain conquis» tant il était familier du public présent au douzième acte de ce rendez-vous. Pas que cela puisque l’illustre invité était également ravi de découvrir que ses chansons, notamment, celles qui ont fait sa réputation précoce, ont été reprises par cœur par bien de présents.

Il ne pouvait en être autrement quand c’est le monument de la chanson kabyle, Lounis Ait Menguellet, qui est derrière ou presque, l’engagement de Hocine Ouhioune dans la sphère artistique. Et c’est l’intéressé lui-même qui l’avoue en déclarant tout de go «devoir mon parcours artistique à Lounis Ait Menguellet». Et de partager avec l’assistance les détails de cette contribution du digne fils d’Ighil Bouammas dans l’éclosion du non moins illustre invité d’Agouni-Fourrou. C’était, se souvient Ouahioune, «en 1983 à l’occasion d‘une fête au village à laquelle Lounis était convié par un cousin. J’ai été honoré de l’accompagner cette nuit-là en jouant notamment au bendir et à Timsemment, un instrument chaoui». Et ce fut le début «anodin» d’une longue complicité entre les deux hommes.

Car, ajoute encore l’orateur, «je participais, sur insistance de l’illustre barde, aux nombreuses rencontres entre amis au bord de rivières de la région, autour d’un barbecue. Et lors de l’une de ces qaadates, Lounis était émerveillé, ravi de découvrir qu’en plus de ma maîtrise de nombre d’instruments de musique dont notamment Tizzemmarin ou la cornemuse, j’interprétais également des chansons de moi. Suite à quoi il m’avait alors encouragé à aller au-delà de ce que je faisais jusque-là, soit enregistrer».

Idir à la flûte pour le 1er album

En 1987, Hocine Ouahioune passe à l’action et enregistre son tout premier album à Alger. Une toute première expérience techniquement «ratée», avoue-t-il, ajoutant avoir, sur conseil pressant de Lounis, «refait le travail à Paris, en France, chez les éditions Laser, tenues par Rachid Oubaya, sur accompagnement de Mouloud Ait Amar, poète et animateur de télévision. C’était en juin 1988 et l’album intitulé Lwerd, de huit chansons sera édité en janvier 1989 aussi bien en France qu’ici en Algérie. Détail que l’invité du 12e épisode de Timlilit akked ucennay d’Agouni-Fourrou ne voulait pas passer sous silence, la contribution à cet album du défunt illustre Idir qui était à la flûte alors que la maestro Allaoua Bahlouli assurait les arrangements. Mais entre temps, tient à préciser Hocine Ouahioune, cette «idylle» avec Ait Menguellet prenait une autre dimension puisqu’il affirme avoir eu l’honneur, en mai 1987 aux côtés notamment du groupe Tagrawla, de prendre part au concert du barde à la prestigieuse salle Atlas d’Alger où il avait, deux années auparavant, achevé des études en kinésithérapie avant de rejoindre l’ex-hôpital Parnet (actuellement Nefissa Hamoud). Une collaboration qui allait durer longtemps, jusqu’à il y a quatre années, puisqu’il était de l’orchestre de Lounis dans tous ses concerts au niveau national, se rappelant, surtout de la tournée nationale effectuée en 1989. «Il m’arrivait, en plus d’être de son orchestre, d’interpréter deux à trois chansons à chacun des ses spectacles».

Avant cela, le fils de Tassaft Ouguemmoune était passé par l’incontournable émission Ighennayen uzekka (Les chanteurs de demain) de l’illustre Médjahed Hamid. C’était en juin 1986, se souvient Hocine Ouahioune qui précise avoir eu ce privilège par l’intermédiaire d’un cousin qui travaillait avec Médjahed Mouhoub, un cousin à l’illustre animateur radio qui m’avait auparavant, invité, lui, à son émission hebdomadaire (5 wuguren) ou Les 5 énigmes. Une émission à l’issue de laquelle le chanteur en herbe qu’il était obtint son deuxième «assentiment» et pas n’importe quel «quitus». Pour preuve, la chanson enregistrée à l’occasion, Lwerd, ne cessait d’obtenir les faveurs des auditeurs de la chaîne II de la radio nationale.

Rencontre avec Matoub

L’invité d’Agouni-Fourrou était aussi ravi de partager avec les présents sa rencontre avec le défunt rebelle Lounes Matoub. C’était à Paris à l’occasion de l’enregistrement de son premier album. « Ce fut par l’intermédiaire d’un chauffeur de taxi du village qui m’avait introduit dans un café parisien où, chaque samedi, Lounes assurait un spectacle de chants. A deux ou trois fois, j’ai eu l’honneur d’être de son orchestre en jouant le drabki en présence, se souvient-il, notamment de Ahcène Adjroud qui était, par ailleurs de ce rendez-vous d’Agouni-Fourrou qui, dit-il, «je ne voulais pas rater pour tout l’ord du monde». Des moments inoubliables», affirme le chanteur Hocine Ouahioune pour qui le défunt Lounes Matoub était et demeure un «symbole».

Autre anecdote partagée avec feu Lounes Matoub lors de l’une de ces rencontres parisiennes. Hocine Ouahuoine se souvient, en effet, avoir été sollicité par le fils des At-Douala, pour lui céder le mandole pour les besoins de son album Rwah Rwah qu’il avait enregistré la même année. Un instrument que je devais récupérer au bled, quelques trois mois après. Entre temps, il m’a, à son tour, invité à prendre, à mon tour, son propre mandole des mains de sa défunte mère, nna Aldjia».Après son premier album, le fils de Tassaft Ouguemmoune récidive avec le deuxième album, en 1992 à Paris avec les éditions berbères. Cet opus intitulé Qim di lehna est composé de huit titres, avec la contribution de Tarik Ait-Hammou qui, se rappelle-t-il, «m’a procuré les autres artistes dont Rabah Khalfa à la percussion et Hachemi Bellali à la basse».

Un deuxième album suivi du troisième et dernier opus, toujours de huit chansons intitulé Ay awal. C’était en en 2015 sous la direction de Nabil Chérifi et Djaffar Ait-Menguellet à la flûte et aux arrangements, précise-t-il.

Et depuis, l’artiste a observé un recul en matière d’enregistrement car, pour le reste, il a continué à composer et à faire la scène comme lors de la période ayant suivi son deuxième album en participant, se rappelle-t-il, en 1992, l’anniversaire de la Chaine de radio berbère, aux côtés notamment des groupes Igman, Agraw, Benmohammed, Aldjia, Djaffar.

La chanson kabyle se porte bien

Interrogé au sujet de l’état de la chanson kabyle, Hocine Ouahioune s’inscrit à contrario de l’avis de nombre d’artistes. «Notre chanson kabyle se porte bien, voire à merveille avec, appuie-t-il sa sentence, l’embarras du choix en termes d’offres de chansons. C’est aux gens de distinguer le bon et le meilleur à qui le dernier mot revient, eux qui doivent déceler ce qui bon et meilleur. Il y a beaucoup de nouveaux jeunes talents qui font du très bon travail que ce soit sur le plan textuel, musical et celui des arrangements. Sur le plan thématique, j’estime qu’il y a une variété large avec la prédominance, il est vrai, de tayri, l’amour qui ne meurt jamais. Il y a aussi de très belles et sensuelles voix, féminines et masculines, qu’il faudra encourager à aller de l’avant».

Hommage à Abderrahmane Mira

L’invité de l’association culturelle TANEKRA n’a pas omis de préciser avoir, une fois de sa carrière, fait entorse à l’une de ses singularités. En effet, il affirme avoir, une fois, en 1994, interprété une chanson qu’il n’a pas lui-même composée. Il s’agit de Mazal cfant temgharin (Les vielles se souviennent encore), une chanson révolutionnaire en hommage à Abderrahmane Mira, un des chefs de la wilaya III historique. Elle a été écrite par le duo Belkacem Messaoudi-Méziane Rachid, sur proposition de ce dernier. La musique a été composée par un musicien de l’orchestre de la radio nationale qui a enregistré ladite chanson».

Deux singles pour bientôt

On le disait plus haut, le chanteur Hocine Ouahioune, qui affirme avoir été «nourri» dès son enfance aux chansons de feu Slimane Azem dont il dit connaitre presque tout le répertoire, de même que celui de son idole Lounis Ait-Menguellet, n’a pas beaucoup enregistré le long de ses 40 ans de carrière artistique dont il affirme être «pleinement satisfait. Cela dit, il n’est pas près de ranger ses instruments puisqu’il est sur le projet de deux singles. «Les deux chansons déjà enregistrées sortiront en clips d’ici deux à trois mois. L’une est de moi et l’autre de mon fils Bélaid qui, précise-t-il, n’a épousé la cause artistique sans aucune pression de ma part.».
M.K.

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