Alors qu’un accord est sur le point d’être conclu entre Téhéran et Mascate sur le corridor stratégique : La réouverture du détroit D’Ormuz conditionnée par la levée du blocus

L'Iran et le Sultanat d'Oman sont sur le point de finaliser un accord sur un nouveau corridor maritime commercial traversant le détroit d'Ormuz, les coordonnées géographiques du tracé ayant été approuvées après deux mois de pourparlers.
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaeil Baghaei, a toutefois précisé que la réouverture du détroit reste conditionnée à la levée du blocus maritime américain des ports iraniens et à la fin des mesures hostiles.
Ces négociations font suite à l'échec d'un protocole d'accord signé le 17 juin entre Washington et Téhéran, qui exigeait de l'Iran qu'il garantisse la libre navigation pendant 60 jours.
Le président Trump a affirmé que le détroit pourrait «rouvrir prochainement», mais selon Reuters, il se retrouve coincé entre l'acceptation d'un contrôle iranien du corridor et une escalade militaire risquée avant les élections de mi-mandat de novembre.
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Après plusieurs jours de négociations, l’Iran et le Sultanat d’Oman sont plus que jamais proches d’un accord concernant la gestion du détroit d’Ormuz, ont rapporté plusieurs médias iraniens et internationaux. «L’Iran et Oman sont sur le point de conclure un accord portant sur un nouveau couloir maritime commercial traversant le détroit d’Ormuz», indique l’agence Tasnim. Al Jazeera abonde dans le même sens : «L’Iran affirme qu’un accord avec Oman visant à rouvrir le détroit d’Ormuz est ‘‘sur le point d’être finalisé’’, après que les deux pays ont confirmé s’être mis d’accord sur les coordonnées des routes maritimes traversant cette voie navigable stratégique.»
«Les coordonnées géographiques du tracé approuvées»
«Les coordonnées géographiques du tracé envisagé par les deux parties ont été approuvées», a affirmé Esmaeil Baghaei, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères. Selon l’agence Tasnim, M. Baghaei s’est exprimé devant des journalistes mercredi à Téhéran, et leur a assuré que «des pourparlers entre l’Iran et Oman étaient en cours depuis deux mois afin de mettre en place un mécanisme de passage sécurisé pour les navires commerciaux transitant par cette voie navigable stratégique». «Il a indiqué que les négociations ‘‘avançaient’’ et que les deux parties étaient parvenues à un accord sur les coordonnées géographiques du couloir proposé», poursuit l’agence iranienne. «Si certaines parties tierces ne font pas obstacle à ce processus, les deux pays en sont également à la phase finale de l’examen et de la rédaction d’une déclaration commune reprenant les principaux points de l’accord», a encore assuré M. Baghaei.
D’après un article publié jeudi sur son site officiel en langue anglaise sous le titre «Accord sur Ormuz sur le point d’être conclu : les positions de chaque partie», Al Jazeera rappelle que les pourparlers entre l’Iran et Oman «ont débuté après la signature, le 17 juin, d’un protocole d’accord entre Washington et Téhéran, censé servir de cadre à un accord de paix. Le protocole d’accord stipulait que l’Iran garantirait l’ouverture du détroit à la navigation pendant au moins 60 jours, mais il a échoué le mois dernier. Les deux pays étaient principalement en désaccord sur les itinéraires que devaient emprunter les navires, et l’Iran a attaqué plusieurs bateaux qui avaient emprunté un itinéraire approuvé par Oman et soutenu par les Etats-Unis».
Ni guerre ni paix
Le porte-parole de la diplomatie perse a précisé que les discussions entre les délégations iranienne et omanaise «ont porté sur les aspects techniques, juridiques, sécuritaires et environnementaux» de la gestion du corridor maritime stratégique, complète l’agence Tasnim. Au cours de son intervention, Esmaeil Baghaei «a rejeté les affirmations selon lesquelles un accord bilatéral avec Oman conduirait automatiquement à la réouverture du détroit d’Ormuz». Et d’expliquer dans la foulée que «les restrictions imposées à cette voie navigable étaient dues à des préoccupations sécuritaires découlant de l’agression militaire américaine et israélienne contre l’Iran». Pour le responsable iranien, cité par Tasnim, un accord avec le Sultanat d’Oman «ne peut en soi être interprété comme signifiant que le détroit est désormais sûr pour le passage des navires», insistant sur le fait que «les principales sources d’insécurité restent les déploiements navals américains, le blocus maritime illégal des ports iraniens et d’autres mesures hostiles à l’encontre du pays et de ses intérêts».
Force est de le constater : ces précisions du porte-voix emblématique des positions iraniennes résonnent avec la sortie du président américain, Donald Trump, qui a affirmé mercredi que le détroit d’Ormuz pourrait «rouvrir prochainement», invoquant des «progrès dans les négociations» avec Téhéran. «Les autorités iraniennes ont précédemment déclaré que ces pourparlers se déroulaient exclusivement entre Téhéran et Mascate», souligne Tasnim, avant d’ajouter : «Téhéran a toujours soutenu que l’assouplissement des restrictions sur cette voie navigable dépendait d’un changement de comportement de la part des Etats-Unis et de la suppression des menaces pesant sur la sécurité régionale.»
Alors que la guerre déclenchée par Trump contre l’Iran est désormais entrée dans son sixième mois, le président américain se trouve enlisé dans une impasse diplomatique, en plus de l’impasse militaire, voyant chacune de ses déclarations démenties aussitôt ayant été formulée, et se sentant dépassé par les événements à voir comment l’Iran se déploie avec habileté pour renforcer sa position, aussi bien dans le dossier Ormuz que dans l’épineux dossier de son programme nucléaire, dont on ne fait d’ailleurs plus mention. «La vague de menaces et d’initiatives diplomatiques de cette semaine a mis en évidence la situation de plus en plus délicate dans laquelle il (Donald Trump, ndlr) se trouve, alors qu’il tente de sortir les Etats-Unis d’un conflit impopulaire dont il avait initialement affirmé qu’il ne durerait que quelques semaines», décrypte Reuters.
«Toute route maritime temporaire sera validée»
Pour l’agence britannique, «Trump est pris entre, d’une part, un accord provisoire en cours de négociation entre l’Iran et Oman qui donnerait à Téhéran le contrôle du détroit d’Ormuz, pouvoir dont il ne disposait pas avant la guerre, et, d’autre part, la mise en œuvre de ses menaces d’escalade brutale, au risque d’une crise plus prolongée». Si Trump choisit la seconde option, cela «prendrait probablement la forme d’une nouvelle vague de frappes aériennes» et une telle décision «pourrait comporter de nombreux risques politiques» pour le leader US «à l’approche des élections de mi-mandat américaines décisives de novembre, tout en ne semblant pas offrir de meilleures chances de succès que les bombardements précédents, qui n’ont pas réussi à mettre Téhéran à genoux», poursuit Reuters. Les observateurs estiment donc que l’administration américaine «pourrait plutôt choisir de maintenir ce statu quo précaire». «Cela impliquerait de maintenir le blocus des ports iraniens et de riposter périodiquement à toute attaque contre le trafic maritime. Mais cette approche n’offrirait pas non plus à Trump une issue lui permettant de sauver la face dans un conflit dont il avait prédit qu’il serait terminé à la mi-avril.» «C’est un choix entre plusieurs mauvaises options, mais Trump a peut-être pris conscience qu’il ne peut pas laisser cette guerre se prolonger indéfiniment», analyse pour Reuters Aaron David Miller, ancien négociateur américain pour le Moyen-Orient. «Il faut bien que quelque chose change, et cela pourrait passer par la reconnaissance d’une nouvelle réalité iranienne dans le détroit», ajoute l’analyste. De son côté, un responsable US observe auprès de Reuters, sous couvert d’anonymat, que «toute route maritime temporaire serait sans aucun obstacle, aucune partie ne supervisant le transit».
M. B.
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