Économie

Maroc : pourquoi les compagnies pétrolières et gazières quittent-elles le pays ?

Par Aylan Afir5 min de lecture
Maroc : pourquoi les compagnies pétrolières et gazières quittent-elles le pays ?
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Le Maroc peine à transformer ses ambitions d'exploration hydrocarbure en production commerciale, sept compagnies étrangères ayant quitté le pays depuis 2017 sans aboutir.

Des contraintes géologiques comme les infiltrations d'eau et la présence d'argile, couplées aux coûts élevés de forage en eaux profondes, rendent les découvertes difficiles à rentabiliser, comme l'illustre l'abandon du permis d'Inezgane par Europa Oil & Gas.

Sound Energy a cédé sa participation restante de 20 % dans Tendrara à Managem pour 57 millions de dollars afin de réduire sa dette, pendant que le Maroc attire encore de nouveaux acteurs comme Murphy Oil pour l'offshore atlantique.

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Le Maroc cherche depuis des années à réduire sa dépendance énergétique en attirant des investisseurs étrangers dans l’exploration de son sous-sol. Pourtant, derrière les annonces de découvertes et les ambitions affichées, plusieurs opérateurs ont choisi de se retirer du Royaume avant d’avoir transformé leurs permis en production commerciale durable.

Le départ de Sound Energy, après plus d’une décennie de présence, relance les interrogations sur le potentiel réel des hydrocarbures marocains. Depuis 2017, au moins sept sociétés étrangères ont quitté le secteur, selon une analyse publiée par Attaqa. Les raisons semblent toutefois mêler contraintes géologiques, besoins de financement et arbitrages stratégiques propres à chaque entreprise.

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Des découvertes prometteuses qui peinent à devenir rentables

Circle Oil, Gulfsands, Europa Oil & Gas, SDX Energy, Energean, Genel Energy et désormais Sound Energy figurent parmi les entreprises ayant réduit ou cessé leurs activités au Maroc depuis 2017. Plusieurs d’entre elles avaient pourtant annoncé des découvertes ou identifié des prospects jugés importants.

Le cas d’Europa Oil & Gas illustre cette difficulté. L’entreprise britannique avait obtenu le permis offshore d’Inezgane, au large d’Agadir, et évoqué un potentiel considérable. Mais en novembre 2022, elle a décidé de ne pas poursuivre la phase suivante. Dans son communiqué, Europa expliquait qu’un forage d’exploration aurait nécessité un engagement financier qu’elle ne pouvait justifier sans partenaire, ajoutant que l’intérêt du marché pour l’exploration pétrolière en eaux profondes était alors très faible.

La géologie constitue également un facteur d’incertitude. L’analyse d’Attaqa évoque notamment des infiltrations d’eau dans certains puits et des difficultés liées à la présence d’argile, susceptibles de compliquer les forages et l’évaluation des réservoirs. Elle souligne aussi l’écart entre certains volumes potentiels annoncés et les résultats obtenus sur le terrain. La compagnie grecque Energean avait ainsi indiqué que les résultats du puits Anchois-3 étaient inférieurs aux attentes.

Maroc : pourquoi les compagnies pétrolières et gazières quittent-elles le pays ?

Le retrait de Sound Energy ne signifie pas la fin de l’exploration

Le cas de Sound Energy doit cependant être nuancé. La société avait déjà cédé une grande partie de ses intérêts marocains à Managem en 2024. En mai 2026, elle a annoncé la vente de sa participation restante de 20 % dans Tendrara au groupe marocain, dans le cadre d’une opération représentant 57 millions de dollars, ainsi que son retrait d’Anoual et de Grand Tendrara. Sound Energy a présenté cette décision comme une manière de réduire sa dette et de réorienter ses investissements vers d’autres activités énergétiques.

Ces sorties successives ne signifient donc pas que le Maroc est abandonné par l’industrie, mais certains observateurs soupçonnent une sorte de favoritisme pour les compagnies américaines. D'ailleurs, en janvier 2026, l’Office national des hydrocarbures et des mines a signé avec l’américaine Murphy Oil un accord portant sur dix permis d’exploration offshore couvrant près de 17'000 km² au large de la façade atlantique.

Le paradoxe marocain demeure donc entier : le Royaume continue d’attirer de nouveaux explorateurs grâce à un cadre ouvert aux investisseurs, mais transformer les promesses géologiques en réserves commercialement exploitables reste l’obstacle décisif. Sauf si la géopolitique détient une part importante dans ce dossier.

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