Actualités

Relations algéro-maliennes : Le dégel se confirme

Par Omar Arbane5 min de lecture
Relations algéro-maliennes : Le dégel se confirme
Résumé IA

Les relations algéro-maliennes connaissent un net dégel après plus d'un an de tensions diplomatiques, marqué par le retour des ambassadeurs à leurs postes et la réouverture de l'espace aérien le 10 juillet.

Le Premier ministre malien Abdoulaye Maïga a souligné une «convergence totale de vues» entre les présidents Assimi Goïta et Abdelmadjid Tebboune, fondée sur le respect de la souveraineté et la non-ingérence.

Les différends nés de l'abattage d'un drone malien en avril 2025 et du rappel des ambassadeurs des pays de l'AES sont désormais dépassés grâce au dialogue.

L'Algérie, médiatrice historique lors des accords de paix de 1991, 2006 et 2015, réaffirme son rôle clé dans la stabilité régionale aux côtés du Mali.

E

Publié par

El Watan

Publié le

ou lire sur le site source →

Article Original

Contenu complet de la source

Les relations algéro-maliennes semblent désormais suivre une trajectoire positive, mettant derrière elles plus d’une année marquée par des tensions diplomatiques. Les deux pays qui partagent une histoire et une culture communes, ainsi qu’une frontière terrestre de plus de 1300 km, ont tourné la page des différends pour envisager un avenir de coopération mutuelle.

Le 10 juillet, les ambassadeurs des deux pays ont regagné leurs postes à Alger et Bamako. Durant la même journée, les cieux des deux pays ont également été rouverts. L’élan positif du rapprochement des pays voisins continue de s’affirmer. Cette fois, c’est le Premier ministre malien, le général de division Abdoulaye Maïga, qui a mis en avant une «convergence totale de vues» entre le président de la transition, le général d’armée Assimi Goïta, et le président de la République, Abdelmadjid Tebboune.

Cette harmonie concerne particulièrement les principes fondamentaux de «respect de la souveraineté des Etats et de non-ingérence dans les affaires intérieures», a-t-il affirmé lors du grand oral consacré au bilan des cinq années de la transition au Mali. Répondant aux questions des journalistes, M. Maïga a admis que des «divergences» étaient apparues sur plusieurs sujets quelques mois auparavant.

Cependant, il a assuré que ces différences de vues «sont désormais dépassées». Il a également rappelé les liens historiques, culturels et humains qui cimentent les relations entre les deux peuples, précisant que de nombreux responsables des deux gouvernements, lui y compris, ont bénéficié d’une formation à l’Ecole nationale d’administration d’Alger. Il a, par ailleurs, exprimé son souhait que «ces relations fraternelles continuent à renforcer la coopération entre les deux pays», soulignant ainsi l’importance de cette dynamique nouvelle et prometteuse.

La diplomatique l’emporte

Lors de la même occasion du grand oral, le Premier ministre du Mali a réitéré l’engagement partagé des deux nations, à construire «une région pacifiée, sécurisée et débarrassée du terrorisme, du néocolonialisme et de toute prétention hégémonique». Il a conclu son intervention en rappelant que «malgré les divergences qui peuvent parfois surgir en diplomatie, les relations entre le Mali et l’Algérie demeurent fondées sur le dialogue, le respect mutuel et la défense des intérêts des deux Etats».

Il y a lieu de rappeler que les relations algéro-maliennes ont trébuché l’année dernière. En effet, en avril 2025, l’Armée nationale populaire avait abattu un drone malien suite à sa violation de l’espace aérien algérien près de Tin Zaouatine, à l’extrême sud du pays. A cette époque, les autorités maliennes avaient qualifié cette riposte algérienne d’acte «hostile», déclenchant un tollé. Les accusations ont été fermement rejetées par l’Algérie. Malheureusement, la situation s’est davantage compliquée lorsque les pays de la Confédération des Etats du Sahel (AES), réunissant le Mali, le Niger et le Burkina Faso, avaient décidé de rappeler leurs ambassadeurs à Alger, accentuant ainsi les tensions diplomatiques.

Finalement, la sagesse et l’appel à la raison l’ont emporté, permettant aux relations de retrouver un chemin plus serein et constructif. De nouvelles et prometteuses perspectives se dessinent désormais pour les deux pays dans plusieurs domaines. Il est également important de rappeler que l’Algérie a toujours soutenu le Mali dans ses moments les plus difficiles.

En 1991, grâce à la médiation algérienne, un accord a mis un terme aux affrontements entre le gouvernement malien dirigé par le président Moussa Traoré et les mouvements rebelles touareg, instaurant ainsi une période de calme. Puis, une nouvelle tentative de médiation venant toujours de l’Algérie a conduit, en 2006, à la réintroduction de la paix, de la sécurité et du développement dans la région sensible de Kidal, dans le nord du Mali. Plus récemment, en 2015, un accord pour la paix et la réconciliation a vu le jour à la suite des négociations ayant eu lieu à Alger. Cet accord a été crucial puisqu’il a permis au gouvernement malien de rétablir sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire.
Omar Arbane

Posez votre question à la rédaction

Votre question…

Prénom ou pseudo *

Adresse e-mail * Votre e-mail ne sera pas publié.

Votre question * 0/1000

Envoyer Annuler

Voir sur le site source