L’être humain derrière le volant
L'opinion publique algérienne est choquée par de récents accidents de bus meurtriers, mais les réactions sur les réseaux sociaux exploitent politiquement le drame au lieu d'analyser les causes réelles.
Les enquêtes officielles identifient l'excès de vitesse, la fatigue, la surcharge, les comportements dangereux et la consommation de psychotropes comme facteurs humains majeurs, aggravés par l'afflux estival de vacanciers.
L'auteur appelle à concentrer les solutions sur la responsabilité des conducteurs plutôt que de faire de la politique sur le dos des victimes.
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Le Quotidien d'Oran
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Des accidents tragiques, où des chauffeurs de bus transportant des vacanciers et des travailleurs sont mis en cause, ainsi que l’état mécanique de ces moyens de transport, ont choqué l’opinion.
Sur les réseaux sociaux, c’est presque la danse sur les cadavres
d’opposants qui exploitent les émotions et le deuil pour tomber à
bras raccourci sur le gouvernement, coupable à leurs yeux de toutes
les catastrophes sur les routes.
Sur les réseaux sociaux, dans des posts, chacun y va de son
commentaire pas très tendre avec les autorités, mises à l’index pour
le manque de pneus, la négligence dans le contrôle de l’état des bus
et autres routes mal en point. On croit tenir le bon bout pour
exacerber les colères et mettre en difficulté les autorités publiques.
Non pas dans un esprit dégagé des rancœurs, voulant bien faire,
mais la charge contre les autorités est funeste, tellement le
commentaire cherche à responsabiliser une partie contre tout un tas
de causes connues et disséquées sans arriver à corriger un état de
fait dans lequel la responsabilité humaine dans les accidents
tragiques de la circulation est avérée.
D’une part, on savait pertinemment, avant que ces accidents ne
surviennent, que la situation est dangereuse sur les routes en cette
période estivale, où l’Algérie fait face depuis plusieurs années à une
recrudescence alarmante des accidents de la route, exacerbée par les
déplacements massifs vers les zones côtières et les départs en
vacances.
Les bilans de la Protection civile s’alourdissent fortement durant
cette période, marquant de véritables hécatombes sur les axes
routiers du pays. On le savait avant, pourquoi alors réagir comme si
personne ne s’y attendait ? Il ne faut pas faire l’ignorant quand les
causes réelles qui sont à l’origine des accidents tragiques de la
circulation sont diagnostiquées par les résultats des enquêtes des
services compétents, à l’enseigne de l’excès de vitesse sur les grands
axes et les routes nationales, la fatigue, la somnolence et le manque
de vigilance au volant lors des longs trajets, la surcharge des
véhicules et des transports en commun (autocars et bus de
voyageurs), les comportements dangereux et le non-respect du code
de la route, parfois aggravés par le fléau de la consommation de
substances psychotropes chez certains conducteurs. À cela s’ajoute le facteur de la période estivale, la pression accrue
sur les infrastructures routières en raison des flux importants de
vacanciers, qui fait monter la courbe des accidents de la circulation
à son plus haut, tout comme au mois de Ramadhan.
En tout cas, le facteur humain reste la cause principale de bon
nombre des accidents de la circulation. Une vérité que personne ne
peut occulter. Cela n’exclut pas dans ce registre, bien sûr, les
défaillances mécaniques et autres routes défectueuses signalées
comme des points noirs. Pour prendre sérieusement en charge ce
dossier, il est donc indispensable de focaliser les recherches de
solutions sur cet être humain derrière le volant et d’éviter, surtout,
de faire de la politique politicienne en exploitant les émotions sur le
dos des morts.