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L’être humain derrière le volant

Par Abdelkrim Zerzouri4 min de lecture
L’être humain derrière le volant
Résumé IA

L'opinion publique algérienne est choquée par de récents accidents de bus meurtriers, mais les réactions sur les réseaux sociaux exploitent politiquement le drame au lieu d'analyser les causes réelles.

Les enquêtes officielles identifient l'excès de vitesse, la fatigue, la surcharge, les comportements dangereux et la consommation de psychotropes comme facteurs humains majeurs, aggravés par l'afflux estival de vacanciers.

L'auteur appelle à concentrer les solutions sur la responsabilité des conducteurs plutôt que de faire de la politique sur le dos des victimes.

L

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Le Quotidien d'Oran

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Des accidents tragiques, où des chauffeurs de bus transportant des vacanciers et des travailleurs sont mis en cause, ainsi que l’état mécanique de ces moyens de transport, ont choqué l’opinion. 

Sur les réseaux sociaux, c’est presque la danse sur les cadavres 

d’opposants qui exploitent les émotions et le deuil pour tomber à 

bras raccourci sur le gouvernement, coupable à leurs yeux de toutes 

les catastrophes sur les routes. 

Sur les réseaux sociaux, dans des posts, chacun y va de son 

commentaire pas très tendre avec les autorités, mises à l’index pour 

le manque de pneus, la négligence dans le contrôle de l’état des bus 

et autres routes mal en point. On croit tenir le bon bout pour 

exacerber les colères et mettre en difficulté les autorités publiques. 

Non pas dans un esprit dégagé des rancœurs, voulant bien faire, 

mais la charge contre les autorités est funeste, tellement le 

commentaire cherche à responsabiliser une partie contre tout un tas 

de causes connues et disséquées sans arriver à corriger un état de 

fait dans lequel la responsabilité humaine dans les accidents 

tragiques de la circulation est avérée. 

D’une part, on savait pertinemment, avant que ces accidents ne 

surviennent, que la situation est dangereuse sur les routes en cette 

période estivale, où l’Algérie fait face depuis plusieurs années à une 

recrudescence alarmante des accidents de la route, exacerbée par les 

déplacements massifs vers les zones côtières et les départs en 

vacances.

Les bilans de la Protection civile s’alourdissent fortement durant 

cette période, marquant de véritables hécatombes sur les axes 

routiers du pays. On le savait avant, pourquoi alors réagir comme si 

personne ne s’y attendait ? Il ne faut pas faire l’ignorant quand les 

causes réelles qui sont à l’origine des accidents tragiques de la 

circulation sont diagnostiquées par les résultats des enquêtes des 

services compétents, à l’enseigne de l’excès de vitesse sur les grands 

axes et les routes nationales, la fatigue, la somnolence et le manque 

de vigilance au volant lors des longs trajets, la surcharge des 

véhicules et des transports en commun (autocars et bus de 

voyageurs), les comportements dangereux et le non-respect du code 

de la route, parfois aggravés par le fléau de la consommation de 

substances psychotropes chez certains conducteurs. À cela s’ajoute le facteur de la période estivale, la pression accrue 

sur les infrastructures routières en raison des flux importants de 

vacanciers, qui fait monter la courbe des accidents de la circulation 

à son plus haut, tout comme au mois de Ramadhan. 

En tout cas, le facteur humain reste la cause principale de bon 

nombre des accidents de la circulation. Une vérité que personne ne 

peut occulter. Cela n’exclut pas dans ce registre, bien sûr, les 

défaillances mécaniques et autres routes défectueuses signalées 

comme des points noirs. Pour prendre sérieusement en charge ce 

dossier, il est donc indispensable de focaliser les recherches de 

solutions sur cet être humain derrière le volant et d’éviter, surtout, 

de faire de la politique politicienne en exploitant les émotions sur le 

dos des morts.

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