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Un sérieux coup porté à la propagande du Maroc

Par A. Z.4 min de lecture
Un sérieux coup porté à la propagande du Maroc
Résumé IA

Plus de 60 000 Marocains, majoritairement des jeunes, ont fui vers Ceuta fin juillet, portant selon le média espagnol RTVE un coup sévère à la propagande du régime qui vante de supposées réussites populaires.

Des experts comme Hicham Mansouri et Maati Monjib y voient la conséquence d'un système oligarchique corrompu et d'un mépris autoritaire, les services marocains ayant selon eux activement facilité cet exode massif.

Face au silence officiel sur les morts par noyade, de nouveaux appels à la migration clandestine circulent déjà pour le 15 août, confirmant que Ceuta et Melilla restent des voies privilégiées tout au long de l'année.

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Le Quotidien d'Oran

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Il sagit dune fuite de plus de 60.000 Marocains, pour la plupart des jeunes des deux sexes, sans exclure dautres tranches dâge, qui a porté un sérieux coup à la propagande marocaine et mis à nu le mépris du Makhzen envers ses citoyens, soutient un média espagnol. Dans un article mis en ligne samedi, le média RTVE estime que les images montrant des milliers de Marocains fuyant leur pays «représentent un coup dur pour la propagande de la monarchie qui a toujours tenté de vendre des réalisations fictives, supposées bénéficier essentiellement au peuple». 

«Les images parlent delles-mêmes : des enfants, des personnes âgées, des mineurs et même des bébés ont été exposés à cette situation. Cela a réduit à néant toute la propagande du régime diffusée par ses médias, y compris les succès récents de léquipe nationale lors de la Coupe du monde», assure Hicham Mansouri, journaliste dinvestigation marocain exilé en France, cité dans larticle. Le journaliste rejoint la thèse de la majorité des observateurs qui pensent que lentrée de milliers de migrants illégaux à Ceuta depuis le Maroc en seulement quelques jours a été activement encouragée par les services marocains. «Ce qui sest passé à Ceuta est une manifestation massive contre un système socio-économique extrêmement corrompu et un régime autoritaire et méprisant envers son peuple», dénonce Maati Monjib, historien et professeur duniversité. «Aziz Akhannouch a présidé le gouvernement le plus oligarchique depuis les années 1980. Il sagit dun cabinet qui a fait des rentes, des prébendes publiques et du favoritisme, un système de gouvernement», ajoute-t-il, précisant que largent sale a été massivement utilisé lors des différentes échéances électorales dans ce pays. 

Fouad Abdelmoumni, économiste marocain, anticipe, quant à lui, une nouvelle propagande du Makhzen après la crise de Ceuta. «On vendra aux Marocains lillusion dune incertitude sur la responsabilité de leur État dans cette tragédie humaine et on en minimisera la portée. 

On défendra de grands desseins stratégiques, comme la préparation des conditions pour obliger lEspagne à abandonner les enclaves et les îles voisines», dit-il. Le journaliste marocain installé à Barcelone, Ali Lmrabet, constate, pour sa part, que les autorités marocaines nont pas présenté leurs condoléances publiques aux familles des victimes mortes par noyade ou dans des bousculades lors de la traversée vers Ceuta. «Il y a au Maroc un silence scandaleux sur ce qui sest passé à Ceuta. 

Que vaut la vie dun sujet au Maroc ? Rien. Zéro», répond-il avec amertume. Hicham Mansouri qualifie ce mutisme institutionnel d«irresponsable» et de «scandaleux». Notons que de nouveaux appels à la migration clandestine circulent sur les réseaux sociaux, exhortant les Marocains à reproduire le coup de fin juillet pour le 15 août prochain. Il faut dire également que les deux voies de la migration clandestine, les enclaves espagnoles Ceuta et Melilla, sont très empruntées par les Marocains tout au long de lannée.

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