Le fatalisme, nid ou tombeau ?
L'article reflète sur l'escalade des extrêmes climatiques en Algérie et dans le monde, où une chaleur record frôlant 45 °C alimente la peur simultanée des incendies et des inondations.
Il interroge le fatalisme qui, face aux séismes, éruptions volcaniques et déplacements massifs, cesse d'être un refuge pour devenir un tombeau quand les sociétés acceptent passivement la catastrophe.
L'auteur soutient que des gestes élémentaires de prévention — commencer par déboucher avaloirs et égouts — constituent le premier pas vers la responsabilité plutôt que la résignation.
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Le Quotidien d'Oran
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Au moment où les autorités publiques nationales sengagent à renforcer la prévention contre les méfaits éventuels dun retournement climatique à la fin de lété, lascendance du thermomètre prend une élévation rarement observée jusquici. En ce moment la température nest pas loin des 45 degrés à travers tout le pays. Jamais les climatiseurs navaient obtenu un anoblissement aussi remarquable que celui acquis ces derniers mois et les esprits tanguent entre la peur des incendies et la crainte des inondations. Le climat joue avec les eaux et les feux pour que lon ne sache plus dans le jeu de cette énorme contradiction qui faudra-t-il affronter et finir par ne plus savoir qui des hommes ou de la nature est en dérèglement.
La panique séternisant, tend à prendre une dimension mondiale lorsque maintenant tous les volcans se réveillent, les séismes se multiplient et des populations par milliers sont déplacées laissant derrière elles leurs maisons carbonisées ou emportées par les crues et les inondations quand elles ne sont pas englouties par les affaissements.
On a alors du mal à croire que les fougueux réveils des tremblements de terre que lon constate à travers les cinq continents soient les effets dun dérèglement climatique et que la couche dozone incriminée serait pour quelque chose dans cette folie indicible. Lautre nature, inscrite en règle, plus prenante et déroutante est que lon ne sache plus de quoi sera fait demain.
Les cataclysmes et les déroutes quils provoquent ont le génie pervers mais profondément humain de battre en continuité le rappel du fatalisme. Mais quand on sy accroche trop fort, il nest plus un nid salvateur où lon sabrite mais un tombeau ouvert pour les suicides.
Il suffira dès lors de se prémunir de tous les dangers pour commencer de sastreindre à délémentaires actes de responsabilité. Débuter par déboucher les avaloirs et les égouts. Ce nest peut-être rien, mais cest un important préliminaire pour un début de sagesse.