La Fédération de la Croix-Rouge et du Croissant-rouge tire la sonnette d’alarme face à El Nino : «Les répercussions pourraient être graves pour les communautés déjà confrontées à la faim»

La Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge alerte sur les conséquences potentiellement graves d'El Niño pour les communautés déjà vulnérables face à la faim et aux chocs climatiques.
Son secrétaire général Jagan Chapagain appelle à une action anticipative immédiate plutôt qu'à attendre la catastrophe, en mobilisant les fonds d'urgence et les équipes locales d'intervention.
Les climatologues estiment à 35 % la probabilité que 2026 devienne l'année la plus chaude jamais enregistrée, tandis que l'OMM prévoit 90 % de chances que les conditions El Niño persistent jusqu'en novembre.
Le pic d'impact sur les températures mondiales est attendu en 2027, deuxième année du phénomène, ce qui pousse l'ONU à réclamer une sortie des énergies fossiles et des systèmes d'alerte précoce universels.
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L’été 2026 accumule les signaux laissant penser que la planète pourrait franchir de nouveaux records de chaleur : températures extrêmes, océans et mer Méditerranée exceptionnellement chauds, et, bientôt selon les scientifiques, montée en puissance du phénomène El Nino.
Le secrétaire général de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), Jagan Chapagain, a appelé à ne pas attendre que les conséquences deviennent visibles pour agir. «Les répercussions du phénomène El Nino pourraient être graves pour les communautés déjà confrontées à la faim et à des chocs climatiques répétés», a-t-il averti, en insistant sur la nécessité de renforcer les dispositifs de préparation précoce. Jagan Chapagain estime qu’il ne pas attendre la catastrophe pour commencer à intervenir. «L’action anticipative constitue un pilier essentiel de la réponse du réseau de la Fédération internationale face au phénomène El Nino», explique-t-il.
Il a également indiqué que «dans les régions où ces protocoles ne sont pas encore adoptés, le réseau de la Fédération internationale fournit un appui technique, ainsi qu’un accès rapide aux financements d’urgence relevant du Fonds de la Fédération pour les interventions en cas de catastrophe, notamment face aux risques à évolution rapide». Le responsable a souligné également que «de nombreux risques sont désormais connus», appelant à garantir «la disponibilité des ressources nécessaires pour les équipes locales d’intervention» et insistant sur la nécessité que «les alertes précoces se traduisent par des actions précoces». Pour l’instant, 2026 est encore derrière 2024 et 2025 dans le classement des années les plus chaudes. Mais cela pourrait changer dans les prochains mois. Selon les estimations citées par plusieurs climatologues, la probabilité que 2026 dépasse 2024 a sensiblement augmenté à mesure que les prévisions concernant El Nino se renforcent. Zeke Hausfather, climatologue à Berkeley Earth, estimait récemment cette probabilité à environ 35%, contre seulement 7% en mars. D’autres scientifiques, dont l’ancien climatologue de la NASA James Hansen, envisagent également désormais la possibilité que 2026 termine légèrement devant 2024.
Le Pacifique se réchauffe et le calendrier climatique se décale
Il faut dire qu’El Nino n’est pas une conséquence du changement climatique. Il s’agit d’un phénomène naturel lié à l’oscillation australe El Nino-La Nina, qui modifie périodiquement la circulation atmosphérique et la répartition de la chaleur dans l’océan Pacifique tropical. Les épisodes apparaissent généralement tous les deux à sept ans et durent entre neuf et douze mois. Mais le réchauffement provoqué par les émissions de gaz à effet de serre a considérablement accru la quantité de chaleur accumulée dans le système climatique. Environ 90% de l’excès de chaleur lié au réchauffement mondial est absorbé par les océans. Lorsque survient un épisode El Nino, une partie de cette énergie peut, selon les spécialistes, être transférée vers l’atmosphère et contribuer à faire grimper rapidement les températures mondiales. C’est ce mécanisme qui inquiète les climatologues. L’Organisation météorologique mondiale (OMM) estimait dès juin à 80% la probabilité que des conditions El Nino s’installent entre juin et août 2026, et à environ 90% ou davantage la probabilité qu’elles se maintiennent jusqu’à au moins novembre. Les modèles envisageaient alors un épisode au minimum modéré, avec une possibilité qu’il devienne fort.
Au printemps, les températures de surface du Pacifique équatorial ont commencé à se rapprocher des seuils d’El Nino. Sous la surface, l’OMM faisait état de températures dépassant de plus de 6°C les moyennes dans certaines zones du Pacifique tropical. Les températures marines mondiales sont elles aussi à des niveaux exceptionnellement élevés.. L’OMM rappelle que les conséquences sur les températures mondiales sont généralement les plus marquées au cours de la deuxième année de développement du phénomène.
Pour l’épisode actuel, cela place donc 2027 au centre des inquiétudes. Le précédent épisode d’El Nino, en 2023-2024, avait déjà contribué à pousser les températures mondiales vers des niveaux sans précédent. L’OMM rappelle qu’il figurait parmi les cinq épisodes les plus intenses jamais observés et qu’il avait joué un rôle dans les records enregistrés en 2024. «Les données scientifiques sont sans équivoque : il y a 90% de chances qu’El Niño arrive à nos portes dans les mois à venir. Nous devons tous accorder à cette situation le degré d’urgence climatique qu’elle représente. Les conditions El Niño jetteront de l’huile sur le feu d’une planète qui se réchauffe. Les impacts seront encore plus forts et ressentis encore plus loin. Ils traverseront les frontières à une vitesse dévastatrice.
La seule réponse efficace est une action climatique à la hauteur de la crise. Il s’agit de mettre fin à la dépendance aux combustibles fossiles, d’accélérer la transition vers les énergies renouvelables, de protéger les plus vulnérables et de mettre en place des systèmes d’alerte précoce pour tous», avait précédemment déclaré le secrétaire général de l’ONU, Antonio Gutteres.
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