Nouvel incident dans le détroit d’Ormuz : Un pétrolier de la compagnie émiratie ADNOC attaqué

Un pétrolier de la compagnie émiratie ADNOC a été visé par un missile iranien dans le détroit d’Ormuz samedi, sans faire de victimes selon les autorités émiraties.
Les Émirats condamnent fermement cette « attaque hostile » comme une violation de la résolution 2817 de l’ONU et un acte de piraterie des Gardiens de la révolution, exigeant l’arrêt immédiat des hostilités.
Reuters rapporte que 15 navires ADNOC ont été attaqués depuis le début du conflit, causant un mort et 20 blessés, sans que les forces américaines ne ripostent cette fois contrairement à juillet.
Téhéran dément toute négociation directe avec Washington, n’évoquant que des messages via intermédiaires, tandis que les pourparlers avec Oman sur de nouvelles routes maritimes progressent mais l’ouverture du détroit reste conditionnelle.
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Nouvel incident dans le détroit d’Ormuz : le samedi 8 août, un pétrolier de la compagnie nationale émiratie Adnoc (acronyme de Abu Dhabi National Oil Company) a été ciblé par une attaque attribuée à l’Iran dans le détroit d’Ormuz, sans faire de victimes. Immédiatement après cet acte de guerre, le ministère émirati des Affaires étrangères a réagi via un communiqué : «Les Emirats arabes unis condamnent fermement l’attaque hostile iranienne, perpétrée à l’aide d’un missile, qui a visé un navire affilié à l’Adnoc alors qu’il transitait par le détroit d’Ormuz», lit-on dans ce communiqué. «Aucun blessé n’a été signalé» lors de cette frappe, rassurent les autorités émiraties. Pour les Emirats arabes unis, «cette attaque constitue une violation flagrante de la résolution 2817 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui réaffirme l’importance de la liberté de navigation et rejette le fait de prendre pour cible des navires commerciaux ou d’entraver les voies maritimes internationales».
«Un acte de piraterie»
Le ministère émirati des Affaires étrangères souligne en outre que «le fait de prendre pour cible la navigation commerciale et d’utiliser le détroit d’Ormuz comme un outil de coercition économique ou de chantage constitue un acte de piraterie de la part du Corps des gardiens de la révolution islamique iranien, et représente une menace directe pour la stabilité de la région, de ses populations et de la sécurité énergétique mondiale». Et d’appeler l’Iran à «mettre fin à ces attaques non provoquées, à s’engager pleinement à cesser immédiatement toutes les hostilités et à rouvrir complètement et sans condition le détroit d’Ormuz afin de préserver la sécurité régionale et d’assurer la stabilité de l’économie et du commerce mondiaux».
Fondé en 1971, Adnoc est le principal groupe énergétique aux Emirats. Selon Reuters, il s’agit de «la compagnie pétrolière d’Etat d’Abou Dhabi» et c’est «l’un des plus grands producteurs d’énergie au monde». Adnoc «exporte du pétrole brut, du gaz naturel et des produits raffinés vers des clients du monde entier». Le vaisseau attaqué est un «navire-citerne» qui a été «pris pour cible par un missile tôt samedi matin», détaille l’agence britannique, ajoutant que «la situation est sous contrôle» à bord du bateau. «Aucun communiqué n’a fourni de détails sur le pétrolier, sa cargaison ou d’éventuels dommages», observe la même source. Reuters reprend au passage une information communiquée par Adnoc qui affirme que «15 de ses navires avaient été attaqués par des missiles et des drones alors qu’ils transitaient par le détroit depuis le début du conflit, dont trois cette semaine, causant la mort d’un membre d’équipage et en blessant 20 autres». Il y a lieu de noter que contrairement aux incidents qui ont émaillé le mois de juillet, cette offensive n’a pas fait l’objet de représailles de la part des forces du Commandement central américain au Moyen-Orient (Centcom). On se souvient qu’à partir du 8 juillet, et pendant 13 jours d’affilée, les forces américaines avaient déclenché quotidiennement des frappes intensives contre plusieurs cibles iraniennes, officiellement pour obliger l’Iran à cesser ses tirs contre les navires marchands transitant par le détroit d’Ormuz et pour «sécuriser le détroit».
«Des messages sont échangés entre l’Iran et les états-Unis»
Et alors que Trump a laissé une nouvelle fois entendre qu’un accord était proche avec l’Iran sur la gestion du corridor maritime stratégique, information confirmée aussi par son secrétaire au Trésor, Scott Bessent, qui a annoncé une reprise imminente des négociations dans une interview sur CNBC, Téhéran continue à démentir ces allégations en se montrant intraitable dans ses exigences. Hier, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a précisé une nouvelle fois qu’«aucune négociation n’est actuellement en cours entre l’Iran et les Etats-Unis», rapporte l’agence Irna, soulignant que «les pourparlers ne pourront reprendre tant que Washington n’aura pas mis fin à ses violations des engagements pris et n’aura pas réparé ces manquements». M. Araghchi a révélé néanmoins que «des messages sont échangés entre l’Iran et les Etats-Unis par l’intermédiaire de pays tiers, mais ce processus ne devrait pas être qualifié de négociations». «Certains pays intermédiaires tentent toujours de créer les conditions propices à la reprise des négociations», a-t-il clarifié.
«De notre point de vue, tant que la partie américaine n’aura pas mis fin à sa violation du mémorandum d’Islamabad et que les Etats-Unis n’auront pas réparé cette violation, il n’y a aucune possibilité de reprise des négociations», a encore martelé le chef de la diplomatie iranienne. Abbas Araghchi a par ailleurs affirmé que «l’Iran et Oman poursuivent leurs discussions en vue de la mise en place de nouveaux accords maritimes dans le détroit d’Ormuz», assurant que «les pourparlers avancent bien et touchent à leur terme».
D’après ses explications relayées par l’agence Irna, «les routes maritimes existantes traversant cette voie navigable stratégique seront remplacées par de nouvelles routes dès qu’un accord sera conclu», ajoutant que «des spécialistes travaillent actuellement sur les cartes correspondantes». «Cela ne signifie pas pour autant l’ouverture du détroit d’Ormuz ; l’accord pourra être conclu, mais l’ouverture du détroit d’Ormuz est subordonnée au respect d’autres conditions, et ces conditions ont été communiquées à la partie américaine par l’intermédiaire de médiateurs», a indiqué M. Araghchi.
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