Économie

Solaire, hydrogène, eau... : les méga-chantiers de l'Algérie à l'horizon 2030

Par Aylan Afir4 min de lecture
Solaire, hydrogène, eau... : les méga-chantiers de l'Algérie à l'horizon 2030
Résumé IA

L'Algérie a présenté sa feuille de route à l'horizon 2030, articulée autour de quatre grands chantiers visant à réduire sa dépendance aux hydrocarbures.

SecteurObjectif 2030
Industrie manufacturière12 % du PIB
Tourisme3 % du PIB
Énergies renouvelables15 000 MW de capacité (horizon 2035)
Dessalement d'eau de mer5 millions de m³/jour
Réutilisation des eaux épurées60 %
Taux d'emploi des femmes25 % (contre 17,8 % en 2024)
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L’Algérie veut accélérer sa transformation économique au cours des prochaines années. Derrière les grands projets déjà engagés, la feuille de route vers 2030 dessine une stratégie beaucoup plus large : développer l’industrie, exploiter davantage le potentiel solaire, préparer la filière de l’hydrogène, sécuriser l’approvisionnement en eau et mieux intégrer les jeunes et les femmes dans l’économie.

Ce sont des objectifs ambitieux qui doivent permettre au pays de réduire progressivement sa dépendance aux hydrocarbures tout en répondant à plusieurs défis structurels.

L'industrie au cœur de la diversification économique

Premier chantier : donner davantage de poids aux secteurs productifs hors hydrocarbures. L’objectif affiché est notamment de porter la contribution de l’industrie manufacturière à 12 % du PIB à l’horizon 2030.

Cette transformation doit passer par plusieurs leviers. La valorisation des ressources minières figure parmi les priorités, tout comme le développement de l’agriculture saharienne irriguée et une meilleure intégration de l’économie algérienne au marché africain, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine.

Le tourisme doit lui aussi prendre davantage de poids dans l’économie, avec une contribution visée de 3 % du PIB. L’enjeu est clair : faire émerger de nouvelles sources de richesse, d’exportations et d’emplois afin de rendre la croissance moins dépendante des recettes pétrolières et gazières.

Solaire et hydrogène pour préparer l'après-pétrole

Le deuxième grand chantier concerne l’énergie. Grâce à son immense potentiel solaire, l’Algérie ambitionne d’accélérer fortement le déploiement des énergies renouvelables. Le programme national prévoit d’atteindre 15'000 MW de capacités renouvelables à l’horizon 2035.

En parallèle, le pays mise sur l’hydrogène renouvelable. Une stratégie nationale dédiée a été adoptée afin de structurer progressivement cette nouvelle filière, avec l’objectif de profiter des ressources solaires du Sahara et de la proximité du marché européen. L’hydrogène pourrait ainsi devenir, à plus long terme, un nouveau relais énergétique et industriel aux côtés des hydrocarbures traditionnels.

Le dessalement devient un chantier stratégique

L’eau constitue l’autre immense défi. Face au stress hydrique, l’Algérie accélère la construction de stations de dessalement et veut porter ses capacités à environ 5 millions de mètres cubes par jour à l’horizon 2030.

La stratégie ne repose toutefois pas uniquement sur la mer. La réutilisation des eaux usées épurées doit également progresser fortement, notamment pour l’agriculture. L’objectif national est d’atteindre 60 % de réutilisation des eaux épurées d’ici 2030, afin de réduire la pression sur les ressources conventionnelles.

Jeunes et femmes au centre du dernier chantier

Enfin, la transformation économique de l'Algérie doit s’accompagner d’une meilleure inclusion dans le marché du travail. Les autorités placent notamment l’emploi, l’entrepreneuriat et l’insertion économique des jeunes parmi les priorités des prochaines années. Même ambition pour les femmes. Leur taux d’emploi, estimé à 17,8 % en 2024, doit atteindre au moins 25 % à l’horizon 2030.

L’objectif est donc autant économique que social : élargir la population active, soutenir la création d’entreprises et faire de ces nouveaux grands chantiers un moteur d’emplois durable.

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