Économie

Algérie : pourquoi les prix des cigarettes flambent malgré les tarifs officiels

Par Mohamed Rahmani4 min de lecture
Algérie : pourquoi les prix des cigarettes flambent malgré les tarifs officiels
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Les prix des cigarettes dépassent les tarifs officiels en Algérie, avec des écarts jusqu'à 130 dinars, poussant le ministère du Commerce à intensifier les contrôles chez les détaillants.

Marlboro, Winston et LD s'affichent bien au-dessus des prix réglementaires, mais les inspections commencent à faire reculer certains tarifs vers les niveaux fixés par l'arrêté interministériel.

Le marché noir représenterait 53 % des ventes et 10 milliards de dinars d'évasion fiscale annuelle, créant une concurrence déloyale et des risques sanitaires par l'absence de contrôles.

La taxe additionnelle est passée de 65 à 75 dinars par paquet dans la Loi de finances 2026, compliquant l'équilibre entre prix réglementés et lutte contre le marché parallèle.

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Les prix des cigarettes continuent de dépasser les tarifs fixés par les autorités en Algérie, avec des écarts pouvant atteindre 130 dinars par paquet pour certaines marques. Face à cette situation, les services du ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché ont intensifié les contrôles auprès des détaillants.

L’augmentation des prix des cigarettes intervient alors qu’un arrêté interministériel publié le 21 juin fixe les tarifs auxquels plusieurs marques doivent être vendues. Sur le terrain, les contrôleurs ont constaté des prix nettement supérieurs à ceux prévus par la réglementation.

Pour Marlboro, par exemple, le prix officiel se situe entre 380 et 420 DA, alors que certains points de vente affichent des tarifs allant de 480 à 550 DA. Pour Winston, le prix réglementaire varie entre 350 et 360 DA, contre jusqu’à 430 DA dans certains commerces.

La marque LD est également concernée. Son prix officiel est compris entre 270 et 290 DA, tandis que le prix constaté peut atteindre 330 DA. Ces écarts alimentent les tensions entre les détaillants et les autorités. Plusieurs commerçants expliquent cette situation par les tarifs pratiqués en amont de la chaîne de distribution, notamment dans le commerce de gros.

Les contrôles commencent à faire baisser certains tarifs

Pour tenter de rétablir les prix prévus par l’arrêté, les brigades de contrôle multiplient les inspections dans les commerces de détail. D’après plusieurs détaillants interrogés à Alger, cette pression commence à produire des effets. Certains prix auraient déjà amorcé un recul vers les niveaux réglementaires. Le mouvement reste encore partiel, mais les commerçants espèrent une stabilisation dans les prochains jours.

Cette intervention vise aussi à limiter les effets d’une hausse excessive sur le marché légal. Lorsque les cigarettes deviennent plus chères dans les circuits officiels, une partie de la demande peut se déplacer vers des réseaux parallèles.

Le marché noir au cœur des inquiétudes

Le développement du marché parallèle constitue l’une des principales préoccupations liées à l’évolution des prix des cigarettes. Selon les chiffres avancés dans le dossier, le marché noir représenterait plus de 53 % du marché global, tandis que l’évasion fiscale serait estimée à plus de 10 milliards de dinars par an.

Les opérateurs légaux dénoncent une concurrence qu’ils jugent déloyale. Les produits issus de la contrebande échappent notamment aux différentes taxes et aux obligations qui s’appliquent aux circuits réglementés.

La question est aussi sanitaire. Les cigarettes vendues clandestinement ne sont pas soumises aux mêmes contrôles que les produits commercialisés légalement, ce qui soulève des interrogations sur leur composition et leur traçabilité.

Une fiscalité qui pèse aussi sur les prix

La pression sur les prix des cigarettes intervient alors que l’État poursuit une politique fiscale visant notamment à réduire la consommation de tabac. Dans le cadre de la Loi de finances 2026, la taxe additionnelle sur les produits tabagiques est passée de 65 à 75 DA par paquet.

L’enjeu pour les autorités consiste désormais à maintenir les prix dans le cadre réglementaire tout en limitant l’essor du marché parallèle. Les contrôles engagés dans les points de vente pourraient contribuer à réduire les écarts, mais leur efficacité dépendra de leur continuité sur l’ensemble de la chaîne de distribution.

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