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Pour accélérer la ligne minière de l’est : 15 616 tonnes d’équipements déchargées au port de Annaba

Par M. F. Gaïdi6 min de lecture
Pour accélérer la ligne minière de l’est : 15 616 tonnes d’équipements déchargées au port de Annaba
Résumé IA

Le port d'Annaba a réceptionné 15 616 tonnes d'équipements — dont 108 camions, deux ponts roulants et 629 poutres métalliques — pour le tronçon Bouchegouf-Dréa de la future ligne ferroviaire minière de l'Est.

Une cargaison précédente, le 15 juin, avait déjà livré 120 engins spécialisés, 7 000 tonnes de structures métalliques et 23 000 tonnes de rails, marquant le passage à une phase de réalisation intensive.

Le chantier ferroviaire, indissociable du calendrier minier, doit permettre d'exporter le phosphate de Bled El Hadba dès mars 2027, en synchronisant mine, usines d'acide phosphorique (prévues fin 2026), réseau ferré et infrastructures portuaires.

L'objectif est de dépasser l'exportation de minerai brut par une transformation locale à plus forte valeur ajoutée, tandis que le port d'Annaba devient plateforme logistique centrale des grands projets industriels de l'Est algérien.

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Le compte à rebours est désormais engagé. A moins de sept mois de l’échéance fixée par le président Tebboune pour le lancement des premières exportations de phosphate de la mine de Bled El Hadba, le chantier de la ligne ferroviaire minière de l’Est connaît une nouvelle accélération.

Le port de Annaba a réceptionné hier 15 616 tonnes de matériels et d’équipements destinés au tronçon Bouchegouf-Dréa, confirmant le rôle déterminant de cette infrastructure dans la mise en place de la future chaîne d’exportation du phosphate algérien. Acheminée à bord du navire chinois XING SHUN 56, la cargaison comprend 108 camions, deux ponts roulants, 629 poutres métalliques de pont et 128 conteneurs de divers équipements techniques. Ces moyens sont destinés à renforcer les capacités des entreprises mobilisées sur les 121 km du tronçon Bouchegouf-Dréa, l’un des segments essentiels de la nouvelle liaison ferroviaire appelée à relier le bassin minier de l’Est aux installations industrielles et portuaires.

Pour l’Entreprise portuaire de Annaba (EPAn), cette livraison doit permettre de renforcer les moyens engagés sur le terrain et d’accélérer la cadence des travaux. Elle intervient surtout dans une séquence où le calendrier ferroviaire ne peut plus être dissocié du calendrier minier : sans capacité de transport suffisante, l’augmentation de la production de phosphate ne peut se traduire par un passage effectif à l’exportation. La nouvelle opération confirme également l’intensification du flux d’équipements à travers le port de Annaba. Le 15 juin, l’infrastructure avait déjà réceptionné une cargaison beaucoup plus importante, comprenant 120 engins et équipements spécialisés, 7000 tonnes de structures métalliques et de poutres de pont ainsi que 23 000 tonnes de rails. La répétition de ces arrivages en l’espace de quelques semaines traduit le passage du projet à une phase de réalisation intensive, avec une mobilisation croissante des moyens nécessaires à la construction des ouvrages d’art, des plateformes et des équipements ferroviaires.

Le rail, maillon critique du projet de phosphate

L’enjeu dépasse toutefois le seul chantier ferroviaire. La ligne minière Est constitue l’un des maillons critiques d’un projet intégré qui doit articuler, dans un même calendrier, la mine de Bled El Hadba, les unités de transformation, le réseau ferroviaire et les installations portuaires de Annaba. C’est précisément cette synchronisation qui déterminera la capacité de l’Algérie à passer de l’extraction du minerai à une véritable chaîne industrielle et exportatrice. Le président Abdelmadjid Tebboune avait fixé mars 2027 comme délai maximal pour le début des exportations de phosphate de Bled El Hadba.

En mai, il avait appelé à mobiliser les moyens nécessaires afin d’accélérer les projets d’accompagnement de l’exploitation, notamment les infrastructures conditionnant le transport, la transformation et l’exportation du minerai. Les secteurs des mines, de l’énergie et des travaux publics sont ainsi engagés dans un effort de coordination destiné à faire progresser les différentes composantes à des rythmes compatibles.

Le calendrier concerne également les unités de transformation. Le projet de production d’acide phosphorique doit progressivement entrer en service entre fin 2026 et début 2027.

Cette articulation doit permettre de dépasser le modèle fondé sur l’exportation du phosphate brut en développant une capacité de transformation locale et, par conséquent, une plus forte valeur ajoutée avant l’accès aux marchés extérieurs.

A cette chaîne industrielle s’ajoutent les infrastructures d’accompagnement de la zone de Bled El Hadba, notamment celles liées à l’approvisionnement en eau industrielle, indispensable au fonctionnement des futures unités de transformation. Le projet prend ainsi la forme d’un vaste système interdépendant dans lequel le retard d’un seul maillon peut affecter l’ensemble du calendrier. Sur le terrain, les entreprises poursuivent parallèlement les travaux de terrassement, la réalisation des ouvrages d’art, la préparation des plateformes ferroviaires et l’installation des équipements techniques. Les visites régulières du ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, Abdelkader Djellaoui, s’inscrivent dans cette logique de suivi rapproché, avec pour objectif d’identifier les contraintes, de renforcer les moyens de réalisation et de maintenir les délais arrêtés.

Pour le port de Annaba, la succession des cargaisons destinées à la ligne minière confirme une évolution de sa fonction dans l’économie nationale. L’infrastructure n’est plus seulement appelée à accompagner les échanges commerciaux traditionnels, mais à servir de point d’appui logistique aux grands projets industriels et miniers de l’Est algérien.

La réception, le traitement et l’acheminement de ces volumes exceptionnels de matériels constituent désormais une composante à part entière de la réalisation des infrastructures ferroviaires. A terme, la ligne minière Est doit assurer l’acheminement à grande capacité du minerai depuis les gisements de Tébessa vers les unités de transformation et le littoral. Sa mise en service permettra de réduire les contraintes logistiques, d’améliorer la compétitivité de la filière et surtout de donner une cohérence physique au projet de phosphate : extraire à Bled El Hadba, transporter par rail, transformer industriellement et exporter depuis Annaba.

Avec mars 2027 comme horizon pour les premières exportations, les prochains mois seront donc décisifs pour transformer cette accumulation de chantiers en une chaîne minière et industrielle opérationnelle.          

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