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Aïssa Menadi, une vie entre les luttes ouvrières et la passion de l’USMAn

Par M. F. Gaïdi4 min de lecture
Aïssa Menadi, une vie entre les luttes ouvrières et la passion de l’USMAn
Résumé IA

Aïssa Menadi, figure emblématique du syndicalisme sidérurgique et ancien président de l'USM Annaba, s'est éteint à l'âge de 70 ans des suites d'une longue maladie.

Secrétaire général du syndicat d'entreprise du complexe sidérurgique d'El Hadjar, il s'est imposé lors du partenariat avec le géant indien Ispat, devenu Mittal Steel puis ArcelorMittal, en défendant les emplois.

Il a ensuite pris les rênes de l'USMAn, menant le club annabi à une accession historique en Division 1 lors de la saison 2006-2007.

Son parcours incarne la double identité d'Annaba, entre cité ouvrière forgée par l'acier et passion footballistique, lui conférant une aura aussi forte dans les ateliers que dans les tribunes.

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Certaines destinées s’élèvent au point de confondre leur empreinte avec l’histoire d’une ville. Celle de Aïssa Menadi est de cette trempe.

Figure incontournable du syndicalisme sidérurgique puis président passionné de l’USM Annaba, il aura navigué entre deux bastions indissociables de l’âme annabie, en l’occurrence les hauts-fourneaux d’El Hadjar et la ferveur de l’USMAn. Il s’est éteint, hier matin, à l’âge de 70 ans, emporté par une longue maladie, laissant derrière lui le souvenir d’un homme qui aura profondément marqué la vie sociale et sportive de toute une région. Bien avant de diriger le club phare de la ville, c’est dans le minerai de fer d’El Hadjar que Menadi forge son autorité. Secrétaire général du syndicat d’entreprise, il devient la voix écoutée, parfois redoutée, de milliers de travailleurs. Son nom reste indissociable du grand tournant des années 2000 avec l’arrivée du géant indien Ispat, devenu Mittal Steel puis ArcelorMittal. Face à ce séisme industriel qui plonge le complexe dans l’angoisse des restructurations, Menadi monte au front. Il multiplie les assemblées passionnées, prend à bras-le-corps les inquiétudes prolétariennes et négocie pied à pied. D’abord réticent, il finit par appuyer le partenariat, convaincu d’y préserver l’essentiel, notamment les emplois et la dignité des salaires. De ce combat, il tire une aura singulière et affirme un tempérament sans concession.

En effet, il s’agit d’un sens inné de la tribune, d’un goût du bras de fer et une capacité polémique assumée, puisque Aïssa Menadi n’a jamais cherché le consensus ; il fédérait autant qu’il divisait. Cette poigne forgée sur le terrain social trouve un prolongement naturel dans le football. En prenant les rênes de l’USMAn, il n’occupe pas un poste, il investit un sanctuaire. Pour Annaba, le club dépasse le cadre du jeu, il est le miroir d’une fierté collective. Menadi y insuffle sa fougue, restructure l’institution et la porte jusqu’à l’apothéose de la saison 2006-2007, couronnée par une accession mémorable en Division 1. Sa présidence fut à son image, sans filtre, volcanique et entière. Il ne gérait pas, il s’imposait, il tranchait, au risque de s’exposer aux vents contraires.

D’El Hadjar aux tribunes du stade, Aïssa Menadi aura incarné la double identité de Annaba dont la cité ouvrière façonnée par l’acier et la ville populaire enfiévrée par le ballon rond. Son parcours, fait d’éclats, de luttes et de passions, confère à sa disparition un écho singulier. Il s’en va en laissant le souvenir d’un homme de terrain, imperméable aux artifices. Dans la mémoire des ateliers comme dans le chant des supporters, son nom demeurera lié à une époque, à un style et à une même exigence… le sens du collectif. M.-F. Gaïdi

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