Ishak Bensalah expose à l’espace culturel Gresley Menswear à Alger : Des Fils de l’histoire au geste pictural

Le peintre Ishak Bensalah présente jusqu'au 30 août à l'espace Gresley Menswear d'Alger son exposition «Du fil au pinceau», explorant le patrimoine algérien à travers fantasias, paysages kabyles et portraits historiques.
Son œuvre allie la rigueur du dessin structuré à la liberté du geste pictural, utilisant l'ocre, l'argile, le bleu et le vert pour immortaliser l'identité culturelle et la mémoire collective.
Né en 1988 à Bou Saâda, diplômé des Beaux-Arts de Sétif, lauréat du prix Ali Maâchi 2021 et du concours Jeune artiste peintre, Bensalah s'impose comme figure majeure de la scène plastique algérienne.
Publié par
El Watan
Publié le
Article Original
Contenu complet de la source
A travers sa récente exposition, Ishak Bensalah met en valeur le mouvement du pinceau et sa quête culturelle.
Par Nacima Chabani
L’artiste peintre et plasticien Ishak Bensalah expose sa sixième collection de peinture intitulée «Du fil au pinceau», à l’espace culturel Gresley Menswear à Alger, et ce, jusqu’au 30 août. Ishak Bensalah est un jeune artiste qui est réputé pour son engagement pour le patrimoine national.
En effet, l’ensemble de ses œuvres brosse avec justesse et rigueur quelques pans de l’identité nationale. Sous le titre éloquent «Du fil au pinceau», l’exposition explore la transition subtile entre la texture de la matière et la précision de la touche à l’huile. Pour Bensalah, le fil représenté par le dessin et la fibre s’associent au pinceau à travers la couleur et le geste. Le fil reste le fondement technique et mémoriel qui trace la trame géométrique de la toile. Quant au pinceau, il incarne un geste physique et émotionnel qui donne vie et volume à cette base. L’artiste pose un regard d’un réalisme saisissant sur le patrimoine matériel et immatériel de l’Algérie. De ce fait, il transporte le potentiel intéressé à une immersion totale, au croisement de la mémoire et de l’esthétique.
Le plasticien inscrit sa démarche au cœur de la sauvegarde du patrimoine et de la mémoire collective algérienne. A travers des toiles d’un réalisme saisissant, son œuvre immortalise la richesse culturelle et la diversité des territoires du pays, dépeignant aussi bien le mouvement vibrant des fantasias traditionnelles que la sérénité des paysages ruraux de Kabylie.
En voyageant des hauteurs de Santa Cruz à Oran jusqu’aux portraits authentiques de citoyens ordinaires, chaque tableau capture une facette essentielle de l’identité national. Pour cet artiste, la trame structurée du fil et le mouvement libre du pinceau dépassent la technique pure. Ensemble, ils forment le canal d’une sensibilité profonde qui immortalise l’identité culturelle et réveille la mémoire collective. Ses choix de couleurs s’articulent autour de teintes symboliques : l’ocre et la couleur argile évoquent la terre et l’architecture traditionnelle algérienne, tandis que le bleu et le vert insufflent la fraîcheur des paysages kabyles et marins.
A travers des touches vibrantes et des couleurs vives, l’artiste capture toute l’énergie et la fougue de ses fantasias. L’intensité des couleurs répond à la finesse des tons chair, une alliance qui insuffle aux visages un réalisme frappant. Ainsi, chaque toile vibre ainsi entre la ferveur des mouvements d’ensemble et la vérité intérieure des visages, témoignant de la justesse de son regard.
L’exposition dévoile une représentation magistrale de la figure historique de L’Émir Abdelkader, incarnée avec fierté en burnous blanc, saisie en selle ou installée sur un fauteuil. Ce portrait d’une grande dignité dialogue avec sa célèbre série des «Fantasias», un ensemble de moyens et grands formats capturant la ferveur et le mouvement des traditions équestres. En contrepoint, ses paysages ruraux et urbains immortalisent avec nostalgie des réminiscences de Santa Cruz à Oran ainsi que des chroniques intimes de la vie quotidienne au cœur des villages de Kabylie. On l’aura compris. : L’approche picturale de Bensalah repose sur une vision philosophique et mémorielle de l’art, où l’acte de peindre devient, indéniablement, une mission de transmission historique. L’artiste excelle, aussi, dans l’art de faire jaillir la lumière de l’ombre, une maîtrise technique qui évoque l’héritage des grands maîtres du clair-obscur.
Ce jeu de contrastes profonds confère à ses toiles une dimension théâtrale et une solennité saisissante. Pour rappel, Bensalah est né 1988 à Bou Saâda. Il a effectué ses études supérieures à l’École régionale des beaux-arts de Sétif, où il s’est initialement spécialisé en sculpture. Lauréat en 2021 du troisième prix ex-æquo du prestigieux Prix Ali Maâchi (Prix du président de la République pour les jeunes créateurs) avec sa toile «La Reine de la terre», Ishak Bensalah, qui s’impose comme une figure incontournable de la jeune scène plastique algérienne, a décroché le premier prix de la 9e édition du concours «Jeune artiste peintre» avec son tableau marquant intitulé «Espérance».
Posez votre question à la rédaction
Votre question…
Prénom ou pseudo *
Adresse e-mail * Votre e-mail ne sera pas publié.
Votre question * 0/1000
Envoyer Annuler