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Les sans-papiers en Europe bientôt expulsés vers le Rwanda ?

Par Mohamed Rahmani4 min de lecture
Les sans-papiers en Europe bientôt expulsés vers le Rwanda ?
Résumé IA

Le Rwanda confirme des discussions préliminaires avec plusieurs pays européens pour accueillir en transit des migrants expulsés d'Europe, sans qu'aucun accord ne soit encore conclu.

Le centre de Gashora, utilisé depuis 2019 pour évacuer des réfugiés de Libye avec le HCR, servirait de modèle pour ce dispositif incluant soins et formations.

Cette initiative s'inscrit dans la nouvelle politique européenne de retour autorisant des accords avec des pays tiers, plusieurs États dont l'Allemagne et les Pays-Bas manifestant leur intérêt.

Le projet reste incertain sans calendrier ni partenaire officiel, rappelant l'échec de l'accord similaire conclu en 2022 avec le Royaume-Uni.

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Le Rwanda discute avec plusieurs pays européens d’un possible dispositif permettant d’accueillir en transit des migrants expulsés d’Europe. À ce stade, aucune décision n’a été prise et Kigali n’a pas précisé quels États participent aux discussions.

Le gouvernement rwandais a confirmé l’existence de discussions préliminaires avec certains pays européens. Cependant, Yolande Makolo, porte-parole du gouvernement, a indiqué le 7 août qu’aucun accord n’avait encore été conclu.

Ces échanges interviennent alors que plusieurs pays européens cherchent de nouvelles solutions pour organiser le retour des migrants déboutés du droit d’asile. Le Rwanda pourrait notamment mettre à disposition son centre de transit de Gashora, situé près de Kigali. Le pays dispose déjà d’une expérience dans l’accueil temporaire de personnes évacuées de Libye.

Le centre de Gashora au cœur du projet

Depuis 2019, le Rwanda participe au Mécanisme de transit d’urgence (ETM) mis en place avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Le dispositif permet d’évacuer des personnes considérées comme vulnérables depuis les centres de détention en Libye. Elles sont ensuite transférées vers le centre de Gashora, où leur situation est examinée avant une éventuelle réinstallation dans un autre pays.

Selon Yolande Makolo, ce modèle pourrait servir de référence dans les discussions avec les États européens. Les personnes accueillies pourraient notamment bénéficier de soins médicaux et de formations pendant leur séjour. La porte-parole rwandaise a également évoqué la possibilité pour ces migrants de retourner dans leur pays d’origine lorsque les conditions de sécurité le permettent, ou d’être réinstallés dans un autre État.

Les sans-papiers en Europe au centre des nouvelles politiques de retour

La question des sans-papiers en Europe s’inscrit dans une réforme plus large de la politique migratoire européenne. En juin dernier, le Parlement européen a approuvé de nouvelles règles concernant le retour des personnes déboutées du droit d’asile. Le texte ouvre notamment la possibilité pour les États membres de conclure des accords avec des pays tiers afin d'établir des dispositifs de retour ou de transit en dehors du territoire de l’Union européenne.

Plusieurs pays, dont le Danemark, l’Autriche, la Grèce, l’Allemagne et les Pays-Bas, ont déjà manifesté leur intérêt pour ce type de mécanisme. Une dizaine de pays partenaires seraient étudiés, parmi lesquels figure le Rwanda, situé en Afrique.

Un projet qui reste encore incertain

Le Rwanda avait déjà été associé à une politique similaire avec le Royaume-Uni. Un accord conclu en 2022 prévoyait le transfert de demandeurs d’asile vers le pays africain. Le projet a fait face à de nombreuses contestations judiciaires avant d’être abandonné par le gouvernement britannique.

Pour les sans-papiers en Europe, un éventuel dispositif avec le Rwanda pourrait donc marquer une nouvelle étape dans la politique européenne d’externalisation des procédures migratoires. Pour l’heure, Kigali insiste sur le caractère préliminaire des échanges. Aucun calendrier de mise en œuvre n’a été annoncé et aucun pays européen n’a officiellement été désigné comme partenaire dans ce projet.

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