Un responsable de l’OMM a écarté tout lien avec le phénomène El Nino : Alerte sur des vagues de chaleur plus fréquentes et plus longues

L'Organisation météorologique mondiale (OMM) alerte sur une multiplication des vagues de chaleur extrêmes, plus fréquentes, intenses, longues et étendues, touchant actuellement l'Europe et la Méditerranée.
Le responsable climatique John Kennedy attribue ce phénomène au réchauffement climatique combiné à des systèmes persistants de haute pression qui piègent l'air chaud, écartant tout lien avec El Niño dont les conditions sont neutres dans le Pacifique.
Les vagues de chaleur marines en Méditerranée, l'assèchement des sols et l'accumulation record d'énergie dans le système terrestre depuis 2025 amplifient ces températures records, les onze années les plus chaudes ayant toutes été enregistrées entre 2015 et 2025.
Face à cette urgence climatique, l'OMM insiste sur le déploiement urgent de systèmes d'alerte précoce pour protéger les populations les plus vulnérables.
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La Méditerranée traverse une nouvelle vague de chaleur extrême. l’Organisation météorologique mondiale (OMM) fait observer que ces vagues de chaleur deviennent plus fréquentes, plus intenses, plus longues et touchent des territoires de plus en plus vastes.
«Les vagues de chaleur extrêmes sont de plus en plus fréquentes, plus intenses, durent plus longtemps et couvrent des zones beaucoup plus vastes que dans les climats plus frais du passé», a déclaré hier à Genève John Kennedy, responsable de l’information climatique à l’OMM. Le fait est que lorsque la chaleur s’installe pendant plusieurs jours, se propage à de larges régions et se répète d’une année à l’autre, elle devient le symptôme d’un changement du fonctionnement du système climatique.
Selon John Kennedy, la vague de chaleur qui touche actuellement l’Europe, continent qui se réchauffe le plus rapidement au monde, selon lui, résulte principalement de l’interaction entre le réchauffement climatique et un schéma persistant de systèmes de haute pression dans l’hémisphère Nord. Ces systèmes emprisonnent l’air chaud, réduisent la couverture nuageuse et empêchent l’arrivée d’air plus frais, favorisant ainsi une accumulation de chaleur sur de vastes régions pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Le responsable de l’OMM a écarté, par ailleurs, un lien avec le phénomène El Nino, les conditions dans le Pacifique tropical étant actuellement neutres.
Une planète qui accumule de plus en plus de chaleur
A en croire les spécialistes, les vagues de chaleur marines en Méditerranée et dans les eaux à l’ouest de l’Europe apportent une chaleur supplémentaire aux systèmes de haute pression, tandis que l’assèchement des sols favorise une hausse plus rapide des températures. «Beaucoup de ces facteurs se conjuguent pour nous donner les chaleurs record que nous observons cette année», a conclu M. Kennedy dans une déclaration reprise par l’agence APS.
D’ores et déjà, dans un rapport publié par l’OMM le 23 mars 2026, l’Organisation estimait que la quantité de chaleur accumulée dans le système terrestre a atteint un niveau record en 2025. «Le climat mondial est en état d’urgence. La Terre est poussée au-delà de ses limites. Tous les indicateurs climatiques clés sont dans le rouge», avait alors alerté le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. «Le fait que l’énergie entrante soit supérieure à l’énergie sortante signifie que l’énergie s’accumule dans le système terrestre», expliquait John Kennedy.
Au cours des deux dernières décennies, les océans ont ainsi absorbé chaque année une quantité de chaleur équivalente à environ 18 fois la consommation énergétique mondiale. Le rapport de l’OMM fait, par ailleurs, état d’une chaleur océanique record, tandis que les calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique continuent de perdre de la masse.
La banquise arctique demeure, elle aussi, à des niveaux parmi les plus faibles jamais observés. Aujourd’hui, plus de trois milliards de personnes dépendent directement des ressources marines et côtières. Environ 11% de la population mondiale vit dans des zones côtières de faible altitude, particulièrement exposées à l’élévation du niveau des mers. Aussi, le caractère exceptionnel de la situation apparaît clairement. «Entre 2015 et 2025, nous avons connu les 11 années les plus chaudes jamais enregistrées», a indiqué Ko Barrett, secrétaire exécutive adjointe de l’OMM.
Face à cette multiplication d’événements extrêmes, l’OMM insiste sur l’importance des systèmes d’alerte précoce. Et le rapport de souligner : «Les conclusions du rapport incitent à redoubler d’efforts pour mettre les prévisions et les alertes précoces (…) entre les mains de ceux qui peuvent protéger les vies et les moyens de subsistance.»
Amel Blidi
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