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Rugby à Sétif : Quand les prairies de l’oued Bousselam servaient de terrain

Par Salim Oussaci5 min de lecture
Brifa
Résumé IA

Abbès Ayachi, 84 ans, témoigne de l'existence d'une équipe amateur de rugby à Sétif dans les années 1970, composée principalement d'enseignants français et s'entraînant près de l'oued Bousselam.

L'équipe disputait des matchs amicaux contre le MO Constantine et effectua un voyage marquant à Montpellier en 1974, organisé par le professeur français M. Bourdillon.

Ce récit révèle une page oubliée du sport sétifien, prouvant que la ville a pratiqué bien d'autres disciplines que le football ou le handball actuels.

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L’ancien joueur Abbès Ayachi raconte une page méconnue du sport sétifien. Sétif est connue pour ses terres agricoles fertiles, ses reliefs montagneux et ses sources thermales qui ont façonné, au fil des décennies, l’identité de la région. Mais la capitale des Hauts-Plateaux a également cultivé une autre richesse : celle du sport.

Des disciplines collectives et individuelles y ont, de longue date, trouvé leur place et leurs adeptes. Certaines ont même laissé une empreinte durable dans la mémoire locale. D’autres, en revanche, sont demeurées dans l’ombre. C’est le cas du rugby. Oui, du rugby ! Un sport collectif dont la pratique à Sétif, dans les années 1970, est aujourd’hui largement méconnue, mais dont l’existence nous est rappelée par un ancien joueur, Abbès Ayachi, aujourd’hui âgé de 84 ans. Selon son témoignage, une équipe amateur de rugby évoluait alors à Sétif, essentiellement composée d’enseignants, dont une majorité de professeurs français affectés dans la région dans le cadre de la coopération technique. Les entraînements avaient lieu du côté de l’oued Bousselam, à la sortie ouest de la ville, en direction d’Alger. A cette époque, le secteur était constitué de vastes prairies verdoyantes qui offraient un espace naturel particulièrement adapté à la pratique de cette discipline. Abbès Ayachi, né à Sétif le 2 décembre 1942, fut lui-même l’un des membres de cette formation. Sétifien de naissance, il effectua sa scolarité dans sa ville natale, notamment à l’école Pegin, aujourd’hui baptisée du nom du chahid Abdelouahab Khebaba, puis au CNET garçons. Il poursuivit ensuite sa formation à El Harrach, à l’Ecole normale technique, où il se spécialisa en physique, avant de revenir à Sétif. Il deviendra par la suite inspecteur de l’enseignement moyen dans sa spécialité. En retraite depuis des années. Mais c’est surtout en sa qualité d’ancien rugbyman que son témoignage nous intéresse aujourd’hui. Il se souvient notamment de son coéquipier et solide défenseur Allouache et d’une équipe dirigée par un professeur français de langue française, M. Bourdillon, qui enseignait au lycée Mohamed-Kerouani, anciennement lycée Eugène-Albertini. Ce dernier aurait également joué un rôle important dans l’organisation de la formation et dans les relations avec d’autres équipes.

Des échanges avec le MO Constantine

Cette équipe sétifienne ne se contentait pas de s’entraîner. Elle disputait également des rencontres amicales. Le principal adversaire régional dont se souvient Abbès Ayachi était le MO Constantine. Des confrontations étaient organisées en aller-retour entre les deux formations, donnant ainsi à ces passionnés de rugby l’occasion de se mesurer dans un cadre sportif et convivial. Mais l’épisode le plus marquant demeure sans doute celui de 1974. Cette année-là, selon le témoignage de l’ancien joueur attaquant sétifien, l’équipe reçut une invitation de Montpellier et se déplaça en France pour y disputer une rencontre face à une formation locale. Un déplacement qui, pour une équipe amateur constituée essentiellement d’enseignants, devait revêtir un caractère aussi sportif qu’exceptionnel. M. Bourdillon aurait, à cette occasion, pris en charge les démarches nécessaires à l’organisation du voyage.

Une page oubliée du sport sétifien

Le témoignage de Abbès Ayachi constitue une précieuse contribution à la mémoire sportive de Sétif. Il rappelle surtout que la pratique sportive dans la capitale des Hauts-Plateaux ne s’est jamais limitée aux disciplines aujourd’hui les plus populaires. Football, athlétisme, handball, basket-ball, volley-ball, sports de combat, sports individuels… et même rugby : Sétif fut, hier comme aujourd’hui, une terre de sport. Et si les prairies de l’oued Bousselam pouvaient parler, elles raconteraient peut-être encore les entraînements et les mêlées d’une poignée de passionnés qui, dans les années 1970, avaient choisi de faire vivre à Sétif un sport aussi exigeant qu’inhabituel. 

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