Culture

Exposition de peinture de l’artiste Fatma Zohra Boudekhana à la galerie Aïcha Haddad : L’espace vibrant du vide et de la couleur

Par Amnay Idir5 min de lecture
Exposition de peinture de l’artiste Fatma Zohra Boudekhana à la galerie Aïcha Haddad : L’espace vibrant du vide et de la couleur
Résumé IA

L'artiste Fatma Zohra Boudekhana expose ses aquarelles abstraites et surréalistes à la galerie Aïcha Haddad d'Alger jusqu'au 17 août.

Ses œuvres sans titre mêlent aquarelle, collage et touches métalliques pour créer un espace où couleur, forme et vide interagissent en une alchimie onirique.

L'artiste intègre des notes de musique déformées qui fusionnent avec les pigments, visant une dimension thérapeutique par la vibration chromatique.

Le lyrisme de ses compositions transforme le blanc en entité graphique active, offrant au regard une interprétation libre dans un champ intemporel.

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A travers ses aquarelles, l’artiste efface tout réalisme pour faire vibrer la forme, la couleur et le vide. Ces éléments interagissent dans une espèce d’alchimie surréaliste et abstraite où la couleur déploie son énergie par le mouvement.

Depuis le 6 août, se tient à la galerie Aïcha Haddad à Alger-Centre une exposition de peinture. Etendue jusqu’au 17 du mois en cours, cette présentation picturale consiste en des compositions exécutées avec les techniques mixtes d’aquarelles intégrant entre autres du collage et de la teinte métallique. Les exécutions ne portent pas de titre.
Les peintures relèvent d’un mélange d’abstrait et de surréalisme. Cette approche hybride crée un espace pictural unique où l’absence de sujet réel dégage l’expression pure de l’inconscient et du rêve. En refusant toute figuration, l’artiste transforme le vide en une matière active, un espace de résonance et d’expression onirique et musicale. Le regard circule librement. Sans aucun repère réaliste, l’espace devient une extension de l’esprit de l’artiste et offre ainsi au regard une interprétation libre du champ de vision dans sa dimension onirique et intemporelle. La forme, la couleur et le vide interagissent pour former un écosystème dynamique : le vide attire et régule la couleur ; la couleur matérialise et donne du relief au vide ; la forme incarne l’impact visible, de cette osmose énergétique. Elle est le résultat d’une interaction. Dans son état biomorphique (cellule) elle émerge grâce à la friction entre la couleur et la résistance du vide. Aussi, les formes abstraites et les éclats dorés en se regroupant, laissent de vastes zones de vide tout autour. D’où cette métamorphose visuelle et sonore en perpétuel mouvement.
Placé à côté d›une couleur sombre ou d›une touche dorée, le vide blanc augmente la vibration par contraste simultané. Il est une entité graphique à part entière qui traverse, découpe et segmente les masses colorées.
La fluidité naturelle de l’eau permet le mouvement des pigments et leur libre fusion. Les couleurs avec leurs nuances vibrent pour elles-mêmes. Elles n’imitent rien, mais suggèrent des énergies en mouvement, des textures cosmiques.

Lyrisme

Le dynamisme des compositions repose pour une grande part sur les rapports entre les teintes. Le bleu n’évoque ni le ciel ni la mer. Il interprète l’espace absolu et le vide. L’introduction de transparences blanches ou de touches dorées crée des contrastes et des ruptures lumineuses qui sont source d’énergie. L’utilisation des lavis successifs crée des effets de profondeur et de lumière. La couleur ne sert plus à habiller des formes, elle devient la forme elle-même et construit une atmosphère propre au rêve.
L’artiste intègre en une partie de ces peintures des notes de musique. Celles-ci subissent des distorsions, s’étirent en filaments ou en cellules vivantes et fusionnent avec les mouvements de l’eau pour devenir une forme organique. Elles ne représentent pas des qualités de son mais une vibration chromatique. En certaines exécutions, elles flottent dans l’espace abstrait évoquant des micro-organismes dans des espaces vides ou transparents qui agissent comme des pauses.
Les formes sont produites de la rencontre entre le geste, l’eau et la couleur. Elles ressemblent à des taches, des filaments, des halos, des structures cellulaires ou des sédimentations marines avec des contours restent souples. L’alternance entre les formes colorées et les vides blancs donne à la composition du mouvement. Le tracé n’enferme pas la forme : il est un vecteur d’énergie et structure le vide. Comme il donne une direction à la couleur, une forme au vide et du rythme à l’espace.
« En mêlant la musique et la couleur, j’ai essayé de donner une dimension thérapeutique à mes aquarelles. Car, nous avons tous besoin de thérapie. La couleur, les formes tirées du monde imaginaire ou virtuel et la musique évoquent une atmosphère surréaliste et onirique », explique l’artiste rencontrée sur les lieux de l’exposition.
Ainsi, le lyrisme devient une quête de sérénité pour opérer une transformation intérieure. En associant l’onirisme surréaliste à la liberté de l’abstrait, l’artiste crée des zones de vide et des transparences chromatiques où les notes de musique agissent comme des métaphores visuelles.A. I.

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