Un Algérien de 17 ans mort après une course-poursuite à Toulouse

Un Algérien de 17 ans, Anis, est décédé à l'hôpital de Toulouse après une course-poursuite policière déclenchée par un refus d'obtempérer à un contrôle routier.
Le parquet a ouvert deux enquêtes distinctes : l'une sur les causes de la mort, l'autre pour refus d'obtempérer aggravé par mise en danger d'autrui et violences sur dépositaires de l'autorité.
Mineur isolé sans antécédents, Anis a été identifié tardivement par sa famille en Algérie, qui réclame la vérité pendant que l'autopsie doit éclaircir les circonstances médicales du décès.
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Un Algérien de 17 ans est mort à Toulouse après une course-poursuite avec plusieurs véhicules de la police nationale. Deux enquêtes ont été ouvertes afin de déterminer les circonstances de sa mort et les faits liés au refus d'obtempérer.
Il s'appelait Anis et avait 17 ans. Il est mort vendredi soir à l'hôpital de Toulouse, quelques heures après une course-poursuite avec la police. Tout a commencé dans la nuit du jeudi 6 au vendredi 7 août : le jeune homme roulait en scooter lorsqu'il aurait refusé de s'arrêter à un contrôle routier.
Plusieurs véhicules de la police nationale se sont alors lancés à sa poursuite, selon les informations transmises par le procureur de la République de Toulouse, David Charmatz, à l'AFP. Pris en charge après les faits, Anis a été transporté à l'hôpital, où il est décédé le lendemain soir.
Deux enquêtes, deux volets
Le parquet de Toulouse a ouvert deux procédures distinctes. La première vise à établir les causes de la mort. La seconde porte sur le refus d'obtempérer, qualifié d'aggravé par la mise en danger d'autrui et par des violences volontaires sur des dépositaires de l'autorité publique.
Les deux dossiers ont été confiés à la division de la criminalité territoriale, chargée de reconstituer précisément le fil des événements, du contrôle routier jusqu'à la prise en charge du jeune homme. Pour l'instant, aucune responsabilité n'a été établie publiquement dans les circonstances du décès. C'est justement ce que les investigations doivent tenter d'éclaircir.
Un mineur isolé, sans famille immédiate en France
Selon le procureur de Toulouse, le jeune Anis était un mineur étranger isolé, sans antécédent judiciaire. Son avocat, Joris Morer, a précisé qu'il avait des oncles et tantes vivant en France, tandis que le reste de sa famille se trouvait en Algérie.
L'avocat a raconté à l'AFP les circonstances glaçantes dans lesquelles les proches ont appris la nouvelle : sachant seulement qu'Anis avait été placé en garde à vue, ils pensaient qu'il allait être relâché ou déféré. Après presque 24 heures sans nouvelles, ils ont reçu un appel d'un policier leur annonçant qu'il était mort la veille. Selon Me Morer, la famille souhaite désormais que toute la lumière soit faite sur les conditions de ce décès, et envisage de porter plainte.
Les résultats de l'autopsie sont maintenant attendus pour déterminer les causes médicales du décès. Ils seront confrontés aux éléments recueillis par les enquêteurs sur le déroulement de la course-poursuite. Le dossier reste donc scindé en deux volets - les circonstances de la mort d'un côté, les faits reprochés avant la poursuite de l'autre - que les investigations devront tenter de relier.