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Un nouveau rapport de l’OIT alerte sur un accès au travail de plus en plus difficile : Le chômage des jeunes en hausse dans le monde

Par Nadjia Bouaricha7 min de lecture
Un nouveau rapport de l’OIT alerte sur un accès au travail de plus en plus difficile : Le chômage des jeunes en hausse dans le monde
Résumé IA

L'OIT alerte sur une hausse du chômage des jeunes à 12,4% mondialement en 2025, tandis que l'OIM signale une mortalité record sur les routes migratoires malgré moins d'arrivées.

Chômage des jeunes (2025)

RégionTauxPopulation concernée
Monde (15-24 ans)12,4%67 millions
Pays arabes26,2%
Afrique du Nord22,6%
Europe N/S/O15%29 pays en dégradation
Amérique du Nord9,8%+1,5 pt vs 2023
NEET (monde)20%257 millions
Emploi informel (pays pauvres)~90%Jeunes 15-29 ans

Migrations (janv-avr 2026)

RouteDécèsArrivéesTendance
Méditerranée centrale244+259% décès
Méditerranée occidentale (Espagne)5 647+66%
Corne de l'Afrique → Yémen70 200+9%
Darién (Panama)135Quasi arrêt
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Un nouveau rapport de l’Organisation internationale du travail alerte sur une progression du taux de chômage des jeunes dans le monde, alors que l’accès à un travail décent est de plus en plus difficile.

La raison de cette situation tient au «ralentissement de la croissance, à la faiblesse des créations d’emplois, aux tensions géopolitiques et aux transformations technologiques fragilisant les perspectives d’une génération qui peine à entrer durablement sur le marché du travail», indique le même rapport. L’OIT précise, dans son analyse intitulée «Tendances mondiales de l’emploi des jeunes 2026 : retours vers le futur », que le taux de chômage mondial des jeunes de 15 à 24 ans a atteint 12,4% en 2025, ce qui représente quelque 67 millions de jeunes sans emploi, tandis que la proportion de jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation (NEET) a légèrement progressé, à 20%, représentant plus de 257 millions de personnes.

Si les hausses les plus marquées ont été enregistrées dans les économies à revenu élevé, le chômage des jeunes est en progression entre 2023 et 2025, dans huit des onze sous-régions du monde. En Amérique du Nord, le taux de chômage, indique la même source, est passé de 8,3% en 2023 à 9,8% en 2025. En Europe du Nord, du Sud et de l’Ouest, le chômage des jeunes a même atteint 15% en 2025, avec 29 pays de cette sous-région enregistrant une dégradation des perspectives d’emploi pour les jeunes.

Le constat de l’OIT porte sur un recul de nombreux emplois de qualification intermédiaire, qui constituaient traditionnellement une première porte d’entrée dans la vie professionnelle. «Les emplois de bureau et administratifs, les métiers des services et de la vente, certains emplois manufacturiers et plusieurs professions techniques sont en diminution», souligne le rapport en avertissant que cette évolution risque de compliquer l’accès des jeunes à des emplois stables et à des carrières offrant de véritables perspectives d’évolution.

Concernant les pays en développement, le problème est différent puisque l’informel masque souvent l’absence d’emploi. «Il s’agit avant tout de créer suffisamment d’emplois décents pour une population jeune en forte croissance. Les faibles taux de chômage y masquent souvent une réalité plus précaire. Faute de pouvoir rester sans emploi, de nombreux jeunes se tournent vers l’économie informelle, où les revenus sont moins stables et la protection sociale limitée.» Dans ces économies, les statistiques de l’OIT relèvent que «près de neuf jeunes travailleurs sur dix âgés de 15 à 29 ans dans les pays à faible revenu et les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure occupent un emploi informel».

Les taux de chômage des jeunes les plus élevés au monde sont enregistrés dans les pays arabes et l’Afrique du Nord, avec respectivement 26,2% dans les pays arabes et 22,6% en Afrique du Nord. En Afrique subsaharienne la pression démographique continue de peser sur ces économies alors que le nombre d’emplois décents disponibles est insuffisant.

Le rapport de l’OIT évoque également l’impact de la progression rapide de l’intelligence artificielle sur l’emploi. Constatant une nouvelle source d’incertitude, l’OIT relève que «6,1% des emplois occupés par les jeunes de 15 à 29 ans se trouvent dans des professions fortement exposées aux transformations liées à l’IA».

L’OIT constate une diminution de nombreux emplois administratifs et de bureau, alors que la demande progresse dans certaines professions techniques et hautement qualifiées, notamment dans les sciences, la santé et l’ingénierie. «Si son impact direct sur l’emploi reste incertain, nous ne devons ni faire preuve de complaisance ni sous-estimer les risques», souligne Sukti Dasgupta, directrice du Département de l’emploi, des compétences et des entreprises durables de l’OIT.

Tout en plaidant pour une meilleure protection sociale, le respect des droits au travail, l’OIT appelle à investir davantage dans l’éducation, la formation professionnelle, l’apprentissage tout au long de la vie et les services publics de l’emploi, pour permettre aux jeunes de s’adapter aux mutations du marché du travail. Nadjia Bouaricha

Migrations : les routes migratoires deviennent plus meurtrières en 2026

Le nombre de migrants morts ou disparus sur plusieurs routes d’exil a fortement augmenté au cours des quatre premiers mois de l’année 2026, malgré une baisse des arrivées irrégulières, selon de nouvelles données publiées hier par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). A titre d’exemple, sur la route de la Méditerranée vers l’Europe, 244 personnes ont perdu la vie, soit une hausse de 259% par rapport à la même période de 2025, tandis que de nombreux décès ont été liés à des traversées maritimes au large de la Crète. L’OIM indique que les conditions météorologiques extrêmes, les conflits, les pressions économiques et l’évolution des politiques migratoires ont contribué à modifier les itinéraires et les dynamiques de mobilité. Ugochi Daniels, directrice générale adjointe de l’OIM, a averti que «moins d’arrivées ne signifie pas des trajets plus sûrs», appelant à une responsabilité partagée pour sauver des vies sur terre et en mer. Toutes les routes n’ont toutefois pas enregistré une diminution : les arrivées en Espagne par la Méditerranée occidentale ont augmenté de 66%, à 5647, tandis que les arrivées au Yémen par la route orientale de la Corne de l’Afrique ont progressé de 9%, à 70 200. En revanche, les mouvements vers le nord à travers le Darién, au Panama, ont presque cessé, avec seulement 135 passages recensés. L’Organisation rappelle, par ailleurs, que près «de la moitié des 304 millions de migrants internationaux vivent au sein de leur propre région». R. I.

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