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L’épidémie a déjà causé plus de 2000 victimes : La RDC affronte une nouvelle épidémie d’Ebola

Par Amel Blidi5 min de lecture
Brifa
Résumé IA

La RDC fait face à sa 17e épidémie d'Ebola, la plus meurtrière de son histoire avec plus de 2000 morts et 4449 cas confirmés au 12 août.

Provoquée par la souche rare Bundibugyo sans vaccin homologué, elle se propage plus vite que les précédentes dans l'Est conflictuel aux infrastructures sanitaires défaillantes.

La riposte est jugée lente et mal coordonnée, 70% des décès survenant hors structures de santé selon l'OMS, le codécouvreur du virus dénonçant un dysfonctionnement interne.

Les États-Unis débloquent 242 millions de dollars supplémentaires tandis que 500 000 doses du vaccin Ervebo sont stockées pour un éventuel essai clinique contre cette souche.

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El Watan

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La République démocratique du Congo affronte sa 17e épidémie d’Ebola. D’ores et déjà, celle-ci est considérée comme la plus importante de son histoire et susceptible de «devenir la plus grande jamais enregistrée dans le monde», selon Sania Nishtar, directrice de l’Alliance mondiale pour les vaccins et l’immunisation (en anglais : Global Alliance for Vaccines and Immunization – Gavi).

Plus de 2000 personnes sont mortes d’Ebola en République démocratique du Congo depuis le début de la nouvelle flambée du virus. Au 12 août, 4449 cas ont été confirmés et 2061 décès enregistrés. Quelque 716 patients se trouvent actuellement en isolement ou hospitalisés, tandis que 886 personnes ont été déclarées guéries. Alors que la flambée continue de progresser, les autorités congolaises reconnaissent qu’elle n’a pas encore atteint son pic. Cette flambée avait été officiellement déclarée le 15 mai, mais l’épidémie avait en réalité commencé bien avant. Des cas avaient notamment été attribués à d’autres maladies, ce qui a retardé l’identification de la circulation du virus. L’OMS a depuis relevé que ce retard dans la reconnaissance de l’épidémie avait contribué à laisser s’installer une transmission plus importante que ne le laissaient penser les premiers chiffres. Or, dans ce genre de situation, plus un malade reste sans être identifié, plus le nombre de personnes ayant pu être exposées augmente. Les 4449 cas confirmés ne représenteraient donc que les cas qui ont pu être identifiés, testés et confirmés. Partie de la province de l’Ituri (Nord-Est), l’épidémie actuelle se propage «plus rapidement que toutes les épidémies précédentes», selon l’OMS. Elle sévit désormais dans plusieurs provinces du Nord-Est et de l’Est, des régions densément peuplées où la présence de l’Etat est fragile et les infrastructures de santé largement démunies. Le taux de mortalité de cette flambée est estimé à 45,9% par les autorités sanitaires congolaises.

« Il y a un problème interne »

Entre 2018 et 2020, une flambée d’Ebola avait tué près de 2300 personnes sur environ 3500 cas recensés. Elle reste à ce jour la plus meurtrière enregistrée en RDC. Cette fois-ci, le pic de l’épidémie n’a pas été atteint, selon les autorités congolaises. «Nous n’avons pas encore atteint le pic», a déclaré le ministre de la Santé congolais, Samuel Roger Kamba, dans une interview retransmise sur X par son ministère mardi.

«Dans les trois mois qui viennent, on pense qu’on aura déjà maîtrisé la progression et qu’on va commencer à voir la diminution» du nombre de cas, a-t-il affirmé. A cela s’ajoutent les violences armées et les déplacements de population. Des zones entières sont difficiles, voire impossibles, à atteindre régulièrement. «Nous ne voyons que 30% des personnes, tandis que 70% des personnes meurent chez elles», a assuré Mohamed Yakoub Janabi, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, lors d’une conférence de presse à Bunia, capitale de l’Ituri. «C’est pour cela que cette épidémie d’Ebola est différente», a-t-il estimé. La riposte «est lente et inefficace», a estimé le virologue congolais et codécouvreur du virus Ebola, Jean-Jacques Muyembe, dans un entretien accordé au journal français Le Monde mardi. «Il y a un problème interne, au niveau de la coordination nationale de la riposte», et «chacun a voulu montrer qu’il faisait quelque chose sans que les choses aient été réellement organisées», a-t-il ajouté. La flambée est provoquée par le virus Ebola Bundibugyo, une souche beaucoup plus rare que celle responsable des grandes épidémies d’Afrique de l’Ouest et de l’est de la RDC.

Et surtout, il n’existe pas actuellement de vaccin homologué spécifiquement contre cette souche. Ainsi, après les immenses progrès réalisés depuis l’épidémie d’Afrique de l’Ouest de 2014-2016, le monde dispose aujourd’hui d’une expérience considérable pour combattre Ebola. Mais cette avancée scientifique ne couvre pas toutes les formes du virus. Des experts réunis par l’OMS ont donc recommandé d’évaluer le vaccin Ervebo, développé par Merck et homologué contre le virus Ebola Zaïre, dans le cadre d’un essai clinique contre le Bundibugyo.

Environ 500 000 doses d’Ervebo constituent par ailleurs le stock mondial financé et géré avec le soutien de Gavi, avec une partie conservée en permanence en RDC en raison de la récurrence des épidémies d’Ebola dans le pays. Face à l’ampleur de la crise, les Etats-Unis ont annoncé plus de 242 millions de dollars supplémentaires pour soutenir la réponse à l’épidémie. L’argent permettra d’acheter du matériel, de renforcer les laboratoires, de soutenir les équipes et d’améliorer la prise en charge.

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