Mégaprojet de phosphate intégré : Deux contrats signés avec l’italien Saipem et le chinois CHEC

Sonatrach et la Société algérienne des engrais (AFC) ont signé deux contrats avec l'italien Saipem et le chinois CHEC pour la première phase du mégaprojet de phosphate intégré.
Saipem construira en mode EPC Fast Track les installations industrielles à Blad El Hadba (Tébessa) et Oued Kebrit (Souk Ahras), tandis que CHEC bâtira les infrastructures portuaires d'Annaba pour l'exportation.
Le projet vise une production annuelle de 6 millions de tonnes de phosphate enrichi et 4 millions de tonnes d'engrais phosphatés et azotés, avec un démarrage prévu au premier trimestre 2027.
Le gisement de Blad El Hadba, ouvert en novembre 2024 par la filiale Somifos du groupe Sonarem, sera relié au port d'Annaba par une ligne minière Est de 422 km.
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La réalisation du mégaprojet de phosphate intégré franchit une nouvelle étape, à travers la signature de deux contrats d’ingénierie et de construction avec l’italien Saipem et le chinois CHEC. Les deux contrats ont été signés hier par le groupe Sonatrach et la Société algérienne des engrais (AFC), avec la société italienne Saipem, d’une part, et la société chinoise d’ingénierie portuaire CHEC, d’autre part, dans le cadre de la mise en œuvre de la première phase du projet.
Le premier contrat concerne la réalisation des installations du projet de phosphate intégré sur les sites de Blad El Hadba, dans la wilaya de Tébessa, et d’Oued Kebrit, dans la wilaya de Souk Ahras, avec la société italienne Saipem, selon le mode de réalisation EPC Fast Track, afin d’accélérer le rythme des travaux et de respecter les délais fixés. Lors de son entrée en exploitation, le projet permettra de produire environ 6 millions de tonnes par an de phosphate enrichi et 4 millions de tonnes de différents types d’engrais phosphatés et azotés, en plus de produits industriels stratégiques tels que l’acide sulfurique, l’acide phosphorique et l’ammoniac.
La production des premières quantités de phosphate enrichi est prévue au cours du premier trimestre 2027, suivie de la production d’engrais au cours du quatrième trimestre de la même année, selon les indications du ministère des Hydrocarbures.
Le second contrat, qui a été signé avec la société chinoise CHEC, concerne la réalisation d’importantes infrastructures au port de Annaba en vue de l’exportation de la production. «La société italienne Saipem, forte de son expérience internationale dans la réalisation de grands projets industriels, sera chargée de concrétiser le cœur industriel du projet sur les sites de Blad El Hadba et d’Oued Kebrit, dans le cadre du mode EPC Fast Track, conformément à l’objectif d’accélérer la réalisation et de favoriser le transfert d’expérience, de savoir-faire et de technologies», a souligné le ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, dans un discours prononcé lors de la cérémonie de signature organisée au siège de la direction générale de Sonatrach, en présence de plusieurs membres du gouvernement, des ambassadeurs d’Italie et de Chine, du PDG du groupe Sonatrach et du DG du groupe Sonarem.
«Le contrat que nous signons aujourd’hui avec la société chinoise CHEC pour la réalisation des infrastructures portuaires permettra la mise en place d’infrastructures capables de réceptionner et de charger d’importantes quantités de phosphate, de produits phosphatés et d’engrais, et de relier la production nationale aux marchés régionaux et internationaux», a également indiqué le ministre des Hydrocarbures, qui a ajouté que la société chinoise CHEC apporte son expérience dans le domaine des grandes infrastructures et des ouvrages, afin de réaliser le maillon portuaire essentiel.
Une chaîne intégrée
«Nous ne signons pas deux contrats distincts, mais nous posons les fondations d’un système unique et intégré qui reliera la ressource minière, la transformation industrielle, le transport et l’exportation, et permettra à l’Algérie de passer de la valorisation de la matière première à la production et à la commercialisation de produits à forte valeur ajoutée», a également déclaré le ministre des Hydrocarbures. «L’Etat algérien a accordé une importance capitale à ce projet, considéré comme un projet structurant à dimension stratégique. Il repose sur la valorisation de l’une des plus importantes réserves mondiales de phosphate au niveau du gisement de Blad El Hadba et sur sa transformation localement au sein d’une chaîne industrielle intégrée, ce qui permettra à l’Algérie de renforcer sa position en tant que pôle régional et international dans la production et la transformation du phosphate, des engrais et des produits chimiques qui y sont liés», a encore souligné Mohamed Arkab.
Le ministre rappelle que le projet commence par l’extraction et l’enrichissement du phosphate à Blad El Hadba et se poursuit par sa transformation industrielle et chimique à Oued Kebrit pour produire des engrais phosphatés et azotés ainsi que des produits chimiques intermédiaires, avant que ces produits ne soient acheminés par la ligne minière Est vers les installations du port de Annaba, puis vers les marchés nationaux, régionaux et internationaux. «Sonatrach, en tant qu’acteur central de ce projet (…), mobilisera son expérience accumulée dans les industries pétrochimiques, la production d’engrais et la réalisation de grands projets, ainsi que les capacités de ses filiales, afin de construire une nouvelle chaîne de valeur dans l’industrie nationale», a précisé Mohamed Arkab dans son discours.
Il a souligné en outre que le groupe Sonarem «représente, quant à lui, le maillon minier essentiel de ce dispositif, compte tenu de son rôle dans le développement et l’exploitation du gisement de Blad El Hadba, ainsi que de son expérience accumulée et de ses compétences spécialisées dans le domaine des mines et du phosphate».
L’ouverture du gisement de Blad El Hadba et son entrée dans le processus d’exploitation industrielle en novembre 2024 par la société Somifos, filiale du groupe Sonarem chargée de l’exploitation des mines de phosphate dans la wilaya de Tébessa, ont permis «au groupe Sonarem de contribuer à la mise en place des premiers maillons de la chaîne de valeur du projet de phosphate intégré, à partir de l’extraction et de l’enrichissement du minerai et de l’approvisionnement des unités d’enrichissement de Blad El Hadba, conformément aux exigences techniques et opérationnelles du projet», ajoute le ministre.
S’agissant de la ligne minière Est reliant Annaba à Souk Ahras, Tébessa, Djebel El Onk et Blad El Hadba sur 422 km, le ministre souligne que le projet ferroviaire assurera la fluidité du transport du phosphate, des matières minières et des produits industriels à travers les différents maillons de la chaîne de valeur, du gisement aux unités de transformation, puis de ces unités vers le port de Annaba et les marchés nationaux et internationaux. Zhor Hadjam
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