Il veut quitter définitivement la France pour l’Algérie, mais Alger refuse son retour

Tewffik Bouallag, ancien combattant de Daech né en France et libéré en avril 2026, reste bloqué en centre de rétention car l'Algérie refuse sa réadmission malgré sa volonté de s'y installer.
Né français, il a renoncé à sa nationalité pour rejoindre l'Algérie, mais les autorités algériennes n'ont pas encore accepté son retour, créant un blocage juridique et diplomatique.
L'affaire s'inscrit dans des tensions franco-algériennes où les expulsions chutent : 263 Algériens expulsés en 2025 contre quatre fois plus l'an passé, sur 16 000 personnes en rétention.
Son avocat dénonce un « problème insoluble » et reproche à l'administration française de ne pas avoir anticipé sa situation avant sa sortie de prison.
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Le cas de Tewffik Bouallag, ancien combattant de Daech condamné en France, devient de plus en plus compliqué. Depuis sa sortie de prison, cet homme de 43 ans souhaite rejoindre l’Algérie, mais son départ reste bloqué faute d’accord des autorités algériennes pour sa réadmission.
Tewffik Bouallag est né à Dreux, en 1983. Après avoir rejoint la Syrie entre 2013 et 2014, il avait été condamné en France à treize ans de réclusion criminelle pour association de malfaiteurs terroriste criminelle. Libéré en avril 2026, il a immédiatement été placé dans un centre de rétention administrative à Lesquin, dans le Nord. Il affirme vouloir quitter définitivement la France et rejoindre l’Algérie.
Vu depuis Alger, cette demande ne constitue pas pour autant une obligation automatique de réadmission. L’acceptation d’un retour dépend notamment de la reconnaissance de la nationalité, des documents de voyage disponibles et de la position des autorités consulaires algériennes. Ors, l'ancien djihadiste est née en France et disposait de la nationalité française.
Un dossier marqué par la rupture avec la France
Le parcours de Bouallag est également lié à son ancienne nationalité française. Né en France, il avait détenu cette nationalité avant de demander à être libéré de ses liens d’allégeance avec le pays. Dans un courrier adressé à la préfecture de l’Indre, il écrivait : « Je ne me suis jamais senti français et je le serai jamais. »
Son souhait de rejoindre l’Algérie est donc présenté comme une volonté personnelle de rompre définitivement avec la France. Son avocat, Me Romain Ruiz, estime que le dossier est devenu « un problème insoluble » et évoque des considérations politiques et diplomatiques.
Alger et Paris dans une période de fortes tensions
L’affaire survient alors que les relations entre l’Algérie et la France traversent une période difficile. Les désaccords diplomatiques ont également des répercussions sur les procédures d’éloignement des ressortissants algériens.
Selon les chiffres cités par la Cimade, les Algériens représentent environ un tiers des quelque 16 000 personnes placées en rétention administrative en France dans l’attente d’un éloignement. En 2025, la France a expulsé 263 ressortissants algériens, un nombre environ quatre fois inférieur à celui enregistré un an auparavant.
Pour certains observateurs du droit des étrangers, les difficultés ne reposent pas uniquement sur la position d’Alger. Anaïs Place, avocate et coprésidente de l'Association pour le droit des étrangers, estime ainsi que l'administration française aurait dû anticiper la situation de Bouallag avant sa sortie de prison.
L’Algérie n’a pas encore accepté sa réadmission
Selon les informations rapportées par le journal du dimanche, Bouallag a lui-même entrepris des démarches auprès du consulat algérien afin d'obtenir un passeport et de faciliter son départ. Cependant, son extradition ne peut se faire qans l'accord des autorités algériennes. Pour le moment, l'Algérie n'a pas fermé définitivement la porte à son retour. Cependant, il est difficile d'accueillir un ancien djihadiste né et qui a grandi en France après sa condamnation.