Chant des vagues et magie des mains : L’été algérien au rythme de ses artisans

L'Algérie déploie cet été une stratégie nationale intégrant l'artisanat au cœur de l'expérience touristique, avec des espaces de vente aménagés dans les hôtels publics et sur les sites patrimoniaux des 14 wilayas côtières.
Le secteur représente plus de 476 000 artisans recensés, 1,49 million d'emplois et une contribution estimée à 400 milliards de dinars au revenu national brut en 2025, tout en portant 339 activités reconnues dont plusieurs classées à l'Unesco.
La Chambre nationale de l'artisanat privilégie les artisans du Sud, dont l'activité ralentit en période de forte chaleur, en leur réservant la plus large part des opportunités commerciales sur le littoral durant la saison estivale.
L'objectif dépasse le commerce pour offrir aux visiteurs une immersion culturelle où la rencontre avec l'artisan révèle l'histoire et la transmission derrière chaque produit.
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Des plages de la côte aux places publiques des villes, l’Algérie mise cet été sur ses savoir-faire ancestraux pour enrichir l’expérience du visiteur. A Oran, la direction du tourisme et de l’artisanat a lancé un programme destiné à sensibiliser les établissements hôteliers à l’importance d’intégrer les produits artisanaux. Concrètement, il s’agit d’accompagner des hôtels dans la création d’espaces dédiés à l’exposition et à la vente directe de ces produits aux visiteurs et touristes.
Une initiative locale qui illustre une orientation nationale plus large : faire de l’artisanat un acteur à part entière de la saison touristique. Selon Abdelkrim Berki, directeur général de la Chambre nationale de l’artisanat et des métiers, «la production artisanale joue un rôle de préservation de l’identité, de la culture et des traditions. C’est un rôle fondamental. Le second rôle est sa participation effective à la dynamique économique». Sur le premier volet, celui de la sauvegarde patrimoniale, plusieurs productions artisanales bénéficient d’une reconnaissance internationale, notamment auprès de l’Unesco. Une consécration que le secteur revendique comme «un acquis collectif». Le second rôle, économique, se lit dans les chiffres : plus de 476 000 artisans recensés au niveau de la carte nationale de l’artisanat, plus de 1 492 000 postes d’emploi créés, 400 Mds de dinars de contribution estimés au revenu national brut en 2025 et plus de 339 activités artisanale appelées à irriguer l’offre touristique. La filière rassemble un tissu de métiers considérable, structuré autour de la carte nationale de l’artisan, et constitue un gisement d’emplois de premier plan à l’échelle du pays. Le troisième rôle est celui d’appui direct à l’activité touristique. «Avec une saison saharienne qui s’étend sur plus de six mois et une saison estivale battant son plein sur le littoral, l’artisanat entend se positionner comme un levier au service du tourisme national, accompagnant les flux de visiteurs partout où ils se déploient», a-t-il mis en évidence.
La mobilisation pour l’été 2026 s’appuie sur une instruction de la ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Houria Meddahi, adressée le 29 avril aux directions du tourisme et de l’artisanat des 69 wilayas, avec une attention particulière portée aux 14 wilayas côtières. Ce document, présenté comme une feuille de route, fixe les orientations à suivre pour préparer la saison, tant sur le plan touristique qu’artisanal. Une seconde instruction est venue renforcer le dispositif, insistant sur «l’intensification de la présence artisanale dans l’ensemble des circuits touristiques et des zones à forte affluence».
Le Sud en escale sur le littoral
Des espaces dédiés aux artisans ont été aménagés dans la majorité des hôtels publics à l›échelle nationale, dont une vingtaine dans les wilayas côtières. Une présence a été aussi renforcée sur les circuits touristiques, dans les sites archéologiques et les villes de patrimoine. Une priorité a été donnée aux touristes de la diaspora et les visiteurs étrangers. Le visiteur qui s’est rendu dans les zones balnéaires a du croiser des artisans dont certains étaient en activité sur son parcours : sur les lieux de baignade, le long des circuits touristiques, dans les villes historiques et archéologiques, l’Algérie se classant parmi les tout premiers pays au monde par la richesse de ses vestiges romains, juste derrière l’Italie, mais aussi sur les places publiques des wilayas côtières et jusque dans le hall des hôtels.
Si les citoyens de l’intérieur du pays et du Sud demeurent la cible prioritaire de cette présence estivale, la stratégie vise aussi, dans un second temps, les touristes de la communauté algérienne établie à l’étranger, puis les visiteurs étrangers. Abdelkrim Berki insiste sur l’équité territoriale : «La répartition doit être équitable. L’artisan du Nord, dans les villes du littoral, travaille toute l’année et il faut lui donner sa juste place. Mais il faut aussi donner aux artisans du Sud cette chance, cette fenêtre, durant la saison estivale sur les wilayas côtières.» La logique est simple : dans le Grand Sud, l’activité artisanale marque un ralentissement pendant les mois de forte chaleur. La saison estivale sur le littoral devient alors, pour ces artisans, une fenêtre commerciale de compensation. La Chambre nationale entend donc leur réserver la part la plus large possible des espaces et des opportunités disponibles sur les villes balnéaires durant cette période.
Au-delà de l’aspect commercial, la présence artisanale poursuit un objectif d’expérience et de transmission. L’idée : offrir au visiteur une immersion qui ne se limite pas à la journée passée en bord de mer. «Le visiteur rencontre l’artisan, découvre le produit et ce qu’il y a derrière : son histoire», précise-t-il.
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