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Détroit d’Ormuz : L’Iran envisage d’interdire le passage aux navires US et d’autres pays «hostiles»

Par Amel Blidi5 min de lecture
Détroit d’Ormuz : L’Iran envisage d’interdire le passage aux navires US et d’autres pays «hostiles»
Résumé IA

L'Iran a fait approuver le principe général d'un «plan d'action stratégique» prévoyant d'interdire le passage dans le détroit d'Ormuz aux navires et équipements appartenant aux États-Unis, à Israël et à d'autres pays qualifiés d'«hostiles» par Téhéran.

Ce détroit étroit, par où transitent les exportations d'hydrocarbures de l'Arabie saoudite, de l'Irak, du Koweït, du Qatar et des Émirats, constitue un levier stratégique majeur pour l'Iran face à la présence navale américaine dans le Golfe.

L'application d'une telle interdiction reste toutefois incertaine en raison de la complexité des chaînes de propriété maritime et du flou entourant la notion de «pays hostiles», tandis que Washington affirme avoir obtenu de Téhéran l'assurance qu'aucun droit de passage ne serait instauré.

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Le plan d’action stratégique de l’Iran vise à «garantir la sécurité et le progrès du détroit d’Ormuz et du golfe Persique».

L’Iran durcit encore le ton autour du détroit d’Ormuz. Un projet présenté comme un «plan d’action stratégique» prévoit notamment d’interdire le passage aux navires et aux équipements appartenant aux Etats-Unis, à Israël et à d’autres pays qualifiés d’«hostiles» par Téhéran. Le texte a été examiné par une commission du Conseil islamique et son principe général a été approuvé, selon un responsable iranien cité par l’agence Tasnim. L’annonce ne signifie pas, à ce stade, qu’une fermeture effective du détroit a été décidée ni que toutes les embarcations liées aux pays visés seront immédiatement empêchées de circuler. Valiullah Bayati, porte-parole de la commission concernée, a déclaré à l’agence iranienne Tasnim que «le plan d’action stratégique visant à garantir la sécurité et le progrès du détroit d’Ormuz et du golfe Persique a été examiné par la commission du Conseil et, après avoir entendu les différents avis, son principe général a été approuvé».
Parmi les dispositions du plan figure donc l’interdiction du passage des navires et des équipements appartenant aux Etats-Unis, à Israël et à d’autres «pays hostiles», selon le compte rendu de Tasnim. Bayati a justifié cette mesure en affirmant que ces Etats avaient utilisé le détroit d’Ormuz pour mener «des actions hostiles contre notre pays» et avaient commis «des actes injustes et agressifs contre le peuple iranien».
Le texte est présenté comme un dispositif destiné à redéfinir les conditions de sécurité du détroit et du golfe Persique. Le fait est que le  détroit d’Ormuz est un espace géographique relativement étroit. Situé entre l’Iran et le sultanat d’Oman, il constitue le principal point de sortie maritime du golfe Persique vers le golfe d’Oman et, au-delà, l’océan Indien. C’est par cette voie que transitent les exportations énergétiques de plusieurs grandes puissances pétrolières du Golfe. Arabie saoudite, Irak, Koweït, Qatar et Emirats arabes unis dépendent, à des degrés différents, de cette route maritime pour acheminer leurs hydrocarbures vers les marchés mondiaux.
Le Qatar y fait également transiter une part importante de ses exportations de gaz naturel liquéfié. Depuis des années, le détroit constitue l’un des éléments stratégiques de l’Iran. 
Il reste que la catégorie des «autres pays hostiles» est floue. Dans le transport maritime international, les chaînes de propriété et d’affrètement sont complexes. Un navire peut battre le pavillon d’un Etat, appartenir à une société enregistrée dans un autre et transporter une cargaison destinée à un troisième.
Une interdiction appliquée sur la base de la nationalité réelle ou supposée du propriétaire pourrait donc, selon les spécialistes, devenir difficile à mettre en œuvre. Elle pourrait également affecter des navires qui ne sont pas militaires et qui n’ont aucun rôle direct dans les opérations que l’Iran considère comme hostiles.
Pour les bâtiments militaires américains, le problème est différent. La présence navale américaine dans le Golfe et les eaux environnantes est ancienne. La United States Navy considère cette région comme stratégique, notamment pour la sécurité maritime, la protection des voies commerciales et la dissuasion face à l’Iran. Téhéran, de son côté, considère la présence militaire américaine comme une menace directe. Aussi, la moindre tentative d’interception, d’arraisonnement ou de blocage pourrait provoquer une confrontation entre forces iraniennes et américaines. Le 8 août, JD Vance affirmait que Washington avait reçu de Téhéran l’assurance que l’Iran n’avait pas l’intention d’instaurer de droits de passage dans le détroit d’Ormuz. «Les Iraniens nous ont dit qu’ils n’avaient pas l’intention de faire payer un droit de passage dans le détroit d’Ormuz», déclarait le vice-président américain dans un entretien accordé à Fox News. Vance expliquait également que Washington attendait de l’Iran un retour des flux de pétrole et de gaz à leur niveau d’avant le conflit, ainsi qu’une circulation sûre des navires commerciaux. «Notre attente est que vous voyiez la même quantité de pétrole et de gaz sortir du Golfe qu’avant le début du conflit», déclarait-il.

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