Phosphate en Algérie : un projet qui déborde le cadre énergétique avec l'Italie

L'Algérie et l'Italie lancent un projet intégré de phosphates confié à Saipem pour l'extraction à Bled El Hadba et la transformation en engrais à Oued Kebrit.
Le chinois CHEC construira les infrastructures portuaires d'Annaba tandis que Cosider, SARPI et GCB participent aux travaux miniers et industriels.
La production de phosphate enrichi débutera au premier trimestre 2027, suivie des engrais fin 2027, pour une capacité de 5,5 millions de tonnes et 12 000 emplois.
Inscrit dans le Plan Mattei italien, ce programme vise la souveraineté alimentaire algérienne par la transformation locale plutôt que l'exportation brute.
Publié par
ObservAlgérie
Publié le
Article Original
Contenu complet de la source
L’Algérie et l’Italie élargissent leur coopération économique avec le projet intégré des phosphates, qui associe notamment le groupe italien Saipem à la construction d’installations minières et industrielles dans l’est algérien. Présenté par Rome comme une déclinaison du Plan Mattei, ce programme doit permettre à Alger de valoriser localement ses ressources minières et de renforcer sa production d’engrais.
Le projet prévoit l’extraction de phosphate à Bled El Hadba, dans la wilaya de Tebessa, puis sa transformation en engrais à Oued Kebrit, dans la wilaya de Souk Ahras. Saipem réalisera les installations selon une formule EPC Fast Track, destinée à accélérer la conception et l’exécution des travaux.
Saipem s’engage dans un secteur hors hydrocarbures
Pour le groupe italien, historiquement présent en Algérie sur les projets liés au gaz et au pétrole, cette opération marque une diversification de ses activités. L’ambassadrice d’Italie à Alger, Alessandra Schiavo, a estimé auprès de l’agence Nova que le partenariat entre les deux pays s’inscrivait désormais « au-delà du secteur des hydrocarbures ».
Un second contrat a été attribué au groupe chinois China Harbour Engineering Company (CHEC) pour les infrastructures portuaires nécessaires au projet à Annaba. Les sociétés algériennes Cosider Canalisations, SARPI et GCB participent aussi aux travaux.
Une production attendue dès 2027
Le calendrier annoncé prévoit une première production de phosphate enrichi au premier trimestre 2027. La production d’engrais devrait commencer au quatrième trimestre de la même année.
La capacité d’extraction visée atteint 5,5 millions de tonnes par an. Le projet doit également générer environ 12'000 emplois directs, principalement dans les wilayas de Tebessa, Souk Ahras et Annaba.
Cette organisation traduit la volonté algérienne de ne plus se limiter à l’exportation d’une matière première brute. La transformation locale du phosphate doit permettre de capter davantage de valeur industrielle et de développer une filière nationale autour des engrais.
Le Plan Mattei comme cadre de coopération
Rome rattache ce projet au Plan Mattei, programme italien de coopération avec l’Afrique doté de 5,5 milliards d’euros. L’Algérie figure parmi les quatorze pays partenaires de cette stratégie.
Selon les données citées lors du sommet Italie-Afrique d’Addis-Abeba, plus de 9 milliards de dollars ont déjà été engagés en Algérie dans les secteurs de l’énergie et de l’agriculture.
Pour Alger, la production locale d’engrais répond aussi à un objectif de souveraineté alimentaire, en réduisant l’exposition aux importations, aux variations des prix internationaux et aux perturbations logistiques. Le phosphate devient ainsi un nouveau pilier d’une relation algéro-italienne longtemps structurée autour du gaz naturel.