Algérie-Niger : Lancement du forage du puits d’exploration Kafra Sud-Est 1

Le Premier ministre Sifi Ghrieb et son homologue nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine ont lancé jeudi à Agadez le forage du puits d’exploration Kafra Sud-Est 1, nouvelle étape du développement du champ pétrolier frontalier de Kafra.
Ce projet s’inscrit dans un partenariat stratégique Sonatrach-Sonidep couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur, de l’exploration à la pétrochimie, avec transfert de technologie, formation et création de sociétés mixtes.
L’Algérie s’engage aussi dans la maintenance de la raffinerie de Zinder, l’évaluation du bloc de Bilma et le gazoduc transsaharien, tout en élargissant la coopération aux infrastructures, santé, formation et numérique.
Cette dynamique vise à transformer les zones frontalières en pôles de développement commun et à construire un modèle d’intégration énergétique africaine au service de la stabilité sahélienne.
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Sifi Ghrieb : «L’ambition de l’Algérie ne se limite pas à la réalisation du projet Kafra dans ses différentes phases, mais s’étend à la construction d’un partenariat industriel intégré et durable, de l’amont jusqu’à l’aval pétrolier et gazier, y compris à travers la création de sociétés mixtes.»
Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a coprésidé avec son homologue nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine, jeudi à Agadez, au Niger, le lancement officiel des travaux de forage du puits d’exploration Kafra Sud-Est 1, une nouvelle étape du projet de développement du champ pétrolier de Kafra, situé à proximité de la frontière entre les deux pays.
«Nous nous retrouvons aujourd’hui, deux mois et dix jours après l’inauguration de la centrale électrique à Niamey, pour poser ensemble une nouvelle pierre à l’édifice de notre partenariat stratégique, initié par le président Abdelmadjid Tebboune et son frère le président Abdourahamane Tiani, à l’occasion de sa visite historique en Algérie», a dit le Premier ministre dans une allocution prononcée en marge de la cérémonie officielle.
Cette vision stratégique intégrée a été concrétisée dans un plan d’exécution, à l’issue de la deuxième session de la Grande Commission mixte algéro-nigérienne, tenue en mars dernier, a-t-il précisé.
«Conformément à ce qui a été convenu, nous assistons aujourd’hui à une nouvelle étape du projet du champ pétrolier de Kafra, avec le lancement des travaux de forage de ce puits, dans le cadre d’opérations d’exploration approfondies visant à mieux évaluer le potentiel pétrolier de ce champ prometteur, en prélude aux phases de développement et de production», a poursuivi le Premier ministre.
«Les résultats de l’opération d’exploration devraient ouvrir de nouvelles perspectives à même de répondre à nos aspirations communes, en permettant à la République du Niger, pays frère, de valoriser ses ressources naturelles et de renforcer sa production nationale d’hydrocarbures», a-t-il expliqué, soulignant que «les avancées réalisées dans le cadre de ce projet sont le fruit des efforts soutenus consentis par les responsables, les experts, les ingénieurs et les techniciens, dans un contexte marqué par des contraintes de terrain, des conditions naturelles difficiles et des difficultés logistiques énormes».
Il a, dans ce cadre, mis en exergue «le défi logistique majeur et la grande prouesse technique relevés à travers la mobilisation de l’appareil de forage (ENF-13), d’une capacité de 2000 chevaux, et son acheminement depuis l’Algérie jusqu’au site de Kafra, avec ce que cette étape a nécessité en termes de mise en place d’un environnement administratif, logistique et sécuritaire approprié».
Le Premier ministre a souligné en outre que le projet est le «fruit d’un partenariat multidimensionnel entre le groupe Sonatrach et la Sonidep, couvrant les domaines de la recherche, de l’exploration, du développement et de la production, ainsi que les services de forage, de raffinage et de pétrochimie, la distribution et la commercialisation des produits pétroliers, en sus de la formation, du transfert de technologie et du renforcement des capacités».
Évaluation de nouveaux blocs pétroliers en perspective
Sifi Ghrieb a évoqué aussi l’accompagnement assuré par le groupe Sonatrach à la Sonidep dans «la commercialisation de son pétrole brut et le renforcement de l’expertise de ses cadres et de leur capacité de négociation en matière de valorisation de ses ressources pétrolières», soulignant que l’Algérie «s’engagera dans les travaux de grande maintenance de la raffinerie de Zinder et poursuivra l’évaluation des nouveaux blocs pétroliers au Niger, notamment le bloc de Bilma».
«L’ambition de l’Algérie ne se limite pas à la réalisation du projet Kafra dans ses différentes phases, mais s’étend à la construction d’un partenariat industriel intégré et durable, de l’amont jusqu’à l’aval pétrolier et gazier, y compris à travers la création de sociétés mixtes», a-t-il soutenu.
«Ce partenariat que nous voulons voir évoluer vers une coopération à long terme (…) repose sur des programmes de formation ambitieux et spécialisés offrant des opportunités d’immersion sur le terrain, en vue de renforcer les compétences et de développer les capacités nigériennes dans les différentes étapes de l’industrie pétrolière», a-t-il expliqué.
A ce propos, le Premier ministre a salué «l’engagement de l’Enafor à recourir progressivement aux entreprises, aux produits et aux services nigériens, et à recruter les jeunes Nigériens dans le projet de Kafra, tout en leur assurant la formation nécessaire».
Ce modèle de «coopération équilibrée, globale et fructueuse dans le domaine des hydrocarbures entre l’Algérie et le Niger constitue l’un des piliers fondamentaux de l’approche adoptée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, visant à construire un partenariat énergétique africain au service des Objectifs de développement durable et du renforcement du processus d’intégration continentale», a affirmé Sifi Ghrieb.
Coopération multilatérale à travers le TSGP
Et d’ajouter que «cette coopération bilatérale trouve son prolongement naturel dans la dimension multilatérale, notamment à travers le projet de gazoduc transsaharien, qui est entré de manière effective dans les phases de mise en œuvre, en tant que projet stratégique et maillon essentiel du processus d’intégration africaine».
Outre ce qui a été accompli dans le secteur des hydrocarbures et de l’énergie, «la concertation intersectorielle soutenue entre les deux pays et l’action commune se poursuivent à une cadence accélérée, afin de concrétiser le reste des engagements et des projets bilatéraux dans différents secteurs prioritaires, en tête desquels figurent les infrastructures, la santé, la formation professionnelle, l’enseignement supérieur, la numérisation, le commerce, le transport et les finances», a fait savoir le Premier ministre.
«Cette dynamique croissante de mise en œuvre et de réalisation et le passage de la phase des intentions et des accords à celle de la concrétisation effective des projets sur le terrain traduit la volonté des dirigeants des deux pays d’assurer un suivi direct et rigoureux du processus de coopération, consacrant ainsi le caractère stratégique des relations algéro-nigériennes qui constituent désormais un modèle de coopération entre les pays africains», a-t-il dit.
La vision est fondée sur «la promotion des zones frontalières et leur transformation en espaces de coopération et de développement communs, ainsi qu’en piliers du renforcement de la sécurité et de la stabilité dans l’ensemble de la région du Sahel», a-t-il poursuivi, estimant que «les fondements de la renaissance économique en Afrique résident dans le potentiel de ses peuples et les capacités complémentaires de ses pays et non dans la dépendance excessive d’autrui».
Par ailleurs, le Premier ministre a réitéré, au nom du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, «l’engagement constant de l’Algérie à poursuivre le développement des relations de fraternité et de coopération avec la République du Niger, pays frère, à continuer de contribuer au renforcement de la sécurité et de la stabilité de son environnement régional, et à promouvoir les processus de développement, de bien-être et de prospérité à travers notre continent africain».
Le projet repose sur un partenariat entre le groupe Sonatrach, à travers Sonatrach International Production and Exploration Corporation (Sipex), l’Entreprise nationale de forage (Enafor) et la Société nationale nigérienne du pétrole (Sonidep).
Forage de quatre puits d’exploration à Kafra
Le forage de Kafra Sud-Est 1 s’inscrit dans le cadre d’opérations d’exploration destinées à mieux évaluer le potentiel pétrolier du champ, en prélude aux phases de développement et de production. Selon le Premier ministre, les résultats de cette opération pourraient ouvrir de nouvelles perspectives et permettre au Niger de valoriser davantage ses ressources naturelles et de renforcer sa production nationale d’hydrocarbures.
«Le lancement de cette nouvelle phase du projet prévoit le forage de quatre puits d’exploration qui seront réalisés par l’Enafor, filiale de Sonatrach, avec pour objectif de compléter les données nécessaires à une meilleure caractérisation des réservoirs, de confirmer leur productivité et d’évaluer plus précisément le potentiel du permis, en vue de déterminer les conditions de sa viabilité économique et de définir un plan de développement permettant de parvenir à une commercialité économiquement viable et bénéfique aux deux parties», indique le groupe Sonatrach.
La nouvelle phase du projet intervient à la suite de la prorogation, le 15 avril, pour une durée de deux ans, du permis Kafra, afin de poursuivre les travaux de délinéation et de développement du gisement mis en évidence par Sipex.
«Présente sur le permis de Kafra depuis 2005, à travers sa filiale Sipex, Sonatrach y a réalisé d’importants travaux d’exploration, notamment l’acquisition d’environ 2200 km de sismique 2D et de 760 km² de sismique 3D, ainsi que le forage de deux puits d’exploration en 2018 et 2019. Ces travaux ont notamment permis la découverte du puits Kafra-1, confirmant le potentiel du périmètre», selon les indications de Sonatrach
Sonatrach et Sonidep réalisent leur première commercialisation conjointe de pétrole nigérien
Le groupe Sonatrach a procédé hier, en coopération avec la Société nationale nigérienne du pétrole (Sonidep), au chargement, à partir du terminal pétrolier de Sèmè (Benin), de la première cargaison de pétrole brut nigérien «Meleck» et commercialisée conjointement, indique Sonatrach dans un communiqué. «Dans le cadre de la mise en œuvre des orientations des hautes autorités du pays relatives au renforcement des relations commerciales avec le Niger, Sonatrach et Sonidep franchissent une nouvelle étape dans la mise en œuvre de leur coopération dans le domaine de la commercialisation des hydrocarbures, à travers la réalisation en date du 14 août 2026 du chargement à partir du terminal pétrolier de Sèmè, au Benin, de la première cargaison de pétrole brut nigérien ‘Meleck’, commercialisée conjointement», précise le groupe. Il s’agit d’une coopération commerciale, souligne Sonatrach, qui illustre la stratégie de développement du groupe en Afrique et sa «volonté à mettre à la disposition de ses partenaires africains son expertise et son savoir-faire dans le domaine de la commercialisation des hydrocarbures», relevant que la commercialisation conjointe du brut nigérien entre les deux compagnies «s’inscrit également dans la dynamique de consolidation des relations entre l’Algérie et le Niger, et traduit la volonté des deux parties à développer des partenariats durables permettant la création d’opportunités mutuellement bénéfiques».
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