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Algérie – France : la droite française étale ses contradictions

Par Rafik Tadjer4 min de lecture
Algérie – France : la droite française étale ses contradictions
Résumé IA

La fermeture des achats algériens de blé français frappe fortement la filière céréalière, le rapport parlementaire reliant ce recul à la détérioration des relations franco-algériennes et soulignant qu’Alger importait encore près de 5 millions de tonnes par an il y a six ans. Allegret-Pilot avertit que la perte du marché algérien, représentant autrefois environ 50% des exportations françaises de blé, pourrait pousser les exportateurs à viser des marchés plus risqués, alors que le déficit global de la France reste élevé (≈81 milliards d’euros en 2024) et que l’agroalimentaire pourrait connaître son premier déficit depuis 1978 en 2025. Le débat a aussi révélé des incohérences parmi les députés de droite et de gauche, entre appels à rompre avec l’Algérie et regrets sur la baisse des exportations, avec un élu LFI appelant à la cohérence et les républicains répondant que l’Algérie n’achète plus de blé français.

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La filière céréalière française est fortement impactée par l’arrêt des achats de blé français par l’Algérie.

La question a été évoquée à l’Assemblée nationale française à l’occasion de la présentation d’un rapport parlementaire sur le déficit de la balance commerciale de la France, avec un accent mis sur le recul des performances du secteur agro-alimentaire.

Le débat illustre les incohérences et les contradictions des députés extrémistes français sur la relation franco-algérienne. Tout en plaidant pour une rupture avec l’Algérie en supprimant par exemple les visas aux ressortissants algériens, ils se plaignent du recul des exportations de leur pays vers l’Algérie.

Le recul des importations algériennes de blé français fait mal

Le rapport a été présenté par Alexandre Allegret-Pilot, député du groupe UDR (Union des droites pour la République), d’Eric Ciotti. Sa présentation a coïncidé avec le vote d’une proposition du Rassemblement national (RN) visant à dénoncer l’accord franco-algérien de 1968 sur l’immigration.

Le déficit commercial de la France se maintient à des niveaux élevés (81 milliards d’euros en 2024 pour le commerce de biens). Le secteur de l’agroalimentaire est toujours excédentaire, mais il risque de connaître en 2025 son premier déficit depuis 1978.

Le député Allegret-Pilot a mis en exergue le recul des exportations de blé vers l’Algérie, “réduites presque à néant”.

La perte du marché algérien est un coup dur pour la filière céréalière française du fait que, il y a encore six ans, la moitié de ses exportations se faisaient vers ce pays. L’auteur du rapport lie directement la situation à la crise politique entre les deux pays.

Les relations diplomatiques dégradées avec l’Algérie ont conduit à réduire à néant les importations de blé français par ce pays, alors même qu’il en importait cinq millions de tonnes par an depuis 2018, soit environ 50 % des exportations françaises en la matière”, dit-il.

Allegret-Pilot estime qu’à l’instar de ce que connaît la filière céréales “avec la fermeture totale du marché algérien”, les tensions géopolitiques et la recomposition des marchés “imposent aux exportateurs français d’explorer de nouveaux marchés, pour lesquels le risque est peu maîtrisé”.

Incohérences

Dans son intervention, Maxime Laisney, de La France Insoumise (LFI) a suggéré à l’auteur du rapport d’avoir de “la cohérence” en se prononçant contre la résolution sur l’accord de 1968, le débat ayant eu avant le vote de la résolution du Rassemblement national, jeudi 30 octobre.

Vous déplorez l’effet de la dégradation de nos relations diplomatiques avec l’Algérie, qui a réduit à néant les importations de blé français par ce pays, lesquelles représentaient 50 % de nos exportations. J’espère donc que vous aurez la cohérence de voter contre la proposition de résolution raciste que le Rassemblement national défendra jeudi pour dénoncer l’accord franco-algérien de 1968”, a dit le député de gauche.

Réponse de l’élu de la droite dure : “Je la voterai naturellement. Je rappelle par ailleurs que l’Algérie ne commande plus de blé français. Pourquoi nous priverions-nous de notre souveraineté ?”.

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