La vieille gandoura de Hadj Hmida

Par Amine Bouali2 min de lecture
La vieille gandoura de Hadj Hmida
Résumé IA

Hadj Hmida portait inlassablement une vieille gandoura bien entretenue, alors qu'il possédait des vêtements neufs jamais utilisés dans son armoire.

Issu d'une génération pour qui un vêtement se portait tant qu'il restait propre et convenable, il refusait de le remplacer simplement parce qu'il avait vieilli ou n'était plus à la mode.

Sous cette tunique, il dissimulait parfois son couffin de provisions par humilité, pour ne pas afficher son abondance devant ceux qui avaient moins que lui.

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Le Quotidien d'Oran

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Il s’habillait avec une grande simplicité et quittait rarement sa vieille gandoura, qu’il faisait laver régulièrement avec le plus grand soin. Un jour, il me confia qu’il avait, dans son armoire, des vêtements neufs qu’il n’avait jamais portés. Pourquoi continuait-il alors à sortir dans cette vieille gandoura, au risque de donner l’impression d’être dans le besoin ? La réponse tenait peut-être d’abord à l’attachement. Cette longue tunique traditionnelle l’avait accompagné durant tant d’années, dans les périodes heureuses comme dans les épreuves.

Mais elle disait aussi quelque chose d’une époque et d’une manière de voir les choses. Hadj Hmida appartenait à une génération pour laquelle un vêtement se portait aussi longtemps qu’il restait propre et convenable. On ne le remplaçait pas simplement parce qu’il avait vieilli ou qu’il n’était plus à la mode.

Il y avait surtout, dans cette attitude, une forme d’humilité profonde. Il lui arrivait même de dissimuler sous sa gandoura son couffin de provisions, pour ne pas l’exhiber devant ceux qui avaient moins que lui. Il savait que certaines choses, même ordinaires, peuvent devenir indécentes lorsqu’elles sont montrées à celui qui en est privé. Nous avons depuis changé notre rapport au monde. Les objets usuels de notre quotidien sont souvent devenus des signes extérieurs de ce que nous voulons donner à voir de nous-mêmes. La vieille gandoura de Hadj Hmida était finalement bien plus qu’un vêtement. Elle disait quelque chose de l’homme qui la portait : une sobriété naturelle, une attention aux autres et le souci de ne jamais se mettre en avant. Elle était, à sa manière, le reflet d’une certaine façon de vivre.

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