Nouvelle fragmentation d’un continent et dénonciation de l’histoire
L'Afrique fait face à une spirale de violences meurtrières, du Sahel aux Grands Lacs jusqu'au sud du continent, où terrorisme, banditisme et conflits tribaux se confondent pour déstabiliser les États.
Les enlèvements massifs, les destructions de villages et la résurgence de la xénophobie entre Africains témoignent d'un retour aux fractures identitaires que les pères de l'indépendance comme Nkrumah, Lumumba ou Mandela avaient combattues.
Le continent risque ainsi une fragmentation territoriale qui effacerait l'héritage des luttes anticoloniales et fragiliserait les frontières issues de l'histoire.
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Le Quotidien d'Oran
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Le continent subit régulièrement au quotidien des confrontations meurtrières soumettant des populations à l’errance que leur impose la terreur. Quand des écoliers ne sont pas enlevés, ce sont leurs parents qui sont abattus.
Des fantômes tueurs ne cessent de rôder, tantôt brigands, tantôt terroristes, tantôt simulateurs de foi indéfinie, mais prédateurs certifiés, tous conscients quils livrent l’Afrique à léclatement.
Au drame des assassinats et à la dévastation des villages saccompagnent des enlèvements d’hommes, de femmes et d’enfants et on ne sait plus au juste qui du banditisme ou du terrorisme djihadiste serait en cause. Toutefois, l’ampleur des faits et leur profusion avertissent d’un grand danger menaçant un large segment africain. Le mal va des territoires du Sahel aux confins de l’Afrique du Sud, corrodant les Etats des Grands Lacs que la misère et les épidémies accentuent.
Les tueries sélargissent au-delà du Sahel pour sétendre plus au Sud et toucher des Etats pourtant censés être à labri des turbulences humaines, mais qui voient resurgir des conflits où le tribalisme, l’affrontement des croyances et des religions, les revendications des terres et des cultures, reconstituent le terreau des anciens temps. La xénophobie se redécouvre, sauf qu’aujourdhui ce sont les Africains qui se pourchassent entre eux.
Plus dun siècle de combats et de luttes contre le colonialisme a lair de seffacer et un retour à léclatement des frontières héritées semble se figurer. On sest éloigné du bien-fondé des luttes d’un Nkrumah, dun Lumumba ou d’un Mandela en contredisant ce quils ont enseigné comme si l’histoire du continent devait être dénoncée.
Un sombre spectre se dessine alors pour annoncer une fragmentation des Etats et des territoires pour que les assises et les tracés frontaliers se fragilisent et pour que la perspective de l’annihilation du fondement de ce qui été arraché du colonialisme soit dangereusement présente.