Quils se taisent...
L'article distingue l'opposition politique constructive de l'instrumentalisation du mensonge et de la désinformation, notamment venue de l'étranger, qui vise à déstabiliser l'Algérie plutôt qu'à la servir.
Les réseaux sociaux amplifient les rumeurs sans preuve, transformant des incidents isolés en « vérités » virales, ce qui a poussé le gouvernement à annoncer un système national de vérification des faits pour juillet 2026.
L'auteur appelle à une opposition nationale forte qui propose des alternatives par des idées et programmes, à des médias professionnels critiques mais responsables, et à des citoyens vigilants face à la manipulation médiatique.
La divergence politique ne sert l'intérêt national que lorsqu'elle reste dans le cadre réglementaire et constructif, sinon elle devient une arme au service d'agendas étrangers contre la stabilité du pays.
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Le Quotidien d'Oran
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Toutefois, il y a une différence entre l’opposition et l’instrumentalisation politique du mensonge, tout comme il existe un monde entre la critique constructive menée dans l’intérêt national, et la volonté de déstabiliser le pays au service dagendas étrangers. Le problème survient lorsque certains de ceux qui se présentent comme «l’opposition algérienne notamment à l’étranger» délaissent les règles élémentaires d’une action politique responsable, leur discours glisse alors de la proposition de solutions à la propagation de rumeurs, de la remise en question des responsables à la contestation systématique de tout, et de la défense des intérêts des Algériens au recours à des soutiens extérieurs, guettant la moindre crise pour la présenter comme une victoire politique. Ici la question n’est plus de savoir qui soutient le pouvoir? Qui sy oppose? La question primordiale devient plutôt: qui uvre pour l’Algérie? Et qui fait de l’Algérie un simple pion dans une bataille qui ne sert, en réalité, que les intérêts dautrui ? Tout Algérien a le droit de critiquer laction gouvernementale, de réclamer des réformes et de rejeter certaines politiques, et ce, dans un cadre réglementaire. Ce sont là des choses naturelles dans toute société vivante.
Cependant, diffuser de fausses informations ne relève pas de «la liberté dopinion», fabriquer des faits ne constitue pas «de l’opposition», sortir des déclarations de leur contexte ne sapparente pas au «journalisme», et transformer un incident ponctuel en preuve de leffondrement de l’Etat ne saurait être qualifié d’analyse politique. Les réseaux sociaux sont devenus un terrain propice à la propagation de ce type de discours. Une information de source inconnue, une image ancienne, un enregistrement tronqué ou une donnée sans preuve peuvent, en quelques heures, se transformer en «vérité» dans l’esprit de milliers de personnes. Cest là toute la force de la désinformation: elle ne réside pas dans sa véracité, mais dans sa capacité à se répéter jusquà devenir familière.
Ce nest pas un hasard, si le Gouvernement algérien a annoncé, en juillet 2026, un projet de système national de vérification des faits, dans le cadre de la lutte contre la désinformation sur les réseaux sociaux. Toutefois, la lutte contre la désinformation ne repose pas uniquement sur les déclarations officielles; elle commence aussi par le citoyen, qui apprend à poser les questions suivantes: où est la preuve? Qui a publié linformation en premier? Quelle en est la source? Et existe-t-il des sources indépendantes pour la conformer? Cest une erreur de mettre tous les opposants dans le même sac. En effet, celui qui critique le Gouvernement, réclame une amélioration de léconomie, critique la gestion dun responsable ou défend une réforme publique ne devient pas pour autant un ennemi de l’Etat. En réalité, un Etat fort est celui qui sait écouter la critique et y répondre par largumentation, les réalisations et la transparence. Toutefois, il existe une différence fondamentale entre lopposition politique et l’instrumentalisation du mensonge à des fins politiques. Lorsque lon invente de toutes pièces des informations sur leffondrement des institutions de l’Etat , que lon diffuse des données de sources inconnues en les présentant comme des faits avérés, ou que lon amplifie des crises quotidiennes pour semer la panique et le désespoir, on ne se trouve plus face à un débat politique normal, mais face à une tentative de manipulation de lopinion publique.
Plus grave encore que les rumeurs locales, cest la transformation de certaines voix politiques basées à létranger en véritables tribunes dincitation et de remise en cause, surtout, lorsque leurs messages convergent avec les agendas dacteurs étrangers cherchant à faire pression sur l’Algérie par rapport à ses positions politique justes internationales, à ternir son image ou à exploiter ses dissensions internes. L’Algérie nappartient ni à un Gouvernement, ni à un Parti, ni à une opposition, ni à une personne ou à un groupe. C’est une patrie à part entière, avec son peuple, son histoire, ses institutions, et ses millions de citoyens qui aspirent à des choses simples: sécurité, stabilité, dignité, opportunités demploi, amélioration du niveau de vie et un Etat qui tient les responsables comptables de leurs erreurs. C’est pourquoi jouer sur la peur et le désespoir est bien plus grave quune simple bataille politique. Quiconque souhaite accéder au pouvoir est en droit de proposer une alternative. Quiconque souhaite changer les politiques est en droit de formuler des critiques. Quiconque estime que le Gouvernement a commis une erreur est en droit de lexprimer ouvertement dans un cadre réglementaire. En revanche, transformer la lutte politique en une campagne de rumeurs, de fabrication et dintimidation, pour ensuite inciter au chaos, ne sert pas les intérêts de l’opposition elle-même tout en nuisant à l’Etat. En fin de compte, aucun Etat ne peut empêcher toutes les rumeurs, aucun Gouvernement ne peut contrôler toutes les publications et aucune société ne peut vivre sans divergences politiques. Cependant une société consciente est capable détouffer une rumeur avant quelle ne se transforme en crise. L’Algérie a besoin d’une opposition nationale forte constructive et non d’une soit disant opposition qui prospère sur le chaos.
Elle a également besoin de médias professionnels qui critiquent le pouvoir lorsquil commet des erreurs et non des plateformes qui vivent du sensationnalisme. Il a besoin dun citoyen qui ne croit pas tout ce quil lit, ne partage pas tout ce quil reçoit et ne permet à personne de faire de lui un instrument dans une guerre médiatique dont il ignore les véritables objectifs. La divergence politique est constructive l’orsquelle se traduit par des idées et des programmes, mais elle est destructrice l’orsquelle se transforme en mensonges, en incitations et en appels à lingérence étrangère. L’Algérie avec tout ce qu’elle comporte de positif et de négatif, mérite une opposition qui uvre pour son avenir, et non une opposition qui parie sur son effondrement.
Car semer le chaos et le désespoir nest pas un projet national, quiconque souhaite véritablement changer l’Algérie doit dabord offrir aux Algériens une raison de faire confiance à son projet et non une raison de craindre pour leur patrie.