Dix jours qui ébranlent le foot mondial

Par R. N.4 min de lecture
Dix jours qui ébranlent le foot mondial
Résumé IA

La révélation fin juillet du projet FFE par la presse britannique déclenche une crise sans précédent à la FIFA, Gianni Infantino étant accusé d'imposer un calendrier resserré et un montage financier opaque.

L'UEFA vote à l'unanimité la menace de boycott des compétitions FIFA, plusieurs fédérations retirent leur soutien à la réélection d'Infantino en 2027, et son propre directeur des opérations critique publiquement le projet.

Sous la pression, la FIFA retire le projet le 1er août, mais la défiance persiste avec une réunion de crise à Rabat, de nouvelles plaintes éthiques et le camp d'Infantino qui se réduit face à l'opposition européenne.

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La chronologie de l’embrasement, entre fin juillet et début août, ressemble à celle d’une chute en escalier.

27 juillet. Gianni Infantino clôt symboliquement le Mondial par un long message sur Instagram dans lequel il fustige les journalistes qui, selon lui, propagent haine et rumeurs à propos de sa proximité avec Donald Trump. Il invite ses détracteurs à se recueillir plutôt qu’à écrire.
28 juillet. La presse britannique révèle le projet FFE. La classe politique et le monde du football réagissent en chaîne, jusqu’à l’ancien président de la FIFA Sepp Blatter, qui s’inquiète publiquement que la dimension financière ne finisse par abîmer durablement le football.
29 juillet. Infantino tente une première manœuvre d’apaisement, présentant le texte comme une simple proposition soumise à consultation démocratique. On découvre alors le calendrier resserré imposé aux fédérations. La Concacaf affirme n’avoir appris l’existence du projet que par voie de presse ; l’UEFA accuse des responsables de la FIFA de vouloir s’enrichir, eux et leurs proches, sur le dos du sport.
30 juillet. Après la publication des détails complets du montage financier, les 55 membres de l’UEFA votent à l’unanimité la menace d’un boycott pur et simple des compétitions organisées par la FIFA. Aux États-Unis, un élu démocrate qualifie l’opération de captation frauduleuse d’une ampleur colossale.
31 juillet. Le propre directeur des opérations de la FIFA, Kevin Lamour, critique publiquement le projet. Le maire d’une grande métropole britannique devient le premier chef d’une nation majeure à réclamer la démission d’Infantino. Donald Trump affirme, de son côté, n’avoir jamais échangé avec lui sur le sujet, une version que contredira en partie la suite des événements.
1er août. Sous la pression, la FIFA annonce le retrait du projet, expliquant avoir « écouté attentivement tous les points de vue ». L’UEFA maintient malgré tout la pression sur Infantino, évoquant une perte de confiance et n’excluant aucune option, y compris judiciaire.
2-4 août. Le mouvement de défiance s’organise. Plusieurs fédérations européennes retirent, l’une après l’autre, leurs lettres de soutien à la réélection d’Infantino prévue en mars 2027. Le secrétaire général Mattias Grafström, qui avait pourtant voté en faveur du projet au Waldorf Astoria, qualifie publiquement l’épisode de séquence «triste et regrettable». Le prince jordanien Ali bin al-Hussein accuse l’administration FIFA de pressions financières sur les fédérations réticentes à soutenir la réélection du président.
5-6 août. Infantino convoque une réunion de crise avec son personnel, non pas à Zurich, mais à Rabat. Ses équipes affichent un soutien unanime dans un communiqué officiel. L’UEFA balaie cette démonstration de force d’un revers de main, rappelant que l’adhésion de salariés dont la carrière dépend directement de la faveur présidentielle ne change rien au fond du problème.
7 août. Premiers signes de contre-mobilisation : le Mexique et l’Argentine suivent la confédération africaine dans le camp des soutiens à Infantino, tandis que la Norvège dépose une nouvelle plainte éthique contre lui, portant notamment sur d’éventuelles atteintes aux règles de neutralité politique de la FIFA. En moins de deux semaines, un homme qui semblait promis à une réélection sans adversaire en mars 2027 se retrouve à devoir défendre, presque fédération par fédération, sa légitimité à rester à la tête du football mondial.

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