Diplomatie parlementaire : Le défi des profils qualifiés

La nouvelle Assemblée populaire nationale entame la désignation de ses représentants au sein des organisations parlementaires internationales et des groupes d'amitié bilatéraux, une étape qui dépasse la simple répartition politique.
La majorité parlementaire, dominée par le FLN et le RND, devrait obtenir la tête de la plupart des groupes d'amitié, notamment avec l'Italie, l'Espagne, la Turquie, la Russie, la Chine et les États-Unis.
Les présidents de groupes font face au défi de concilier poids politique et compétences réelles, notamment la maîtrise des dossiers, l'expérience internationale et les capacités linguistiques.
Les législatures passées ont été critiquées pour des profils jugés insuffisamment préparés, rendant cette sélection cruciale pour la crédibilité de la diplomatie parlementaire algérienne.
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La mise en place de la nouvelle Assemblée populaire nationale (APN) entre dans une nouvelle phase. Après l’élection de sa présidente et la constitution de ses principales structures, les groupes parlementaires doivent aujourd’hui arrêter leurs représentants au sein des instances parlementaires internationales et des groupes d’amitié. Une étape qui, derrière son aspect institutionnel, fait déjà apparaître des enjeux de positionnement entre les différentes formations.
Dans la foulée de la session d’installation de cette dixième législature et de l’élection, le 28 juillet dernier, de Khalida Boufedeche au fauteuil présidentiel, les travaux de la Chambre basse se sont rapidement orientés vers la mise en place de son architecture interne, en vue de préparer l’ouverture officielle de la session parlementaire ordinaire en septembre. Dès le lendemain, une réunion de coordination a été consacrée à la répartition des postes de vice-présidents entre les groupes parlementaires, sur la base de la représentation proportionnelle. La composition des sept groupes parlementaires a ensuite été annoncée en séance plénière, achevant ainsi une étape clé dans l’organisation de l’institution. Mais une autre répartition, moins visible, commence désormais à mobiliser les groupes parlementaires : celle des postes de représentation de l’APN au sein des organisations parlementaires internationales et des groupes d’amitié. L’enjeu dépasse en effet la simple distribution de fonctions. Les députés appelés à siéger au sein de l’Union interparlementaire, du Parlement panafricain, de l’Assemblée parlementaire de l’Union pour la Méditerranée ou encore de l’Union parlementaire arabe auront vocation à porter la voix du Parlement algérien dans des enceintes internationales. A cela s’ajoutent les nombreux groupes et commissions d’amitié parlementaire avec des pays considérés comme des partenaires importants de l’Algérie, notamment l’Italie, l’Espagne, la Turquie, la Russie, la Chine, les Etats-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France, mais également avec les pays voisins et plusieurs Etats arabes.
La répartition arrêtée au niveau du bureau de l’APN donne une place prépondérante aux groupes issus de la majorité. Le FLN, selon nos sources, devrait ainsi prendre la tête de 18 groupes d’amitié, devant le RND avec 15, le Front El Moustakbal avec une douzaine et le MSP avec 6.
Derrière ces chiffres se pose toutefois une question plus délicate : celle des profils qui seront appelés à occuper ces postes. Ainsi les présidents des groupes parlementaires se retrouvent face à un exercice d’arbitrage délicat. Le choix ne devrait donc pas répondre à de simples considérations de représentation politique. La maîtrise des dossiers, l’expérience, les compétences linguistiques, la capacité à intervenir dans des enceintes internationales et la connaissance des enjeux bilatéraux constituent autant de critères déterminants. Cette question n’est pas nouvelle. Les désignations opérées au cours des précédentes législatures avaient parfois suscité des critiques quant au profil de certains représentants, jugés insuffisamment préparés aux responsabilités qui leur étaient confiées.
Pour les groupes parlementaires, le défi consiste ainsi à trouver un équilibre entre le poids politique de chaque formation et la nécessité de désigner des députés capables d’assurer une représentation crédible de l’Algérie et de son Parlement à l’étranger.
Notons que cette nouvelle étape permettra surtout de mesurer la capacité des groupes parlementaires à dépasser la seule logique de partage des quotas pour privilégier des profils à même de donner davantage de poids et de visibilité à la diplomatie parlementaire algérienne.
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