L’Iran protègera «la carte d’Ormuz quel qu’en soit le prix»

Le chef de l’armée iranienne Amir Hatami promet de protéger le détroit d’Ormuz «quel qu’en soit le prix» et offre 30.000 dollars pour la capture ou la neutralisation de tout soldat américain.
En riposte au classement des Gardiens de la révolution comme organisation terroriste, Téhéran désigne l’armée américaine comme «entité terroriste» pendant que sa police démantèle un réseau Starlink transmettant des données militaires classifiées à l’étranger.
L’Iran accuse le Qatar de détenir trois pilotes abattus lors d’un raid contre une base américaine, mais Doha dément, affirmant avoir invité des enquêteurs iraniens en avril sans obtenir de réponse.
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Le Quotidien d'Oran
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Toujours rien de nouveau sur les discussions indirectes entre l’Iran et les Etats-Unis, alors que le chef de l’armée iranienne affirme qu’elle protègera «la carte d’Ormuz quel qu’en soit le prix» et annonce une «récompense de 30.000 dollars pour la capture ou la mise hors combat d’un soldat américain».
Le chef de l’armée iranienne a également désigné l’armée américaine comme «entité terroriste», en riposte à la désignation du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) d’»organisation terroriste» par les Etats-Unis.
Les tentatives étrangères de déstabilisation de l’Iran se poursuivent. La police iranienne a annoncé le démantèlement, à l’intérieur du pays, d’un réseau dont la mission est l’exploitation du système satellitaire Starlink pour «transférer des données sensibles».
L’Iran accuse le Qatar de détenir trois pilotes iraniens et le corps d’un quatrième, suite à une opération iranienne menée contre une base américaine. Doha dément catégoriquement.
«Nous protégerons la carte d’Ormuz de toutes nos forces»
Le commandant en chef de l’armée, Amir Hatami, a déclaré hier : «Nous protégerons la carte du détroit d’Ormuz de toutes nos forces, quel qu’en soit le prix», a rapporté Al Jazeera citant la Télévision iranienne. «Nous étions conscients de l’avantage du détroit d’Ormuz, mais sans cette guerre, la carte de (ce détroit) n’aurait pas été activée», a déclaré Hatami, ajoutant que cette importante voie de navigation «ne reviendra pas à la situation d’avant».
Dans une autre déclaration, rapportée par l’agence Fars, le chef de l’armée a déclaré dimanche, lors de la Journée des journalistes, que «la nation iranienne versera 30.000 dollars pour la capture ou la mise hors de combat de chaque soldat américain». Le général de division Amir Hatami a déclaré que «si des soldats iraniens parviennent à capturer ou à mettre hors de combat un soldat américain, ils recevront une récompense de 30.000 dollars de la part du peuple iranien».
En outre, en représailles de la désignation du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) comme une «organisation terroriste» par les Etats-Unis, l’Iran a, à son tour, désigné l’armée américaine comme une «entité terroriste», rapporte également l’agence d’information Fars.
Un réseau Starlink de transfert de données classifiées démantelé
Après les révélations, samedi, du ministère iranien du Renseignement sur l’arrestation de deux diplomates français alors qu’ils participaient à une réunion secrète qui avait pour projet de mener une «opération de déstabilisation», c’est au tour de la police de faire la lumière sur le démantèlement d’un réseau de transfert de données sensibles via le système Internet satellitaire «Starlink».
L’information, rapportée hier par l’agence Fars, fait état de l’identification et de l’arrestation d’un réseau iranien «agissant dans le cyberespace» pour «transférer des données iraniennes classifiées» vers l’étranger.
Au départ de l’enquête, «la police a arrêté un individu pour avoir transmis la localisation de zones sensibles en Iran», ainsi que l’interpellation de «deux infiltrés opérant sous couverture de journalistes dans l’ouest et le nord de Téhéran». Sous couverture journalistique, les deux individus «collectaient et transmettaient des informations classifiées relatives aux centres militaires et de renseignement vitaux et sensibles du pays à des réseaux hostiles», ajoute Fars.
Rappelons que dans son édition du 12 février 2026, soit trois semaines avant le début de l’agression américano-israélienne, le Wall Street Journal (WSJ) avait révélé que «les États-Unis ont introduit clandestinement des milliers de terminaux Starlink en Iran» pour soutenir les dissidents. Le journal avait fait état de l’introduction d’environ 6 000 kits internet par satellite Starlink en Iran.
L’Iran appelle le Qatar à autoriser une mission d’enquête sur le sort des pilotes disparus
Un haut gradé de l’armée iranienne a exhorté Doha à autoriser une mission d’enquête à se rendre au Qatar afin d’enquêter sur le sort des trois pilotes iraniens dont les avions ont été abattus alors qu’ils retournaient d’une opération militaire contre une base américaine, a rapporté hier l’agence Fars.
«Le gouvernement qatari devrait autoriser et faciliter l’entrée d’une mission d’enquête de l’armée de l’air iranienne au lieu de nier la détention des pilotes iraniens», a déclaré dimanche le général de brigade Seyed Mohammad Bagherzadeh, commandant du Comité de recherche des disparus au combat de l’état-major des forces armées iraniennes. Selon la même source, «l’équipe d’experts de l’armée de l’air iranienne (IRIAF) attend depuis des mois l’autorisation d’entrer au Qatar pour mener l’enquête».
Téhéran a annoncé que le Qatar avait «capturé vivants trois pilotes iraniens (qui) s’étaient éjectés après que leurs avions militaires ont été touchés par les défenses aériennes ennemies sur le chemin du retour». Un quatrième pilote a péri dans l’opération.
Téhéran a demandé au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) d’assurer le suivi du sort des pilotes iraniens.
«Démenti catégorique» de Doha
Sur cette même affaire, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majid Al-Ansari, a formellement démenti, samedi lors d’un point de presse à Doha, «les allégations concernant la détention de pilotes iraniens», selon les propos rapportés par Al Jazeera.
«L’État du Qatar a contacté les autorités iraniennes afin de coordonner le rapatriement de la dépouille de l’un des pilotes retrouvés. Nous confirmons avoir pris contact avec les pilotes concernés après leur violation de notre espace aérien en mars dernier», a ajouté Al-Ansari.
Selon lui, une «invitation a été adressée en avril dernier» à l’Iran afin qu’il dépêche une équipe d’enquêteurs pour «examiner les détails des opérations de recherche et de sauvetage». «Les autorités iraniennes n’ont pas encore répondu», a-t-il ajouté.