Economie mondiale : la menace persiste
La Chine a évité un choc pétrolier mondial en puisant dans ses réserves stratégiques et en réduisant drastiquement ses importations lors d'une guerre hypothétique américano-iranienne bloquant le détroit d'Ormuz en 2026.
Premier importateur mondial avec 11 à 12 millions de barils quotidiens venus de Russie, d'Arabie saoudite et d'Irak, la Chine a ainsi amorti la perturbation de l'offre et stabilisé les cours.
Mais l'épuisement de ses réserves la forcera à réimporter massivement, faisant flamber les prix, à moins d'un accord de paix sérieux entre Washington et Téhéran.
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Le Quotidien d'Oran
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La Chine a-t-elle sauvé le marché pétrolier mondial d’un choc sans précédent dans l’histoire ? On avait cru que le choc pétrolier était inévitable après le lancement de la guerre américano-israélienne contre l’Iran, le 28 février 2026, marquée par des bombardements massifs sur Téhéran, un blocus naval américain, des frappes contre des infrastructures stratégiques et nucléaires, ainsi que des ripostes balistiques iraniennes ciblant Israël et les bases américaines dans le Golfe, ainsi qu’un blocus du détroit d’Ormuz, par où transite environ 20 % de l’approvisionnement en énergie de la planète, ce qui en fait le point de passage maritime le plus important et le plus sensible pour le commerce des hydrocarbures. Mais la situation a été relativement maîtrisée. Malgré une hausse des prix du baril, le niveau d’inquiétude n’a pas totalement ébranlé le marché mondial, comme on pouvait s’y attendre avec des données qui nourrissent ces inquiétudes. Après les débuts de la guerre, divers scénarios ont été avancés pour expliquer la stabilité relative du marché des hydrocarbures, dont la disponibilité du pétrole qui n’a pas trop souffert d’une perturbation des approvisionnements.
La raison, on l’a découverte récemment : c’est la Chine qui a pu garder son équilibre au marché pétrolier mondial. Des données statistiques vérifiées confirment que la Chine a réduit drastiquement ses importations de brut et a puisé dans ses immenses réserves stratégiques lors des tensions au Moyen-Orient, amortissant un choc énergétique majeur, et évitant une flambée historique des cours du pétrole. Aussi, dans la foulée, elle a réduit de moitié ses exportations. Ainsi, même si les dispositions en question servent en premier l’économie chinoise, certains ne manquent pas de remercier la Chine d’avoir stabilisé l’économie mondiale. Avec des achats qui tournent autour de 11, 12 millions de barils par jour pour alimenter son économie, qui proviennent principalement de pays comme la Russie, l’Arabie saoudite et l’Irak, la Chine est le premier importateur de pétrole brut, et de ce fait, elle ne peut pas ne pas prévoir une crise sur ce plan due aux tensions géopolitiques. La Chine était préparée pour sauver son économie, grâce à ses immenses réserves, et elle a, dans le prolongement de sa politique, sauvé l’économie mondiale d’un véritable désastre. Mais quelles sont les limites de cette politique quand on constate que la fermeture du détroit d’Ormuz semble se prolonger indéfiniment avec d’un côté, les États-Unis et, de l’autre, l’Iran, qui en sont arrivés ces derniers jours à revendiquer, chacun de son côté, le contrôle total et exclusif, les États-Unis soutenant que le détroit d’Ormuz est sous leur contrôle et l’Iran affirmant le contraire ? Les limites se situeraient dans l’épuisement des réserves chinoises, qui serait dans l’obligation de revenir aux importations pour faire tourner son économie, et exercer une pression sur la demande mondiale qui ferait monter en flèche les prix du baril. À moins d’un accord de paix sérieux entre les États-Unis et l’Iran, l’économie mondiale court toujours vers le désastre.