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Affaire des six membres du MAK arrêtés à Tizi Ouzou : «Nous avons reçu des ordres de Ferhat Mehenni»

Par M. F. Gaïdi5 min de lecture
Affaire des six membres du MAK arrêtés à Tizi Ouzou : «Nous avons reçu des ordres de Ferhat Mehenni»
Résumé IA

L'EPTV a diffusé un documentaire révélant les aveux de six hommes arrêtés à Tizi Ouzou en juillet 2026, liés au MAK, pour avoir tenté de perturber les élections législatives du 2 juillet en Kabylie.

Le réseau, piloté depuis l'étranger par Ferhat Mehenni et d'autres cadres du MAK au Canada et en France, avait pour mission de boycotter le scrutin et de propager un discours séparatiste via les réseaux sociaux.

Quatre ressortissants marocains figurent parmi les prévenus, accusés d'avoir acheminé des fonds depuis le Maroc, et les six seront déférés devant le pôle judiciaire spécialisé.

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Un mois après les élections législatives du 2 juillet, le MDN lève le voile sur «une tentative organisée de perturbation du processus électoral en Kabylie». Dans un programme spécial diffusé samedi soir en prime time, l’Etablissement public de télévision (EPTV) a dévoilé des séquences vidéo montrant les confessions de six hommes arrêtés à la mi-juillet 2026 dans la wilaya de Tizi Ouzou, liés au MAK, classé mouvement terroriste depuis 2021.

Le documentaire, intitulé «L’organisation terroriste MAK… un nouvel échec de son agenda subversif», revient sur les éléments recueillis par les services de la DCSA et expose, à travers les témoignages des personnes arrêtées, les contours d’un dispositif qui visait à entraver le déroulement des législatives, notamment dans les régions de Kabylie. L’objectif assigné à ce réseau était de « favoriser le boycott du scrutin et d’alimenter un discours hostile aux institutions de l’Etat». Au centre de ces révélations figure Hakim Hamama, originaire de la wilaya de Tizi Ouzou. Il affirme avoir entretenu, via différentes applications de réseaux sociaux, des contacts avec plusieurs membres du MAK établis notamment au Canada et en France. Il cite Boualem Afer, Zouhir Abdelli, dit Las At Moussa, et Hassane At Omar Ouali. Hamama reconnaît aussi avoir été actif dans des groupes privés sur WhatsApp, en utilisant un numéro étranger, et avoir participé à des réunions virtuelles avec Aksel Bellabbaci, Djamel Gouiri et Azouaou At Kaci, tous présentés comme établis à l’étranger. Le but, selon son témoignage, était de relayer un discours hostile à l’Etat et de promouvoir la ligne séparatiste du mouvement.

Des consignes pour empêcher le scrutin

Le témoignage de Hakim Hamama apporte surtout un éclairage sur les instructions qu’il affirme avoir reçues dans le cadre de cette opération. Il dit avoir été chargé, avec d’autres membres du réseau, de «boycotter et d’empêcher le déroulement de cette échéance nationale en Kabylie», des directives qu’il attribue à des responsables du MAK, citant notamment Ferhat Mehenni. La mécanique décrite ne se serait toutefois pas limitée à la propagande numérique.
Un autre mis en cause, Fatah Karim, qui affirme avoir séjourné au Maroc, évoque l’existence d’une cellule regroupant notamment Djamel Azaim, Zergag El Hadi et Aksel Bellabbaci. Selon ses aveux, ses membres auraient participé à la diffusion de publications qualifiées de subversives et séparatistes. Fatah Karim évoque également un volet financier. Il affirme que «des migrants marocains résidant illégalement en Algérie auraient été utilisés pour faciliter l’acheminement de fonds depuis le Maroc au profit d’éléments liés au mouvement».
Ces déclarations sont présentées dans le documentaire comme un élément du dispositif de soutien aux activités du réseau. Le dossier prend une dimension transfrontalière avec la présence de 4 ressortissants marocains parmi les 6 personnes arrêtées. Le documentaire revient notamment sur le cas de Mohamed El Hour, originaire de la région de Kalaat Sraghna, près de Marrakech. Migrant clandestin, il affirme avoir rejoint les activités du MAK et avoir apporté son soutien à certains de ses membres actifs en Algérie et au Maroc. Les autres ressortissants marocains cités sont Hamid Katoua, Mohamed Messaad et Khaled El Zahiri. Dans leurs témoignages, ils expliquent que leur arrivée en Algérie était motivée, selon leurs déclarations, par «la recherche de meilleures conditions de vie et la volonté de fuir une situation économique et sociale qu’ils décrivent comme difficile au Maroc».
L’affaire, telle qu’exposée par l’EPTV, met ainsi en évidence plusieurs niveaux de fonctionnement, dont des relais implantés en Algérie, des contacts avec des membres établis à l’étranger, l’utilisation intensive des réseaux sociaux et un volet financier faisant intervenir des ressortissants marocains. Les six prévenus doivent être déférés devant le pôle judiciaire spécialisé, où les séquences diffusées et les PV d’audition constitueront la base des poursuites judiciaires.

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