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Le Pacifique change déjà : Comment El Niño perturbe la base de toute la vie marine

Par R. Envr5 min de lecture
Le Pacifique change déjà : Comment El Niño perturbe la base de toute la vie marine
Résumé IA

Les prévisions annoncent un El Niño 2026 historique avec une anomalie de +3,5 à +5 °C dans le Pacifique équatorial, qui devrait persister jusqu'au printemps 2027.

Les satellites de la NASA détectent déjà une baisse de chlorophylle et de phytoplancton due à l'affaiblissement des alizés, perturbant toute la chaîne alimentaire marine et la pêche péruvienne.

La NASA précise que ces effets resteront temporaires sur 8 à 10 mois, avec un rebond du phytoplancton attendu dès l'été 2027, contrairement aux impacts durables du réchauffement climatique.

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Alors que les prévisions envisagent une anomalie de température exceptionnelle dans le Pacifique équatorial, les premiers effets du phénomène El Niño sont déjà visibles depuis l’espace. Les satellites ont repéré un bouleversement écologique marin qui donne un premier aperçu des conséquences que pourrait avoir cet El Niño hors norme sur la biodiversité et les activités humaines.

De l’avis de tous les experts météo qui suivent l’évolution du phénomène, El Niño 2026 est un véritable monstre en devenir. Pour parler d’un phénomène El Niño, il faut que la température de l’eau de l’océan Pacifique équatorial dépasse d’au moins 0,5 °C la normale. Il s’agit alors d’un El Niño faible. A partir de + 0,8 °C, il s’agit d’un El Niño modéré, et lorsque cette anomalie de chaleur dans l’eau atteint ou dépasse +2 °C, il s’agit alors d’un super El Niño.
Mais ce qu’envisagent actuellement les prévisions météo dépassent l’entendement : +3,5 à +5 °C d’anomalie cet hiver, du jamais-vu ! Un tel écart à la moyenne aura nécessairement des conséquences très importantes sur la météo de nombreuses régions du monde, mais aussi sur la nature.

El Niño bouleverse le cycle de la vie marine

El Niño est en place depuis juin dernier et devrait durer jusqu’au printemps 2027. Il débute à peine, mais commence déjà à avoir des conséquences, et celles-ci sont visibles depuis l’espace.Les satellites de la Nasa ont capturé en image les premiers effets écologiques de cette phase climatique : la concentration de chlorophylle présente dans l’eau a déjà changé. «Dans le Pacifique central, autour de l’équateur, juste au nord de la Nouvelle-Zélande : les concentrations de chlorophylle, indicateur de l’abondance du phytoplancton, sont nettement plus faibles en 2026.» •Pour se développer, le phytoplancton a besoin d’une remontée des eaux des profondeurs. «Lors d’un épisode El Niño, les alizés équatoriaux d’est s’affaiblissent, la couche superficielle chaude de l’océan s’étend plus profondément et la remontée d’eau froide et riche en nutriments qui alimente généralement la croissance du phytoplancton est freinée», précise la Nasa.
Or, le phytoplancton est à la base de la vie : une diminution du phytoplancton entraîne une diminution du zooplancton qui s’en nourrit, et ce dernier est essentiel dans l’alimentation des poissons qui, eux-mêmes, sont une source de nourriture pour les grands mammifères et les oiseaux.
Plus ce El Niño sera puissant et plus l’impact sur le phytoplancton sera important, et cela ne concerne pas uniquement la biodiversité. Les espèces animales qui sont impactées par la diminution du phytoplancton sont aussi celles qui sont pêchées par l’Homme, comme les anchois et les sardines. Cela est particulièrement marqué au Pérou, dont la pêche s’effondre toujours, plus ou moins fortement, pendant les phases El Niño. À l’inverse, une phase La Niña (avec une anomalie froide de l’eau) a pour effet de booster
la croissance du phytoplancton, et cela a donc un effet positif sur les populations de poissons, et donc sur la pêche.
Le réchauffement des eaux associé à El Niño provoque aussi un stress thermique important sur les récifs coralliens, déjà soumis à un épisode mondial de blanchissement massif. Il sera intéressant de constater l’évolution des grands récifs du Pacifique au cours des prochains mois.

Les effets d’El Niño, aussi forts soient-ils, sont temporaires

Malgré cet épisode El Niño probablement historique au cours des prochains mois, la Nasa se veut rassurante : les effets d’El Niño seront limités à une année (contrairement aux effets plus durables du réchauffement climatique lié à nos émissions de gaz à effet de serre) et à la fin de cette phase un « rebond » de production de phytoplancton est généralement observé.
Les pêcheurs de la région équatoriale du Pacifique doivent donc s’attendre à 8 à 10 mois plus difficiles, mais cela ne durera pas. Un rebond devrait donc être observé d’ici l’été 2027. Les images de la Nasa et l’exemple du phytoplancton montrent parfaitement comment un événement climatique peut influencer la nature et, par conséquent, les activités humaines ainsi que l’économie. La diminution du phytoplancton est le premier exemple d’une longue série de bouleversements à venir occasionnés par El Niño, d’autant plus si celui-ci s’annonce aussi extrême que ce que les météorologues prévoient.

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